Les Toubibs T8 - Par Bélom, Gégé et Sirvent - Editions Bamboo

12 février 2010 0 commentaire
  • Les éditions Bamboo ont la santé ! Il suffit pour s’en convaincre de jeter un coup d’œil sur les derniers chiffres de vente pour constater qu’une fois de plus, ce sont les séries comiques qui jouent le rôle de locomotives.

Derrière les succès [[selon une enquête effectuée par Delsol fin novembre, Bamboo occuperait plus de 18% des parts de marché dans la BD d’humour, une progression constante depuis cinq ans.] des Profs et autres rugbymen, les Toubibs dont le huitième tome paraît ces jours-ci, ne sont pas en reste !

Cette série écrite par Bélom et Gégé, dessinée par Alain Sirvent continue de surfer avec succès sur une vague associant humour bon enfant et concentré de blagues pour adultes ! Rennais, les deux scénaristes ont débuté par des séries pour le journal de Mickey avec Les Bébés Disney ou Les petits Boulots de Donald avant de rejoindre Bamboo avec Les Ripoupons.

Venant du domaine du livre pour enfants, Sirvent a d’abord été… pâtissier avant de dessiner pour Soleil Kostar le magnifique, sur un scénario de Corteggiani, et de rejoindre l’équipe des Toubibs en 2003, date du premier titre de la série.

On retrouvera dans ce nouvel album notre jeune médecin dans ses tribulations quotidiennes : patients énervés ou inquiets, confrères énervants et situations plus ou moins loufoques… L’essentiel des situations se déroulant dans le cabinet du bon docteur, c’est donc tout un panel de mésaventures médicales et cocasses qui se présentent au lecteur.

Renouant avec un humour traditionnel, de bon goût et tout public (peu ou pas de scène de sexe, la violence y reste caricaturale et aseptisée), ces histoires n’ont rien de provoquant ou choquant. Plutôt bien dessinées, mises en page de manière classique mais efficace, force est de constater qu’elles fonctionnent et pas seulement auprès du jeune public. L’angle « professionnel et corporatiste » retenu pour chacun des albums permet d’accrocher un public qui n’irait peut-être pas spontanément vers la bande dessinée. Humour facile et peu dérangeant, se situant davantage dans l’héritage de l’école de Marcinelle (Spirou) que celle de Reiser ou de Vuillemin, loin s’en faut.

Rompant avec l’image traditionnelle du héros parfois désincarné ou atypique, les auteurs ont su inscrire leurs histoires dans un quotidien suffisamment réaliste et crédible pour permettre au lecteur non initié de s’identifier aux situations décrites et d’y adhérer d’autant plus facilement. S’agit-il là de la raison du succès ? D’autres éditeurs n’ont pas manqué d’emboîter le pas !

Véhicule d’un humour très « politiquement correct », sans véritable audace, ces séries s’inscrivent malgré tout dans une tradition de la BD « gros nez » jalonnée de beaux succès ayant souvent davantage marqué les esprits que certaines expériences intello-graphico-prétentieuses rapidement tombées dans l’oubli. L’essentiel n’est-il pas de rire ?

(par Patrice Gentilhomme)

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