Les belles histoires de Glénat Québec

3 février 2010 0 commentaire
  • La filiale québécoise de l'éditeur grenoblois aime les belles histoires. Après un premier collectif qui puisait dans les contes et légendes du Québec, voici qu'il nous en présente un sur les histoires d'hiver, et en annonce un troisième sur le thème, cette fois-ci, des parties de pêches.
Les belles histoires de Glénat Québec
Simon Banville
© Le BéDénaute

Histoires d’hiver rassemble six histoires de six pages ayant pour thème cette saison à la fois maudite et adulée des Québécois.

Pour Zviane, c’est le début d’une histoire d’amour teintée d’une féerie tout urbaine. Hicham Absa, auteur marocain établi à Montréal, nous raconte à sa façon comment la Russie put tenir à Stalingrad, en 1943. Serge Brouillet, qui a abordé le thème de l’exploitation sexuelle des femmes dans La pieuvre rouge [1] et la mésaventure d’un draveur dans le collectif précédent, Contes et légendes du Québec, y va d’une solution tout humoristique contre l’envahissement des motoneiges. Kan-J et Mickey, quant à eux, offrent une piste d’explication originale sur la durée parfois interminable des hivers. Simon Banville présente un gentil conte sur une petite fille qui s’est fait l’amie du vent.

Hicham Absa
© Le BéDénaute

Enfin, pour Vincent Giard, une promenade dans la ville enneigée et enrobée de ses bruits bien particuliers, est un moment de réflexion sur l’enfance et ses souvenirs, mais aussi sur la fin de la vie. Bref, autant d’interprétations de l’hiver, selon des thèmes et des styles graphiques personnels et variés.

Ce recueil est l’aboutissement d’un concours qui a vu un jury sélectionner ces œuvres parmi un ensemble de soumissions. Le but manifeste de Glénat lorsqu’il est venu s’installer au Québec était de trouver des auteurs locaux de talents afin de les diffuser. En trois ans, il a maintenant une douzaine d’albums au catalogue. Mais pourquoi proposer de tels concours ?

Christian Chevrier, directeur général de Hachette Canada et de Glénat Québec, répond : « C’est un moyen de prendre contact avec des artisans de la BD, dessinateurs et scénaristes, qui peut-être n’avaient pas accès à des maisons d’édition, et qui craignaient d’aller présenter leur projet par timidité. L’anonymat du concours peut donc les aider, et dans certains cas, cela nous a permis de dénicher des talents jusque-là inconnus.

Christian Chevrier
© Le BéDénaute

On retrouve dans ces deux recueils des dessinateurs et des scénaristes qui font déjà de la BD, mais aussi des auteurs pour qui ce n’étaient qu’un hobby, ou qui n’avaient pas eu l’impulsion nécessaire pour terminer un projet en cours et l’amener à terme. »

Un troisième concours est d’ores et déjà annoncé, et aura pour thème la « partie de pêche » [2] : avec cent mille lacs d’eau douce sur le territoire de la belle province, les anecdotes ne devraient pas manquer...

« Ce nouvel appel aux candidatures fait aussi appel au folklore et à l’imaginaire québécois », conclut Christian Chevrier, « avec toute l’exagération dont les pêcheurs sont capables : “mon poisson était gros comme ça” ou encore, “je suis tombé dans une fosse où il y avait des saumons grands comme la chaloupe" ! » Comme les précédent, ce concours est doté de prix en argent, mais il faut bien entendu remplir les conditions d’admissibilité.

Laurent Garcias et Serge Brouillet
© Le BéDénaute

Christian Chevrier a profité de l’occasion pour présenter Laurent Garcias, le nouvel éditeur de Glénat Québec en poste depuis janvier 2010, et a réitéré son intérêt pour un organiser un "événement BD" à Montréal : la métropole du Québec sera-t-elle enfin dotée d’un festival de BD ?

Scène d’hiver à Montréal
© Le BéDénaute

(par Le Bédénaute)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Propos recueillis lors du lancement d’Histoires d’hiver, Montréal, 20 janvier 2010.

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Lire les premières planches

Voir aussi une courte présentation de l’album

[1Sans frontières, BD Awards 1995.

[2NDA — Au Québec, une “partie de pêche” est un événement qui consiste à aller taquiner le poisson d’eau douce à la ligne ou à la mouche. Il implique la plupart du temps de tortueux et cahoteux déplacements sur des chemins forestiers ou mieux, par hydravion, afin de trouver une étendue d’eau propice et où l’on entend les huards et les loups, en apportant avec soi canots, vivres et l’attirail de camping. Cela regroupe habituellement une bande de copains, mais les familles peuvent aller pêcher dans les parcs fauniques ou les zones d’exploitation contrôlées. Une excellente façon de renouer avec la nature et de remplacer les tracas de la civilisation par d’autres, plus sauvages. Pour un avant-goût, voir Voyage en zone d’exploitation de Louis Rémillard.

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