Les "Omnibus" de fin d’année

25 décembre 2003 0 commentaire
  • Les collections "Omnibus" sont un moyen aisé de se constituer une collection complète d'une série que l'on apprécie. Le plus souvent, elles sont accompagnées d'un complément historique ou iconographique. Le plus souvent aussi, ce matériel mériterait d'être plus travaillé. Mais il y a des exceptions.

Et l’exception de cette fin d’année est l’audacieuse édition "intégrale" d’Isaac le Pirate, magistral feuilleton signé Blain et qui constitue l’une des meilleures séries de l’incontournable collection "Poisson Pilote". Une histoire de pirates et d’amour dense, cruelle et humaine à la fois, qui met en scène des personnalités fortes dans des situations extrêmes et des choix cornéliens. Avec "Isaac le Pirate", Blain a dépoussiéré le genre du roman de piraterie en le revisitant avec finesse et émotion.

Si, pour des raisons commerciales, un livre se vend mieux en couleurs, on regrette parfois de ne pas pouvoir accéder au travail originale de l’auteur, en noir et blanc. C’est cette lacune que comblent les Editions Dargaud avec une édition "intégrale" d’Isaac le Pirate en grand format et en noir et blanc. Vendue 39 euros, cette édition luxueuse, au dos toilé et à la superbe couverture inédite, laisse le lecteur sur sa faim. D’abord, parce qu’il ne s’agit pas d’une intégrale mais des trois premiers volumes, qui se concluent par un "à suivre" terriblement frustrant. Ensuite, parce que le grand format ne laisse la place qu’à... du vide : les planches noir et blanc sont publiées au même format que l’édition couleurs et la surface complémentaire n’apporte rien qu’un peu de papier en plus.

Les fans de cet incontournable de la collection "Poisson Pilote" apprécieront néanmoins cette très belle édition malgré son prix élevé, d’autant plus qu’elle est complétée des crayonnés des premières planches et de quelques dessins inédits (sans aucun complément éditorial, malheureusement). Mais on espère pour eux qu’il y aura un volume deux, que ce beau livre ne restera pas isolé dans leur bibliothèque... et que l’éditeur trouvera un spécialiste pour compléter le prochain volume d’études mettant en valeur le travail de Christophe Blain. Il le mérite.

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Les "Omnibus" de fin d'annéeA l’opposé du précédent, l’intégrale de Germain et Nous paraît en couleurs, multiplie les compléments anecdotiques et les témoignages, dont certains de références telles qu’Yvan Delporte ou Marcel Gotlib, et nous offre moults bonus. Arrêtée au début des années 90 en période créative moins faste qu’à ses débuts (et sans doute par le décalage entre son auteur et la génération qu’il dépeignait depuis une quinzaine d’années), cette série est restée culte pour tous ceux qui l’avaient vu naître dans les pages du "Trombone illustré".

Supervisée par Alain De Kuyssche, qui fut l’un des rédacteurs en chef de Spirou à avoir le plaisir de publier les tranches de vie de Jannin, cettte réédition intégrale à prix démocratique (15 euros) se conclut par les ultimes planches auxquelles ont été ajoutés divers bonus sous la forme de dessins et planches inédits. La boucle commencée en 1977 est bouclée, mais Jannin, devenu quadragénaire avancé, s’est lancé dans une nouvelle chronique de son époque qui relance un nouveau cycle. Le premier tome est attendu pour l’été 2004.

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Autre intégrale impressionnante, celle de "Woogee", le thriller de Benn se déroulant dans les milieux de strass, de pacotille, de faux décors et de vraies galères du Hollywood des années 40. Un milieu glauque, pourri jusqu’à la moëlle, multipliant les misères humaines et les désillusions et dont Benn fit le décor de quatre albums palpitants. Ces quatre livres sont désormais disponibles en un recueil (36.5 Euros), complétés d’un carnet de photos des divers protagonistes de cette terrible saga.

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Enfin, citons encore trois volumes qui figurent dans des intégrales commencées depuis déjà un certain temps et que les amateurs qui ont entamé la collection attendent donc avec impatience :

- Lucky Luke, n°14, reprenant "Le cavalier blanc", "l’héritage de Ran Tan Plan" et "La guérison des Dalton" et qui s’approche donc des ultimes albums scénarisés par Goscinny, profitez-en ! En complément, un court article sur les caricatures de Morris dans ses BD... et quelques caricatures de Morris par ses confrères.

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- Le Vagabond des Limbes, N°4, qui, sous le titre générique "Comme une lueur égarée", reprend "Le dernier prédateur", "Le masque de Kohm" et "Les loups de Kohm", trois titres datant du milieu des années 80. Quatre pages supplémentaires signées Christian Godard, le scénariste, racontent le monde de la Guilde qui sous-tend tout l’univers d’Axle Munshine.

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- Achille Talon "Mon oeuvre à moi", n°13, qui regroupe "L’archipel de Sanzunron", "Docteur Chacal et Mister Bide" et "Achille Talon et le monstre de l’Etang Tacule", trois récits de 44 planches dûs à un Greg nettement plus à l’aise, dans ce cas, dans les gags en une ou deux pages que dans les histoires de longue haleine, format où Achille Talon s’essoufflait vite. Comme depuis le début dans cette réédition, le complément est rachitique : quatre pages de présentation de véhicules "incroyables mais vrais" tirés du magazine "Achille Talon. Lorsqu’on voit le monument que fut Greg, on reste ébahis qu’il n’y ait pas plus de trésors à exhumer.

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(par Patrick Albray)

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