Lomm - T3 : La Tribu des hommes purs - Par TBC - Vents d’Ouest

28 octobre 2004 0 commentaire
  • Des histoires de futurs post-apocalyptiques, on en trouve abondamment en BD. {Lomm} sort aisément du lot, autant par son scénario que par son graphisme.

Créée par l’auteur slovène Tomaz Lavric sous le pseudonyme de TBC, la série Lomm prend place dans un monde où les êtres humains ne sont plus les maîtres de la planète. Oubliée la technologie, oubliés les conforts de la vie moderne... l’âge de pierre est de retour, mais cette fois-ci, des prédateurs intelligents occupent le terrain.
Dans le tome 1, nous avons découvert ces créatures anthropomorphes chez lesquelles les "Volants" tiennent le haut du pavé. Au sein de ceux-ci naît un petit ressemblant à un humain, si ce n’est sa queue. Pas d’ailes, pas de griffes... et pourtant, grâce à l’aide de sa mère, il va survivre, dans cet univers où la raison du plus fort est, non pas la meilleure, mais tout simplement la seule.
Dans le tome 2, Lomm est un jeune adolescent membre d’une bande de futurs Volants. Entre recherche de proie et premières envies de sexe, les rapports sont là aussi de force. Et si Lomm est souvent raillé pour sa ressemblance avec un de ces faibles humains, il semble aussi développer un embryon de morale qui le distingue clairement de ceux qui sont finalement des animaux doués de parole, ainsi qu’une curiosité pour les ruines désolées que l’on devine être de la civilisation humaine disparue.
Enfin, dans le troisième et nouveau tome, le jeune adulte qu’est devenu Lomm va rencontrer une tribu d’humains. Ce groupe est sous la coupe d’un chaman qui dit être en contact avec des « dieux », d’où en tout cas il tire la connaissance des armes en métal qui font la force de cette tribu. Lomm et la tribu vont apprendre à se connaître, chacun étonné des particularités de l’autre. Et les activités du chaman l’amèneront à encore s’intéresser aux mystérieuses ruines.

Dans cette série d’un grande dureté, Tomaz Lavric développe des thèmes vieux comme l’humanité : qu’est-ce qui distingue l’être humain de l’animal ? Naît-on humain ou le devient-on ?
Des images de mort et de sang parsèment la série, mais jamais l’auteur ne donne l’impression de chercher à choquer facilement son lecteur. Simplement, il ne cache pas grand-chose de la lutte constante pour la vie qui est le lot des personnages. Et si Lomm est manifestement un survivant-né, il n’est pas un héros, mais un être différent de tous ceux qui l’entourent.
La structure de la série, pour être simple, est extrêmement efficace : à chaque tome, Lomm se retrouve coupé de ceux qui l’entouraient, et s’il veut survivre, il n’a plus qu’à grandir, à mûrir, physiquement et intellectuellement. Rien de mieux pour impliquer le lecteur qu’un personnage principal qui évolue constamment et se cherche.

Le travail graphique de l’auteur est tout aussi intelligent et recherché. La narration, très fluide et sans fioriture, est d’autant plus prenante que l’utilisation de grandes cases est mesurée et d’une force émotionelle certaine. Quant au dessin, il est tout en traits, presque sans ombre, finalement réaliste dans son parti pris illustratif. On peut remarquer que le travail du coloriste contribue grandement à la création d’ambiance : des planches tendant parfois à un monochromatique expressioniste, des couleurs chaudes et humides qui rendent présent ce monde grouillant de vie et de mort.

Lomm est un roman d’apprentissage dont il n’est pas certain qu’il mène son personnage éponyme à la sagesse ou à la sérénité. Mais le lecteur, lui, ne demande pas mieux que de continuer à suivre l’auteur dans les jungles de ce monde dévasté.

(par François Peneaud)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

  Un commentaire ?