Les chroniques égyptiennes de Golo

15 avril 2009 6 commentaires
  • Installé dans la capitale égyptienne depuis plus de quinze ans, Golo a fait du Caire l’épine dorsale de son œuvre. En bande dessinée, il en est devenu le chroniqueur privilégié.

Les chroniques égyptiennes de Golo
(A Suivre) Hors Série spécial polar en 1981.
© Casterman

Golo est de la génération qui se partageait entre les pages d’(A Suivre) et les prestigieux albums Futuropolis de Robial & Cestac. S’il n’a jamais vendu des brouettes d’albums, il demeure un auteur marquant du genre « noir » en BD : ses albums écrits par Frank (Les noces d’argot, La variante du dragon,…), sont des incontournables parmi les polars parus dans les années 1980. Son trait rond évoque le style de Tardi, chef de file de cette génération, mais Golo s’en éloigne sur le fond. Moins misanthrope que le grand Jacques, Golo conserve une certaine foi en l’humanité qui guide ses récits sur l’Égypte. Futuropolis réédite Mendiants et orgueilleux et publie la première partie de Mes mille et nuits au Caire, récit à la première personne sur son pays d’adoption.

Loin de l’Égypte des pharaons et ses passages obligés par l’aventure, Le Caire que raconte Golo est une métropole grouillante, où les fez dépassent de la foule et s’agitent dans un flot continu. On sent la matière du travail et l’observation minutieuse. Les rencontres que fait l’auteur lors de ses premiers voyages en Égypte sont fondatrices de son amour pour ce pays et plus particulièrement sa capitale. Dans Mes mille et une nuits au Caire, il établit une photographie de l’histoire récente de la grande cité égyptienne.

Mendiants et Orgueilleux, adapté du roman d’Albert Cossery. Le livre qui a fait de Golo un Cairote.
© Golo / Cossery - Futuropolis

Hélas, c’est le lot de beaucoup de travaux de mémoire, cet album est très dense, et comporte des longueurs. Toutefois, les chroniques de Golo ont un caractère de témoignage assez extraordinaire. On pointera également la grande qualité des séquences invoquant la mythologie moyenne orientale. Mais outre ses rencontres de voyage, Golo a également un « père d’Égypte » en la personne d’Albert Cossery.

Cossery, écrivain égyptien né en 1913 et décédé en 2008, est notamment l’auteur du roman Mendiants et orgueilleux, adapté en bande dessinée par Golo en 1991. Ce roman noir dans les quartiers pauvres du Caire a enflammé la curiosité du dessinateur et l’a poussé à découvrir l’envers du décor de cette mégapole. Et c’est peut-être finalement dans la fiction que Golo arrive le mieux à restituer la vie cairote.

Chaleureuse et passionnée, l’œuvre de Golo se voit remise en avant par la publication simultanée de ces deux livres.

(par Morgan Di Salvia)

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6 Messages :
  • Les chroniques égyptiennes de Golo
    15 avril 2009 09:41, par Alex

    Golo est de la génération qui se partageait entre les pages d’(A Suivre) et les prestigieux albums Futuropolis de Robial & Cestac

    N’oublions pas Charlie Mensuel, ou BD. Les éditions du Square étaient la figure de proue du genre "noir" en bd (Golo et Frank, Munoz et Sampayo, Tardi et Manchette...)

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  • Son trait rond évoque le style de Tardi

    Il a aussi beaucoup pompé sur Wolinski.

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    • Répondu par Alex le 15 avril 2009 à  22:48 :

      Dieu, ce que ce genre de message peut m’irriter ! Comment peut-on être un amateur supposé de graphisme –puisque fréquentant ce site... mais peut-être réside là mon erreur- et employer un tel vocable ?! Le « pompage » est un terme nul et non-avenu en matière de création. Élargissez vos esprits bon-sang ! En terme d’art on parle d’école, cher anonyme. C’est un peu moins mesquin qu’un coup de pied dans la cheville, et démontre d’un certain esprit d’analyse lié à la connaissance. Vos 7 mots sont dénués de l’un et l’autre.

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      • Répondu le 15 avril 2009 à  23:54 :

        "on parle d’école" quand il y a un certain talent, pas quand le pompage est éhonté et remplace le travail personnel.

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        • Répondu par Alex le 16 avril 2009 à  00:39 :

          Une fois de plus le laconisme de votre message n’apporte rien. Analysez svp. Wolinski... de quelle année. Celui de « La Reine des Pommes » ?( un « pompage éhonté » de Will Elder...) De « Georges le Tueur » ? Parlez-moi du trait, de qq chose pour étayer vos propos. « Remplace le travail personnel » ?! Qu’est-ce-que cela veut dire ? Alors un type devant sa planche... Là vous me perdez. Et si d’aventure vous n’aviez rien à dire, de grâce épargnez-nous les lieux communs de l’anonyme haineux.

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          • Répondu par laurent le 2 octobre 2009 à  15:59 :

            fort exact M Alex, golo est d’autre part un artiste de grand talent, original, qui nous manque.

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