Lincoln T5 : "Cul nu dans la plaine" - par Olivier, Jérôme & Anne-Claire Jouvray - Paquet

19 juin 2007 0 commentaire
  • Retour du cow-boy qui « s’en fout plus vite que son ombre ». Plus dense, mais moins drôle, ce 5ème tome aborde en profondeur la révolution mexicaine, tout en dévoilant une issue à la série : Lincoln s’avance-t-il enfin vers le bonheur ?

Pour les rares qui ne connaîtraient pas cette série, elle bénéficie d’un scénario innovant et intelligent : Lincoln est tellement désabusé, que rien ne le touche plus. Dieu lui-même vient alors s’intéresser à lui, et lui alloue l’immortalité pour tenter de le faire réagir. Après un surprenant premier tome, les histoires maintiennent un constant niveau de qualité tout en explorant différents horizons : abus d’autorité face aux Indiens, grand banditisme des agglomérations, rédemption et critique du système carcéral ; l’ensemble passé à la moulinette !

Tout western digne de ce nom doit posséder son épisode mexicain. Ne dérogeant pas à cette règle, Dieu entraîne alors Lincoln au pays des révolutionnaires pour « se battre pour leurs droits et leur amener la Justice ». Grillé aux USA après 5 années de corruption, et l’attaque d’une prison fédérale, notre anti-héros désabusé doit suivre cette voie de l’exil. Embarqué tour à tour dans les forces gouvernementales, puis révolutionnaires, il demeure contemplatif, comme à son habitude, pour partager en dernier ressort la cause des Peones. Mais c’est peut-être leur chef, la jolie Paloma, qui catalyse les actions héroïques de Lincoln. Aurait-il enfin trouvé une raison de profiter de la vie ?

Lincoln T5 : "Cul nu dans la plaine" - par Olivier, Jérôme & Anne-Claire Jouvray - Paquet

Si le dessin reste énergique et caricatural, le scénario baisse de rythme sans vraiment trouver le ton de l’humour. L’histoire est lente et les dialogues en deviennent parfois laborieux. Au contraire des autres tomes où l’action se centrait spécifiquement sur Lincoln, la narration s’attarde sur deux frères militaires dont les voies vont se séparer. Cette allégorie sur les massacres fratricides des révolutions est didactique, mais ne déchaîne malheureusement pas la passion attendue.

Vision satirique de l’éternel combat du Bien contre le Mal

Heureusement, Dieu et le Diable viennent pimenter les dialogues. On assiste (enfin) à la fameuse discussion que ces deux protagonistes ne cesse de ressasser depuis des siècles. De plus, les péripéties et l’esprit acide de Lincoln restent inimitables. Tant de qualités valaient bien une balade dans le désert, tant qu’on pourra retrouver la luxuriante verve de notre immortel qu’on adore détester. De plus, la fin de cette échappée laisse présager un excellent 6ème tome.

Ce 5ème album satisfera donc les fans de la série dans un épisode qui respecte les lois du genre, sans faire preuve de réelle inventivité. Mais néanmoins, on assiste toujours un grand moment du nouveau western !

(par Charles-Louis Detournay)

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