Les nécrophages de la BD ont déjà frappé

2 janvier 1997 0 commentaire
  • L'encre du telex annonçant la mort de Franquin n'était pas encore sèche qu'un nouveau telex arrivait dans les Rédactions annonçant une vente aux enchères de BD à Paris "avec Franquin en vedette".

Cette dépêche AFP n’était pas tombée par hasard : les organisateurs d’une vente aux enchères organisée le 18 janvier profitaient avec un opportunisme de bon aloi de cette fabuleuse occasion qu’était la disparition d’un auteur immense pour tenter de faire jouer le plus infâme ressort de l’âme humaine, la nécrophagie.

On y annonçait ainsi, parmi les "31 lots consacrés au père de Spirou" (preuve qu’un tiroir-caisse en guise de cerveau va de pair avec l’inculture : Franquin n’est PAS le père de Spirou), la mise aux enchères d’"affiches, planches et dessins originaux, sérigraphies, albums dont une planche de Spirou estimée à 40.000FF".

Le fait que les agences de presse (AFP et Belga pour ne pas les nommer), qui auraient pu au minimum commenter ce communiqué, se sont empressées de le diffuser tel quel témoigne au moins qu’elles partagent le même souci déontologique que les commissaires-priseurs.

(par Patrick Albray)

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