Les démons d’Alexia T3 : Yorthopia - par Dugomier et Ers - Dupuis

1er juillet 2006 2
  • Un envoûtement tracé sur le grimoire par Dugomier et enluminé par Ers, un exorcisme à la méthode Dupuis, et un savoir-faire sorcier dans la narration. Le tout en fait l'une des séries tous publics les plus prometteurses du moment.

Alexia, c’est une jeune exorciste, très jolie, et très compétente dont les talents exceptionnels lui ont valu une place dans l’équipe du CRPS, le Centre de Recherche des Phénomènes Surnaturels. Oui, mais il semble qu’Alexia a troublé pas mal de choses depuis son arrivée dans cet établissement. Et notamment, des évènements occultes ont entraîné le réveil de l’ancien directeur, lequel s’est lui-même mis dans le coma depuis vingt ans pour produire un puissant sortilège de protection contre la zone 85, menant à la porte du pays mythique Yorthopia. Mais sorti de sa léthargie, le directeur révèle l’horrible fonction première de cet organisme.

Exterminer les sorcières

Car le CRPS n’est pas un gentil labo de recherche sur l’occultisme, non, c’est une entreprise d’extermination des sorcières. Par le feu et sans autre forme de procès qu’en sorcellerie. Quand Alexia y est entrée en tant qu’exorciste, elle ne pensait pas qu’elle était héritière d’une de ces sorcières, et que le réveil du directeur, inquisiteur fanatique, allait la mettre en grave danger de mort.

Poursuivie par cet homme sans scrupules, la belle Alexia a dû fuir le centre en quatrième vitesse et n’a plus d’affaires, ni même de moyen de subsistance. Chassée de l’hôtel borgne où elle a trouvé refuge, elle se préparait à sa nouvelle condition de SDF quand Bérénice, secrétaire de direction et toujours son amie, arrive à lui sauver la mise : lui attribuer une mission sans en référer à quiconque. Voici donc Alexia direction la Norvège pour une histoire d’enterrés vivants. Une probable malédiction qui trouble un village perché en haute du cercle arctique.

Ça ne calme pas pour autant l’ambiance : L’inquisiteur directeur du CRPS tient à avoir une descendance, cette charge ne revenant que par héritage dans sa famille depuis le procès de Salem. Et il est bien motivé à faire passer Bérénice à la casserole, de gré ou de force. Alexia, elle, veut absolument entrer à Yorthopia, le mythique pays de la magie. L’endroit qui forcément répondra à ses questions sur ses origines et son avenir. Ce qui signifie pour Alexia de revenir au Centre, au risque de se faire tuer par l’inquisiteur directeur. De braver les dangers mortels de la zone 85. Et en entrant dans Yorthopia, de choisir définitivement sa voie, magie blanche, noire ou ...? Alexia restera-t-elle exorcise ? L’esprit de son ancêtre voudrait bien que sa filleule reprenne son héritage de sorcière.
Bref, une très saine ambiance de travail, quoi.

Un scénario très noir

Une sorcière chez Dupuis qui est bien pour petits et grands, c’est « Mélusine ». Un univers gentillet, un peu cynique... Mais « Les démons d’Alexia », c’est autre chose : un dessin très franco-belge aux couleurs chaleureuses (on se souvient du « Muriel et Boulon » des mêmes auteurs, éditions du Lombard), sauf qu’il est animé d’un scénario assez noir voire très dur.
Heureusement les auteurs arrivent à seulement suggérer des scènes très sordides, mais la violence de l’histoire et la richesse de l’intrigue font que cette série magique mériterait d’être qualifiée d’adulte. À mon sens, ce serait plus une reconnaissance qu’une punition.

Voir en ligne : Cette chronique est issue de l’émission Supplément Week-End du 17 Juin 2006

(par Xavier Mouton-Dubosc)

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2 Messages :
  • j’ai adoré les 2 premiers tomes

    Léa, 13 ans, Fan de fantastique

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  • Les démons d’Alexia T3 : Yorthopia - par Dugommier et Ers - Dupuis
    1er novembre 2007 17:31, par Christian Larcheron

    Je trouve que cette série est un peu suréstimée. Certes elle est de qualité et j’apprecie de la découvrir régulièrement dans le magazine Spirou. Mais le dessin est parfois un peu trop dans l’esquisse (alors qu’il se veut semi-réaliste) et le scénario reste prétentieux. Et je ne suis pas d’accord avec votre article qui fait une comparaison avec la série Mélusine en minimisant cette dernière. Le seul point commun de ces deux créations est qu’elles véhiculent le concept de sorcellerie mais je trouve pour ma part que Mélusine est bien plus importante dans l’histoire de la BD franco-belge. Là où Alexia reste une BD assez originale mais sans plus, la série Mélusine est une réussite graphique et humoristique totale séduisant autant les adultes que les enfants et correspond pour moi à la meilleure création d’humour des éditions Dupuis depuis Gaston Lagaffe.

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