Les [dBD] awards annoncent L’Immanquable

18 janvier 2011 11 commentaires
  • Une remise de Prix en janvier, mais pas à Angoulême, ce sont les [dBD] awards dont la première édition a eu lieu au Théâtre du Rond-Point à Paris hier soir. L'occasion pour Frédéric Bosser d'annoncer la publication d'un nouveau magazine de bande dessinée : L'immanquable.
Les [dBD] awards annoncent L'Immanquable
Juanjo Guarnido
(c) T. Lemaire

Hier au Théâtre du Rond-Point, avait lieu la première édition des [dBD] awards, une remise de prix organisée par le mensuel du même nom, qui matérialise de manière plus formelle le classement publié chaque année dans le magazine. Une idée qui tournait depuis longtemps dans la tête de Frédéric Bosser, rédacteur en chef et maître de cérémonie de la soirée.
Un « vieux pieu » enfin réalisé, lança-t-il en ouverture de la manifestation, dans un lapsus que chacun analysera à sa manière. La faute à l’émotion certainement. Et la soirée n’en manqua pas lorsque par exemple Jean-Claude Mézières et Pierre Christin vinrent chercher leur trophée accompagnés de Laureline, la fille d’Emmanuelle Klein attachée de presse chez Delcourt dont le prénom n’est pas étranger aux aventures de l’agent spatio-temporel.

Mais le clou de la soirée fut sans aucun doute l’apparition d’Albert Uderzo. Frédéric Bosser, la gorge littéralement nouée par l’émotion de rencontrer le monstre sacré, arrêta sa présentation après deux phrases et Uderzo en personne monta sur scène pour y chercher sa récompense, sous les acclamations d’une standing ovation du public. Un trophée pour l’ensemble de son œuvre remis par un Juanjo Guarnido lui aussi très ému, qui s’était mis sur son 31 pour accueillir son maître à dessiner.
L’un des deux papas d’Astérix dit quelques mots en reprenant au bond le lapsus initial du rédacteur en chef de [dBD]. Il assura que c’était lui le vieux pieu car il avait reçu énormément de coups de marteau sur la tête. Il confirma également qu’il se considérait à la retraite et que, malgré son enthousiasme « ah, si j’avais 20 ans de moins ! », il ne redessinerait plus jamais.

Christin & Mézières et Laureline au centre de la scène
(c) T. Lemaire
Frédéric Bosser et Albert Uderzo
(c) T. Lemaire

La couv du premier numéro

Ayant repris ses esprits, Frédéric Bosser clôtura la soirée en présentant L’immanquable, le nouveau magazine lancé par l’équipe de [dBD]. Ce mensuel de 144 pages, consacré exclusivement à la prépublication de bande dessinée, présentera à chaque numéro sept séries, qui seront publiées entièrement en deux ou quatre mois. Un sacré pari sur la viabilité de la prépublication de BD sur support papier.
S’ajouteront à chaque numéro un interview grand format, un autre interview d’une personnalité extérieure au milieu de la BD, la visite d’un atelier et un agenda des sorties. Le premier numéro de L’immanquable sortira le 21 janvier. Nous le détaillerons à cette occasion.

Le palmarès des [dBD] awards 2011 :

Meilleure intégrale
Tout Jijé 1941, 1945 par Jijé (Dupuis)

Meilleure adaptation littéraire
La position du tireur couché par J. Tardi d’après JP. Manchette (Futuropolis)

Meilleur album jeunesse
Le trop grand vide d’Alphonse Tabouret par Sybilline, Capucine et J. d’Aviau (Ankama)

Meilleur livre d’humour
Cadavre exquis par Pénélope Bagieu (Gallimard)

Révélation
L’assassin qu’elle mérite t.1 par Lupano et Corboz (Vents d’Ouest)

Série culte
Valérian par P. Christin et JC Mézières (Dargaud)

Meilleur scénario
Ex-aequo
L-F Bollée pour Un long destin de sang t.1 (12Bis)
Fabien Nury pour La mort de Staline t.1 (Dargaud)

Meilleur dessin
Juanjo Guarnido pour Blacksad t.4 (Dargaud)

Meilleure série/premier tome
Un long destin de sang t.1 par Bollée et Bedouel (12Bis)

Meilleure série
Long John Silver par Dorison et Lauffray (Dargaud)

Meilleur album étranger
Asterios Polyp par Mazzuchelli (Casterman)

Prix d’honneur
Albert Uderzo

Meilleur album francophone
Quai d’Orsay t.1 par Lanzac et Blain (Dargaud)

Le dessin de Nicolas Barral pour annoncer la cérémonie
(c) N. Barral

(par Thierry Lemaire)

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11 Messages :
  • C’est "J.P. Manchette" (pour Jean-Patrick), l’auteur de la Position du tireur couché…

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    • Répondu par Elise le 18 janvier 2011 à  11:45 :

      et c’est édité chez Futuropolis.

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      • Répondu par Thierry Lemaire le 18 janvier 2011 à  12:39 :

        Of course ! C’est corrigé, merci.

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  • "modeste" le bonhomme...

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  • Les [dBD] awards annoncent L’Immanquable
    18 janvier 2011 18:44, par Sergio Salma

    " L’un des deux papas d’Astérix"... Huhu. Là, je comprends pas comment c’est possible. Potion magique ? On dirait pas plutôt " co-créateurs" ? Est-ce que Bilal est le papa de la femme piège ? Et Munoz un des papas d’Alack Sinner ? Mais ouiii, je sais, c’est pour rire. Allez quoi. Mais bon. Quand même.

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    • Répondu par Thierry Lemaire le 18 janvier 2011 à  19:19 :

      Rhoo, Sergio, considérez cette tournure de phrase honteusement journalistique comme un accès irrépressible et inconsidéré de tendresse envers la série et les deux papas susnommés. Un peu comme quand on dit "je considère cette personne comme ma seconde maman".
      Et puis co-créateurs, je trouve ça trop froid.

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      • Répondu par Baptiste Gilleron le 18 janvier 2011 à  19:48 :

        D’ailleurs, beaucoup d’auteurs parlent de leurs albums comme étant leurs "bébés". La tournure ne me semble donc pas déplacée :)

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    • Répondu par Cyrille JEAN le 18 janvier 2011 à  20:58 :

      Quoique vous savez, aujourd’hui, on a la chance d’être au XXIème siècle, et un enfant qui a le bonheur d’avoir deux papas c’est - hélas pas encore véritablement en france, mais ça ne devrait plus trop tarder - tout à fait possible ! Et nul besoin de potion magique ou alors celle-ci n’est faite qu’avec une grosse pincée d’amour ;). Il n’y a donc presque pas d’abus journalistique ... seulement des déterminismes biologiques que technique et morale tentent ensemble de transcender ! :)

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      • Répondu par Sergio Salma le 19 janvier 2011 à  09:52 :

        Vous êtes bien caustiques les amis. Je vous renvoie à ce propos à l’article juste à côté concernant Uderzo et Goscinny . L’administration fiscale aussi joue sur les mots mais avec d’autres conséquences que nos petites causeries. Elle , c’est entre co-créateur et illustrateur qu’elle chipote.

        D’accord avec vous sur la paternité. Deux papas c’est très con comme appellation mais oui on comprend et les couples homosexuels( femmes ou hommes) qui adoptent ou qui se débrouillent pour s’occuper d’un enfant je trouve ça très bien mais là n’est pas la question. Un autre intervenant parle de "bébé" . C’est le livre qui est une espèce de bébé,pas le personnage. Un llivre qu’on accouche souvent dans la souffrance avec un "travail" de plusieurs mois(souvent environ 9 mois d’ailleurs ). Puis jouons avec les mots, il faut être pro et créateur. Etc...ma remarque était simple : je trouve cela infantilisant. C’est un vestige d’une époque où on cantonnait les auteurs (tous les auteurs de bandes dessinées) dans une case réductrice. "Ce n’est pas sérieux, c’est pour les gamins, ce ne sont pas des auteurs justement, ni écrivains ni rien". Le terme" papa" revêtait ce côté sympa mais éludait aussi bien des choses.
        Et donc selon vous, Anne Goscinny serait la soeur d’Astérix. Et aussi de Oumpah-Pah. Et de Iznogoud alors. Quelle famille dites donc.

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        • Répondu par la plume occulte le 19 janvier 2011 à  11:52 :

          Elle a vraiment changée cette époque ?

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        • Répondu par Thierry Lemaire le 19 janvier 2011 à  13:31 :

          Rhoo (bis), Sergio... Vous dites "infantilisant", moi je maintiens "tendre". Infantilisant, ce serait prendre les auteurs pour des enfants qui s’amusent à dessiner des petits mickeys. Etre considéré comme un père me parait être le contraire de l’infantilisation (paternalisation ? Non, ça ne se dit pas).
          Ne dit-on pas qu’Oppenheimer est le père de la bombe atomique ? Oui, c’est moins tendre, mais pas vraiment infantilisant.
          Ou alors c’est le terme papa qui vous choque, beaucoup moins formel que père ? Que voulez-vous, je n’ai pas envie d’écrire comme un formulaire de l’administration fiscale. Pas pour ce genre d’information en tout cas, qui ne demande pas une telle précision dans les termes.
          Ceci étant dit, j’ai quand même l’impression que sur ActuaBD, nous faisons tout pour donner au medium ses lettres de noblesse.

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