Linda Medley : « Château l’Attente m’a coûté 14 années de travail »

11 avril 2008 1
  • Primé aux Eisner Awards et nominé à Angoulême, Château l’attente (Éditions Çà & Là) a été une des révélations de l’année 2007. Présente au récent Salon du Livre de Paris, son auteure Linda Medley a accepté de répondre à nos questions.
Linda Medley : « Château l'Attente m'a coûté 14 années de travail »
Château l’Attente par Linda Medley chez Cà & Là éditeur.

Linda, vous êtes encore peu connue dans nos contrées. Qui êtes-vous ?

Je suis une scénariste et dessinatrice américaine. J’habite en Californie, à Salinas, pas loin de San Francisco. J’ai publié récemment Castle Waiting, en français : Le Château l’attente. C’est une bande dessinée qui m’a coûté 14 années de travail. C’est un livre difficile à décrire… Disons que c’est la reconstruction de différents contes de fée dans une seule et même histoire.

Vous avez choisi le format du Graphic Novel.

Je n’avais pas le choix. C’était ce que je voulais faire. Il est impossible d’envisager ce type d’ouvrage sous une autre forme. J’ai fait des études d’illustration et j’ai toujours voulu faire des livres pour enfants. Il n’était pas question pour moi d’en faire un comic book.

Vous dites que l’ouvrage vous a pris 14 ans de travail. De quoi avez-vous vécu pendant tout ce temps ?

J’ai fait un tas de boulots pour DC Comics, principalement de la mise en couleurs sur des séries de super-héros comme Batman ou Green Lantern. J’ai reçu une bourse. C’est ce qui m’a permis de subsister pendant que j’auto-éditais mon livre.

Comment l’ouvrage fut-il accueilli par le public américain ?

C’est un vrai succès pour une bande dessinée indépendante. Le marché américain n’a rien à voir avec celui de l’Europe. Il est davantage orienté vers de la bande dessinée d’action. Un livre comme celui ne cadre pas vraiment avec les attentes du grand public. En France, nous avons dépassé les 10.000 exemplaires et ça continue à bien se vendre. Au Salon du Livre de Paris, j’ai rencontré des lecteurs bien plus posés qu’aux États-Unis. On peut discuter avec eux. J’en suis ravie.

"Castel Waiting", la version américaine de l’ouvrage chez Fantagraphics.
Photo Fantagraphics

Votre dessin est proche des illustrateurs anglais et américains de la fin du 19ème Siècle.

C’est l’âge d’or du conte de fées ! J’adore le travail d’Arthur Rackham, d’Edmund Dulac, d’Howard Pyle… J’ai voulu faire une bande dessinée qui perpétuait cette tradition.

Où en sont vos projets ?

Il y a un second volume prévu.

Dans 14 ans ?

(Rires) Non, l’année prochaine !

Propos recueillis et traduits de l’anglais américain par Didier Pasamonik.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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