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Les Sentinelles T.3 - Par X. Dorison & E. Breccia - Delcourt

  • Après les premières semaines de la Guerre de 14 et la bataille de la Marne, les Sentinelles reviennent en 1915, à Ypres, là où les premiers gaz de combat furent expérimentés. Et pour corser l'affaire, ils doivent affronter Übermensch, la réplique de l'Allemagne à l'escouade des super-héros français.

Le principe des Sentinelles est simple. Transposer dans la France de la Première Guerre mondiale le genre des super-héros. Dans les deux premiers albums, nous avions découvert la petite équipe d’hommes modifiés, par la mécanique ou la pharmacologie, qui chacun en valent bien cent normaux.
Le troisième tome réserve une double surprise. D’abord, la découverte d’une nouvelle recrue pour le commando français en la personne d’Hubert Marie de Clermont, aristocrate porté sur les exploits aériens. Sous le pseudonyme de Pégase et grâce à un réacteur à poudre, il va se mesurer aux biplans teutons.
De leur côté, les Allemands n’ont pas chômé depuis l’apparition des Sentinelles. Ils ont mis au point leur Übermensch, un guerrier dopé au Dexynal (une substance qui décuple la force) qui manie un gigantesque marteau. Les Sentinelles ont du souci à se faire.
Ce face à face aura lieu au printemps 1915, alors que l’armée allemande commence à tester une arme très prometteuse en terme de destruction, le gaz. La course poursuite est engagée. Les Français cherchent à détruire dans l’œuf la nouvelle menace et Übermensch traque les Sentinelles pour les éliminer. Qui aura le dessus ?

Les Sentinelles T.3 - Par X. Dorison & E. Breccia - Delcourt

Toujours parfaitement documenté, Xavier Dorison nous plonge une fois de plus dans l’enfer de la guerre, façon comics. Le ton n’est pas plombant et l’objectif est de passer un bon moment de lecture. Toutefois, sous le vernis steampunk d’une aventure dont le réalisme rend les inventions plausibles, se trouve un réel propos sur les atrocités et les paradoxes du conflit mondial.
Servi par des personnages bipolaires et par des lignes de fractures qui ne sont pas là où on les attendraient (le Français Féraud est plus proche de son alter ego allemand que des hommes qu’il commande), se développent en filigrane les "visions du monde" de l’époque, qui donnent toute son épaisseur au récit.
Le dessin de Breccia, un peu raide dans les deux premiers albums, progresse en rondeur et en souplesse. Le résultat est toujours un peu oldschool, mais finalement, il convient à cette reconstitution historique qui évite l’anachronisme dans la psychologie des personnages.

(par Thierry Lemaire)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

 
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