Liesse populaire autour de Tintin

22 juillet 2005 0 commentaire
  • Le 21 juillet est le jour de la fête nationale belge. Un jour particulier donc, et ce d'autant plus que la Belgique fête, cette année, ses 175 ans. La ville de Bruxelles avait donc mis les petits plats dans les grands en organisant différentes festivités jeudi après-midi, de la Place Royale à la Place Poellaert, en passant par la Rue de la Régence. {Tintin} était de la fête et des activités étaient concentrées autour du palais de Justice pour célébrer les retrouvailles du héros et de la ville qui l'a vu naître.

Le Boulevard de la régence ne désemplissait pas jeudi après-midi. De la Place Royale, à quelques centaines de mètres de l’édifice, on pouvait voir l’immense toile aux couleurs de Tintin qui drapait l’entrée du Palais de Justice. Après s’être frayé un chemin entre les badauds, mais aussi entre les géants (tout droit issus des carnavals belges), les fanfares, les clowns grimés et les équilibristes, on pénètrait enfin sur la place Poellaert où trône l’imposant Palais de Justice [1]. La présence du tram 33, si cher à Jacques Brel [2], donnait à la place des airs de vieux Bruxelles.

Liesse populaire autour de Tintin
La ville « bruxellait » sous les couleurs de Tintin

Une réplique de la Fusée Lunaire rappelait - était-ce encore nécessaire - que ce quartier de Bruxelles était placé sous le signe de Tintin... Nick Rodwell et l’équipe de Moulinsart dévoilaient ensuite une partie de l’exposition « Tintin et les Autos » qui se tiendra au salon de l’auto en janvier prochain et que l’on voit ici en avant-première. Les amateurs pouvaient donc contempler les bolides qui ont été conduits par le reporter à la houppe dans ses aventures. Nick et Fanny Rodwell se sont montrés disponibles répondant aux questions des passants.

Du côté du Mont-des-Arts, une course de caisses à savon digne de Quick & Flupke provoquait les rires des enfants et intriguaient les passants.

Une voiture, tout droit sortie de Tintin Aux Pays des Soviets.

L’exposition d’un jour : Un goût de trop peu

À quelques enjambées de la Chapelle royale protestante au Palais Charles de Lorraine se tenait une exposition de planches originales d’Hergé... et non des moindres ! Les originaux de Tintin Au Pays des Soviets, le premier album de Tintin créé en 1929, notamment la couverture de l’album de 1930. On pouvait également admirer la couverture du Trésor de Rackham le Rouge et une page crayonnée issue de Tintin Au Tibet. Charles Dierick nous en parlait dans un récent entretien : cette exposition avait pour but de présenter le travail de restauration que réalise la Fondation Hergé sur ces documents. Deux télévisions diffusaient un reportage qui nous expliquaient les différentes étapes nécessaires à une « remise à neuf » des planches. Les taches, les déchirures et les collages à la colle de poisson, devenus bruns avec le temps, sont atténués voire totalement effacés.

Les amateurs regrettent seulement que cette exposition n’ait duré qu’une seule journée et surtout qu’elle ait comporté si peu d’originaux (une dizaine tout au plus).

Le public était-il pour honorer ce premier Tintin Festival ou parce qu’il était venu en badaud assister aux fastes de la fête nationale belge ? Les deux sans doute. Le fait est que le choix de la date est intelligent et dynamise Bruxelles, comme Tintin, jusqu’au 23 juillet.

Il serait ironique qu’à l’heure où il est question de supprimer les cérémonies de la fête nationale en Belgique, Tintin devienne, avec le roi, le dernier point de rassemblement des Belges. Avec Tintin, les Belges réapprennent à devenir, le mot est d’Hergé, "Belgicains".

(par Nicolas Anspach)

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Photos (c) Nicolas Anspach

[1En bruxellois, depuis sa construction, une insulte s’est ajoutée à la liste des jurons du capitaine Haddock : "Architekt !"

[2« On prendra le tram 33, pour aller manger des frites chez Eugène... », extrait de la chanson Madeleine.

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