Libre à jamais, T. 3 : Révélation, par Marvano et Haldeman, Dargaud (Fictions)

15 janvier 2004 0
  • Le voyage s'achève pour les passagers du Time Warp, et pour les amateurs de Marvano et Haldeman. Avec ce volume, Marvano termine une seconde trilogie basée sur les romans de l'auteur de SF américain Joe Haldeman, près de quinze ans après {La Guerre éternelle} (chez Dupuis).
    Un album à part, étonnant, apaisé et tellement serein par rapport à ce que la science-fiction nous offre habituellement.

La trame de Révélation est simple : les passagers du Time Warp ont fui leur planète pour échapper à la folie humaine.

Libre à jamais, T. 3 : Révélation, par Marvano et Haldeman, Dargaud (Fictions)
Marvano

Ils ne doivent revenir qu’après quatre cents années. Quatre siècles qui sont censés ne leur paraître que dix ans grâce aux distorsions temporelles induites par le voyage spatial. Mais des avaries inexplicables, qui défient les lois de la physique, se multiplient, et rapidement le commandant doit décider d’abandonner le navire, et tous ceux qui refusent de le quitter...
De retour au sol avec trois cent cinquante ans d’avance, l’équipage n’y déniche pas âme qui vive. Plus exactement, il ne reste du genre humain que des vestiges matériels (bâtiments, automobiles, vêtements à même le sol…), mais pas un corps, pas un os, pas un charnier ou un cratère pour expliquer la disparition de l’espèce.
Peu à peu, les personnages découvrent des coïncidences étranges entre la disparition (car il s’agit bien de cela) de tous les êtres humains et les accidents invraisemblables qu’ils ont subis.

Haldeman

Haldeman utilise un canevas assez classique pour nous mener doucement mais sûrement vers la métaphysique. D’où venons-nous ? Où allons-nous ? Y a-t-il un destin ? Dieu existe-t-il ? Telles sont les questions qui sous-tendent son histoire. L’auteur laisse d’ailleurs ces interrogations en suspens, il ne livre pas ses réponses.
L’absolu de l’univers contre la petitesse de l’Homme : voilà le thème du scénario. Ce contraste est exprimé au cœur du dessin et du découpage. Des planches vastes, très vastes décrivent l’espace et les paysages. Intégrées à ces décors infinis, quelques cases illustrent l’action. Amplifiant cette sensation de sérénité, la narration suit les réflexions muettes de Cat, la commandant, qui s’interroge.

En refermant Révélation, on est détendu… et songeur. Et si c’était vrai ? Et si ?… mais je vous laisse découvrir l’explication de l’inexplicable.

(par Martin Grillard)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

  Un commentaire ?