Les Schtroumpfs, T. 34 : Les Schtroumpfs et le demi-génie - Par De Coninck, Jost, Diaz & Culliford - Le Lombard

24 avril 2016 0 commentaire
  • Derrière un titre aussi étrange que fantaisiste se cache un album qui débute mollement avant de dévoiler tout son potentiel. Un récit qui ne décevra pas les amateurs des créatures bleues hautes comme trois pommes.

Au fond d’un étang, le schtroumpf costaud et le schtroumpf à lunettes découvrent une vieille amphore bouchée à la cire. En la vidant, ils ne trouvent que quelques cailloux gris. Mais elle contient aussi une petite perle d’où surgit un génie !

Hélas, ce génie qui doit maintenant exaucer leurs voeux a perdu la mémoire. Et, surtout, il fait tout à moitié ! Les Schtroumpfs vont bientôt comprendre que ce génie a été chassé de son univers avec son frère, et qu’il ne peut bien réussir les voeux qu’associé à ce dernier. Mais voilà, l’autre jumeau a été découvert par Gargamel, et il n’entend pas le relâcher de sitôt !

Les Schtroumpfs, T. 34 : Les Schtroumpfs et le demi-génie - Par De Coninck, Jost, Diaz & Culliford - Le Lombard

Thierry Culliford, le fils de Peyo, n’est pas un novice. Outre ses autres responsabilités au sein du studio Peyo, il scénarise (ou co-scénarise) tous les albums des Schtroumpfs depuis le tome 16.

« Pour moi, les Schtroumpfs, c’est un petit peuple magique qui nous ressemble étrangement, nous expliquait-il précédemment. Cela m’amuse de prendre un fait de société et de le transposer dans le monde des Schtroumpfs sous la forme d’une caricature. C’est un thème de base sur lequel il faut écrire une aventure, des rebondissements, etc. [...] J’insiste plus que mon père sur le côté caricature du monde dans lequel nous vivons. En tout cas, je ne donne pas de conseil, pas de message, je ne dis pas au lecteur ce qu’il doit faire. Je veux seulement que les enfants posent des questions à leurs parents. »

Malgré cette bonne résolution, soyons francs, avec ce trente-quatrième opus qui n’est pas sans rappeler le personnage de Peyo dans Pierrot et la lampe, Alain Jost & Thierry Culliford sont un peu moins inspirés que dans leurs précédentes histoires. Certes, on se laisse emporter par la douce ironie des vœux et des génies, parabole connue sur les souhaits réalisés qui n’apportent pas toujours le bonheur. Mais le monde des génies est si éloigné de ceux des Schtroumpfs que cette immersion frise le remplissage à certains moments. Ainsi, le récit aurait pu facilement être amputé de huit ou douze pages afin, comme le faisait Peyo, de proposer plusieurs récits ultra-efficaces dans un seul album.

Heureusement, cette baisse de rythme dans la partie centrale du récit ne perdure pas, et la collaboration forcée entre Gargamel, le schtroumpf costaud et le schtroumpf à lunettes comporte quelques savoureux moments. Ainsi qu’une morale bien classique (l’argent ne fait le bonheur) revue et corrigée par l’ennemi juré des Schtroumpfs en personne !

Quant au dessin, comme pour l’album précédent Schtroumpf le héros, il est assuré par le tandem Jeroen De Coninck & Miguel Diaz. Rappelons que De Coninck, qui a officié sur la majorité des derniers albums de la série, a été rejoint par Miguel Diaz, un ancien du studio Peyo qui est revenu au bercail après avoir repris les aventures de Robin Dubois avec Ludo Borecki et bien entendu Bob de Groot. Leur graphisme conjoint est rond et dynamique, de quoi combler la petite baisse du rythme au milieu de l’histoire.

L’ensemble maintient donc un très bon niveau, de quoi enchanter tout de même plus les jeunes lecteurs que les plus grands, la parodie de notre société étant moins prononcée que pour d’autres titres. Les inconditionnels de la série ne manqueront pas de saisir la tendre allusion que Thierry Culliford adresse à feu son papa, lorsqu’il glisse dans la bouche d’Homnibus : « Un artiste visionnaire du nom de Petrus Peyotus [1] a jadis dessiné une carte de tous les endroits magiques de la région. Mais je ne sais pas si on peut s’y fier, il avait beaucoup d’imagination ! »

(par Charles-Louis Detournay)

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[1Rappelons que le vrai nom de Peyo était Pierre Culliford.

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