Les Meilleurs Ennemis T2 – Par David B. & J.P. Filiu – Futuropolis

23 avril 2014 4
  • Sous-titré "Histoire des relations entre les États-Unis et le Moyen-Orient", le deuxième album de cette bande dessinée documentaire propose une éclairante synthèse du vingtième siècle.

Chantier colossal que de résumer en quelques centaines de pages dessinées, la relation la plus complexe de l’ère contemporaine... Aimés ou détestés, les États-Unis ont toujours eu un lien spécial avec le Moyen-Orient, lieu stratégique des ressources énergétiques. Les mailles de ce lien sont ce que s’attache à expliquer le politologue et historien Jean-Pierre Filiu (également auteur avec Cyrille Pomès du documentaire « Le Printemps des Arabes »), en collaboration avec David B.

Ce deuxième album couvre la période 1953 / 1984, époque charnière qui fait basculer aux yeux des peuples arabes les USA au rang d’ennemis farouches. Guerre des six jours, embargo pétrolier, révolution iranienne,... Tous les grands jalons de l’histoire récente du Moyen-Orient sont passés en revue, et dégagent une vision claire et synthétique de la relation tumultueuse entre les « Meilleurs Ennemis »...

Les Meilleurs Ennemis T2 – Par David B. & J.P. Filiu – Futuropolis
Un extrait des "Meilleurs ennemis" T2
© David B. - Filiu - Futuropolis

Précis et didactique, le commentaire de Filiu permet au lecteur de ne pas perdre pied dans le dédale des prises de position politiques de uns et des autres. Symbolique et parfois même allégorique, le dessin de David B. sied parfaitement à l’exercice compliqué d’une bande dessinée racontant une histoire diplomatique en privilégiant la voix off plutôt que les dialogues. Lorsqu’il dessine les épisodes de la révolution iranienne, on se souvient à quel point David B. a influencé les premiers chapitres de « Persépolis » de Marjane Satrapi, dont il signa la préface du volume inaugural.

Un troisième album est annoncé. Il bouclera ce documentaire passionnant.

(par Morgan Di Salvia)

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4 Messages :
  • Il y a sans doute un article de fond à écrire sur cette véritable vague de bandes dessinées "didactiques", informatives ou de reportage. Cette fois c’est sûr , la bande dessinée a pris sa revanche sur l’éducation nationale.

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    • Répondu le 23 avril 2014 à  12:51 :

      ou alors on peut, comme R.C. Harvey, avoir un argumentaire un peu plus poussé

      http://www.tcj.com/the-perversion-of-the-graphic-novel-and-its-refinement/

      et penser le contraire.
      à savoir que la plupart de ces choses didactiques se font au détriment du médium.

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      • Répondu par AntoineL le 27 avril 2014 à  10:33 :

        Moui,
        j’ai seulement lu la première partie de ce long article et je ne suis pas certain de tout comprendre (la langue...) mais je ne crois pas que la répétition dont il parle entre le dessin et le texte (qui est l’argument de cette première partie) soit d’une part l’apanage de la bande dessinée "didactique" (lui parle d’albums historiques et biographiques) ni, d’autre part, que la plupart de ces albums recoure à ce modèle de mise en récit.

        Je pense en particulier au travail de David B ou à celui d’Emmanuel Guibert. Les deux auteurs utilisent des images symboliques, des synthèses, qui préviennent la répétition ou la mettent à distance. Et même à certains albums de Tardi qui ont une vocation pédagogique sans être illustratifs.

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  • Attention aux erreurs impardonnables et évidences contestables présentes dans cette courte chronique. Pas certain que la relation entre les États-Unis et le Moyen-Orient soit la "plus complexe de l’ère contemporaine". Cette affirmation ne veut rien dire, elle est balancée comme une vérité absolue connue de tous. Par ailleurs, le lien entre les États-Unis et le Moyen-Orient n’a pas forcément toujours été "spécial", c’est d’ailleurs ce que montre le premier tome. Que veut dire "spécial" d’ailleurs ? Et n’oublions pas que le Moyen-Orient n’est convoité pour ses ressources énergétiques (pétrole puis gaz) que depuis le début du 20e siècle. Auparavant, les raisons sont plutôt d’ordre géopolitique, géostratégique et militaire. Plus loin, on nous parle des "peuples arabes" comme d’une entité unie contre les EU alors même que ce n’est pas le cas (certains pays arabes étant officiellement alliés des EU comme certains pays du Golfe). Surtout, on nous parle de pays arabes et on cite la révolution iranienne. Aïe aïe...

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