Les Zombies qui ont mangé le monde - T2 : Les Esclaves de l’amour - Par Jerry Frissen et Guy Davis - Les Humanoïdes Associés

27 février 2005 0 commentaire
  • Il y en a partout. Ils envahissent nos villes et nos villages. Ils ne sont pas comme nous. Et puis, il y a l'odeur... oui, décidément, les zombies vont bien dévorer le monde!

A cent lieues du romantisme noir du Fragile de Stefano Raffaele, les zombies de Frissen et Davis reviennent pour un deuxième tome. Si le monde de cette grosse farce malpolie est bien rempli de zombies, ceux-ci n’ont pas non plus grand chose à voir avec ceux de Romero. Ils sont plutôt tranquilles, et leur nombre grossissant sans cesse, commencent à s’organiser, se retrouvent dans des stades. Tout irait bien pour eux... s’il n’y avait pas les vivants qui ont un peu de mal à voir revenir la belle-mère, cette fois-ci pour l’éternité. D’où la nécessité de nettoyeurs de morts-vivants comme Karl et Maggie, bientôt rejoints par Freddy le belge (il n’est pas gros, il est juste enveloppé). Un fameux trio de losers.
Dans ces histoires courtes qui forment une tapisserie en état de décomposition avancée, un gosse de riches se fait greffer des organes de zombies, un péquenaud zombiephobe (fallait l’inventer, celui-là) voit ses convictions vaciller, et Freddy est de plus en plus amoureux de Maggie, la soeur de Karl, qui continue à garder une morte sous son lit, certainement pas en tout bien tout honneur.
Jerry Frissen et Guy Davis (que nous vous avions présenté lors de la sortie récente de son album Le Marquis) ont jeté aux oubliettes le bon goût et la politesse, pour nous offrir un repas où les tripes ne sont pas fraîches, et où les serveurs risquent de bécqueter le client. Mine de rien, la satire de la société matérialiste et de la connerie humaine est assez marquée, ce qui après tout est une grande tradition des histoires de zombies.

Les Zombies qui ont mangé le monde - T2 : Les Esclaves de l'amour - Par Jerry Frissen et Guy Davis - Les Humanoïdes Associés

Que dire du dessin de Davis, si ce n’est qu’il révèle ici une autre facette du talent du dessinateur ? Tirant beaucoup plus sur le côté cartoon que pour Le Marquis, il rend ses zombies presque sympathiques par leur laideur. Pas un seul de ses personnages ne ressemble à un héros hollywoodien, et ça fait du bien.
Les Zombies qui ont mangé le monde est la preuve que sans se prendre au sérieux, avec un humour entre le grotesque et le scato, on peut encore redonner vie aux morts-vivants, qui n’en demandaient peut-être pas tant.

(par François Peneaud)

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