Les Petits Ruisseaux - Par Pascal Rabaté - Futuropolis

14 juillet 2006 0 commentaire
  • Le dernier album de l'auteur d' {Ibicus} renoue avec la douceur des paysages de la Loire et les personnages pittoresques qu'il affectionne.

Pascal Rabaté fait partie de cette nouvelle génération d’auteurs inclassables qui, au fil de leur production, nous fixent des rendez-vous différents et insolites. Et de préférence, là où on ne les attend pas forcément.

Fort du succès public et critique d’une série comme Ibicus, certains n’auraient pas hésité à poursuivre dans la même veine, histoire d’engranger un peu plus les bénéfices d’un prix du meilleur album à Angoulême [1]. Rabaté n’est pas de ceux là et c’est avec malice et gourmandise que l’auteur du Ver dans le fruit prend plaisir à surprendre ses lecteurs.

C’est encore le cas cette fois ci avec son dernier opus paru aux éditions Futuropolis : Les petits ruisseaux. Avec humour et tendresse, le dessinateur angevin nous dépeint un univers qu’il connaît bien, celui des bords de la Loire pour la douceur de leurs couleurs et leurs lumières, celui des "petites gens" pour leur truculence et leur humanité, celui aussi d’histoires insolites et improbables. Pour faire bonne mesure, loin des super-héros en collants fluos et des héroïnes siliconées, Rabaté nous emmène dans le monde merveilleux du...troisième âge !

L’auteur entreprend d’aborder (et de montrer !) un sujet encore tabou : la sexualité des vieux ! Usant d’un dessin loin des lavis sombres et désespérés d’Ibicus, c’est à une certaine forme de joie de vivre, une truculence du langage et des échanges qu’il nous invite. La singularité et la gentille provocation de notre homme n’étonnera guère de la part d’un incroyable touche à tout qui n’hésite à approcher d’autres modes d’expression. Rabaté produit parallèlement à ses nombreux voyages des courts métrages, des couvertures et beaucoup d’illustrations avec un égal bonheur.

Cet album doux, simple et aussi sensible dans le trait que dans le propos, contribue à changer de regard sur les "vieux", les "retraités", les personnes "z’âgées". Ce n’est pas là le moindre mérite d’un album à la fois original dans son sujet et conforme à une certaine vue du monde de la part de son auteur. C’est aussi l’occasion pour lui de renouer avec sa première maison d’édition puisque ses premiers albums y furent publiés en 1989. ( Exode, les Amants de Lucie, et Vacances). L’aventure ne s’arrête d’ailleurs pas là, puisque deux autres albums sont annoncés pour la rentrée sous le même label !

Si Pascal Rabaté s’intéresse aux retraités, il n’en adopte pas pour autant le rythme de travail !

(par Patrice Gentilhomme)

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[1Ibicus, publié chez Vent d’Ouest reçut ce prix en 2000

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