Les Rochester – T5 : Jeunes gens en colère - Par J. Dufaux & P. Wurm – Dupuis

6 juillet 2007 0 commentaire
  • Après nous avoir parlé de revenants écossais dans {Fantômes et Marmelade}, {{Jean Dufaux}} et {{Philippe Wurm}} reviennent sur les conséquences des attentats islamistes de Londres en juillet 2005. Un sujet qui est encore au cœur de l’actualité. A travers leur intrigue, ils nous rappellent qu’il ne faisait pas bon être musulman à cette époque-là. {Jeunes Gens en colère} surprend par une intelligente histoire calquée sur l’actualité, où Jack Lord et Elza ne sont que des témoins.

Aziz a peur. C’est un prêcheur connu tant par les autorités britanniques que par la communauté musulmane anglaise pour avoir un discours relativement extrémiste. Depuis les attentats, un groupe de jeunes anglais a décidé de séparer le bon grain de l’ivraie parmi les musulmans, en employant des solutions aussi radicales qu’illégales. Ce qui augmente les tensions entre les communautés.
Il ne fait décidément pas bon être musulman à cette époque-là. En plus de la suspicion des britanniques à leur égard, la communauté musulmane est confrontée à des tensions et à des craintes suite à ces crimes qui visent les leurs. Les autorités ont décidé d’envoyer une espionne pour infiltrer un réseau islamiste qui serait dirigé par Aziz. Le frère de l’espionne, qui n’est pas au courant des activités de sa sœur, est inquiet de la voir ainsi être embrigadée par les extrémistes. Jack Lord est chargé de le raisonner.

Anciennement mari et femme et à nouveau amants, Jack Lord et Elza n’arrivent pas à se défaire l’un de l’autre, à se quitter. Leur situation amoureuse est en filigrane de chacun des albums, et fait le charme de cette série. Jean Dufaux s’amuse à poser ses deux personnages dans des situations cocasses, que ce soit le monde aristocrate où évolue Elza, ou le Londres des bas-fonds, cher à Jack.

Philippe Wurm utilise un trait semi réaliste élégant, proche de la ligne claire. En novembre 2006, le dessinateur nous parlait de son graphisme pour Les Rochester : « Un trait plus épais et affirmé ne manque pas élégance, et peut même augmenter la lisibilité. Il permet de mélanger plus facilement les genres, de passer du réalisme à la comédie de manière plus fluide. On peut difficilement introduire de l’humour avec un trait fin qui tire vers le réalisme. Et puis, je voulais me faire plaisir. J’ai toujours été passionné par le travail d’Edgar P. Jacobs (Blake & Mortimer) et par la ligne claire. Je n’osais pas totalement assumer cette influence. Jean m’a aidé à le faire. ».
Grace à Jean Dufaux, le style de Philippe Wurm est aujourd’hui plus assuré, plus lumineux et plaisant.

Cette série prend son rythme croisière et mérite le détour.

(par Nicolas Anspach)

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