Loïs T6 : Dans les Griffes du Faucon - Par J. Martin, O. Pâques et P. Valmour - Ed. Casterman

18 août 2013 3
  • Créée par Jacques Martin en 2003, sur un dessin d'Olivier Pâques, La série Loïs met en scène le Grand Siècle de Louis XIV. Un temps scénarisé par Patrick Weber, la série est écrite cette fois par Pierre Valmour, une entrée en scène qui méritait d'être soulignée, même si l'album date de janvier.

Solidement appuyée historiquement, mettant en avant parmi les personnages historiques parmi les plus fascinants de son époque : l’abbé François-Timoléon de Choisy (dont le Journal de voyage au Siam sert manifestement d’appui à cette aventure), un ecclésiastique aimant s’habiller en femme, ou encore Constantin Phaulkon, un aventurier grec devenu premier ministre du roi de Siam, la série scénarisée par Pierre Valmour évoque le grand moment diplomatique entre Louis XIV et Pha Naraï, souverain de Siam, l’actuelle Thaïlande.

Exotisme, intrigues diplomatiques et piraterie servent de toile de fond à une enquête du peintre du roi Loïs Lorcey qui tisse même une intrigue sentimentale avec une princesse royale.

L’enquête imaginée par Pierre Valmour se tient d’autant mieux que la trame historique est étayée et que les dialogues, vifs et prestement enlevés, sont excellemment écrits ; ils participent grandement à la réussite de cet album dont le dessin ne convainc guère : si Olivier Pâques nous offre, dans la plus pure tradition martinienne, des décors minutieusement documentés et reconstitués, l’encrage des personnages reste trop flou.

Mais on reste séduit par cet album dont, heureusement, les couleurs soignées d’Alexandre de la Serna effacent quelque peu les imprécisions du dessin.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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3 Messages :
  • Une série lancée par J. Martin beaucoup trop tard dans sa carrière. Il n’avait déjà plus les capacités physiques d’assumer le suivi du premier album quand celui-ci a été programmé. Le dessinateur qu’il a choisi pour assurer les destinées de ce nouveau héros - à la psychologie très rapidement brossée - est loin d’un Juillard ou d’un Pleyers, que Martin avait naguère choisi pour illustrer ses héros secondaires (Arno, Jhen, Kéos). Trop jeune ? Il accumule pourtant les albums : cette série en est à son sixième tome et le niveau graphique ne semble pas "décoller". La mise en couleurs, notamment, à connu des cafouillages pour le moins... saisissant. L’encrage et le dessin des personnages, comme vous le notez pertinemment, est le principal défaut de cette série qui est un OVNI dans l’Univers de Martin. Trop tôt abandonnée par son créateur (pour les raisons que l’on sait : sa maladie, son retrait des affaires, puis son décès), la série Loïs souffrait également d’un problème de scénario. P. Valmour (qui devrait également écrire un Lefranc pour Venanzi) semble avoir trouvé la bonne recette pour continuer cette série. Mais a-t-elle trouvé son public ? C’est là toute la question.

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    • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 19 août 2013 à  19:01 :

      A-t-il trouvé son public ? Apparemment, puisque nous en sommes au 6e tome.

      Je ne tiens pas à offrir tel artiste à la vindicte. Cette chronique (un peu tardive) est justement là pour souligner la qualité de cette série qui a trouvé, je crois, son scénariste. Il faudrait améliorer le score au niveau du dessin...

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      • Répondu par Jerome le 26 août 2013 à  18:27 :

        J’avais bien compris votre article en ce sens.

        Est-ce parce qu’une série perdure qu’elle trouve réellement un public ? En général oui. Pour les collections issues de l’Univers Martin, c’est beaucoup plus compliqué, et les fans de cet univers le savent bien, car il a connu bien des auteurs, bien des développements, parfois avortés, bien des changements.

        En effet, si on prend la série Kéos, elle avait trouvé un public, a connu des rééditions, mais elle a été arrêtée, à cause des différends entre les coauteurs (Martin et Pleyers).

        De même pour Jhen, qui a un public, c’est évident, mais n’a repris du service que récemment (pour les mêmes raisons, désaccord ancien entre les coauteurs).

        Ou encore Orion, la série fétiche de J. Martin, qu’il a créée sur le tard et qui n’a pas eu vraiment le temps de s’installer, du fait de son handicap... Elle a été poursuivie récemment, par l’excellent Marc Jailloux, mais va-t-elle continuer pour autant ? Ce dessinateur travaille à présent sur Alix. La proposition de Cédric Hervan pour reprendre à son tour Orion n’a pas été retenue...

        Cela n’a pas empêché toutes ces séries de bénéficier de mini-intégrales, voici deux ans (si mes souvenirs sont exacts), avec des couvertures inédites.

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