Luc Besson et Jacques Glénat : "L’union du cinéma et de la bande dessinée"

23 octobre 2008 7 commentaires
  • Chaque année, le Forum International Cinéma et Littérature de Monaco place livres et images au cœur de ses débats. Car l’adaptation littéraire tient une place importante au cinéma et à la télévision, Luc Besson et Jacques Glénat s'associent.

"La Bande Dessinée, Recherche & Développement du cinéma ?" titrions-nous il y a quelques jours suite à une intervention publique de Chuck Rozanski, le patron de la librairie spécialisée de comics Mile High Comics. Les Européens se posent-ils la même question ? Question légitime lorsqu’on apprend l’association de l’un des tout premiers studios de cinéma indépendants du Vieux Continent avec l’un des acteurs majeurs de la bande dessinée européenne. Luc Besson et Jacques Glénat ont donc officialisé la création d’une société détenue à parts égales par EuropaCorp et les Éditions Glénat : Europa Glénat qui gèrera les droits d’adaptation audiovisuelle de propriétés actuelles et futures des éditions Glénat.

Mariage par passion...

Ce n’est pas la première fois que Luc Besson associe son nom au 9ème art. En 2003, il produisait Michel Vaillant et en 2006, EuropaCorp rentrait au capital de la petite maison d’édition Septième Choc dirigée par Dikeuss.

Luc Besson et Jacques Glénat : "L'union du cinéma et de la bande dessinée"
Europa Corp. + Glénat = Europa Glénat

et par raison...

Pour la maison d’édition grenobloise, c’est la perspective de voir porter à l’écran un certain nombre de titres inscrits à son catalogue. Pour le réalisateur-producteur d’Arthur et les Minimoys, c’est l’occasion de "renforcer son potentiel de développement à travers des projets issus d’un catalogue de plus de 5000 titres". EuropaCorp disposera d’une priorité sur l’acquisition des droits des BD des catalogues du groupe grenoblois (Glénat, Vent d’Ouest, Drugstore…) et ambitionne une adaptation audiovisuelle par an. Luc Besson, qui produit 10-12 films par an, n’hésitera pas à proposer les droits audiovisuels à d’autres majors de cinéma si celles-ci s’avèrent mieux placées pour produire une adaptation.

Les Enchaïnés de Joël Callède et Gihef est le premier projet en cours de développement. Un scénariste américain bûche déjà sur l’adaptation. Deux autres projets sont également sur les rails, mais les fondateurs d’Europa Glénat ne souhaitent pas encore dévoiler leurs noms. Si Luc Besson ne ferme pas la porte aux auteurs de bande dessinée pour les associer au travail d’adaptation, il précise tout de même qu’il faut poser la question en termes de compétence. Si on en juge par le nombre d’auteurs présents lors de la conférence de presse (Alex Alice, Laurent-Frédéric Bollée, Pierre Boisserie, Didier Convard, Eric Corbeyran, Xavier Dorison, Jean David Morvan, Fabien Nury, Sylvain Vallée, Georges Wolinski…), nul doute que le sujet les passionne...

Luc Besson et Jacques Glénat. Unis pour le cinéma.
Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

Cette alliance devrait permettre aux Éditions Glénat d’intensifier les projets d’adaptation et surtout de les voir portées à l’écran. Cette perspective concerne également le catalogue manga, que Luc Besson concède très mal connaître. Les deux hommes ont d’ors et déjà prévu un voyage à Tokyo pour démarcher les éditeurs japonais en vue d’acquérir simultanément les droits d’édition et audiovisuels de séries japonaises.

(par Laurent Boileau)

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Photos : D. Pasamonik (L’Agence BD)

 
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7 Messages :
  • Si tous les fans de Dragon Ball rendus suicidaires à cause des premières images de l’adaptation ciné hollywoodienne, lisent ces lignes, ils risquent d’avoir les boules.

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    • Répondu par sergio Salma le 23 octobre 2008 à  14:14 :

      On s’en fout des adaptations au cinoche ! Le film Les oranges bleues n’a en rien affecté l’oeuvre d’Hergé ; pas plus que l’impression sur des tee-shirts ou des chaussettes. C’est juste marrant de comparer et de voir ce que l’esprit et l’argent peuvent produire ; les envies sont différentes, le public visé est différent, les ambitions sont autres ; ça n’a absolument plus rien à voir et personnellement ils peuvent détruire ou dénaturer l’oeuvre originelle, ça n’a aucune importance.
      Acceptons que toutes ces oeuvres soient maltraitées ou malmenées. Ne vouons aucun culte à rien.

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  • 2 trucs choquants :

    1. que le cinema soit le fantasme d’un éditeur dénote d’une moindre considération de la bd, et en quelque sorte montre une fois de plus que nombreux chez dans les structures éditoriales n’ont que peu d’intérêt pour la bd (en lui préférant le cinéma, par exemple).

    2. que l’auteur de la bd adaptée en premier, Gihef, l’apprenne en lisant l’article ci-dessus, montre une fois de plus que l’auteur de bd est considéré comme au mieux un grand enfant (dont on gère les activités), au pire comme un mouton dont la laine fait office de matelas financier, pour les éditeurs.

    Alors, on pourra parler de maladresses (en passant que je suis bien douillet et que je hurle avant d’avoir mal, comme d’habitude...), hein évidemment, mais à force, ça décrit plutôt un état d’esprit général.

    pfffff...

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    • Répondu par Gill le 23 octobre 2008 à  18:18 :

      Certains voudraient que les éditeurs ne s’occupent d’argent que pour donner une chance à des oeuvres qu’ils portent à bout de bras.

      C’est effectivement l’une des composantes du métier et même la plus importante pour un grand nombre d’entre eux, convaincus de la grandeur de leur mission.

      Pour d’autres, la composante "il faut grandir pour prospérer ce qui est le meilleur garant de la survie et de la diffusion d’un catalogue" est prioritaire. Et en ces temps de crises annoncées, peut-être n’est-ce même plus un choix, mais une nécessité ? L’union fait la force.

      Par ailleurs, on a lu ici que des éditeurs américains publient des BD dans le seul but d’en faire des films. Qu’un éditeur français tende vers ça en rendant la chose possible mais sans transiger sur le métier de base me semble tout à fait raisonnable.

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    • Répondu le 23 octobre 2008 à  18:31 :

      Effectivement le dessinateur Gihef a appris la nouvelle de l’adaptation des enchainés par la presse.

      Bien qu’il y ait probablement un accord d’adaptation audiovisuel dans les contrats de vents d’ouest, c’est dommage que l’éditeur ne prenne pas l’initiative d’en informer personnellement les auteurs.

      Avec ce genre de maladresse, Besson et les éditions Glénat, ne risquent pas de rassurer leurs auteurs.

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  • A peine est-elle décédée qu’on nous annonce la publication chez Glénat d’une "Vie de Soeur Emmanuelle", les chiffonniers du Caire vite rejoints par les marchands du temple...

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    • Répondu par Sergio Salma le 24 octobre 2008 à  10:04 :

      Chère Marielle, vous voyez le mal partout.
      Pensez-vous sincèrement que ce genre de pratiques nauséabondes puissent traverser l’esprit de vos frères humains ? Ne pensez-vous pas que le projet avait plutôt pour but de commémorer le centième anniversaire de Soeur Emmanuelle mais que la vie en a décidé autrement ? Croyez-vous qu’à leur place , alors que le projet a mobilisé énergie et donc forcément argent, vous tireriez un trait sur cette idée pour respecter le deuil ?

      N’êtes -vous pas trop méfiante envers vos contemporains en imaginant que des rédactions sont en train de guetter la santé des gens célèbres qui nous entourent prêts à lancer des opérations marketing dès le décès survenu ?

      N’êtes -vous pas en train de détester certaines pratiques alors que la presse par exemple doit ses meilleures ventes dans ces tragiques moments ? Je voudrais savoir si votre réalisateur, acteur ou personnalité préférés venait à disparaître , vous pratiqueriez avec retenue un beau geste de refus éthique en n’achetant pas l’un ou autre dossier-hommage avec de belles photos pleines de nostalgie ?

      Vous l’achèteriez . Ceux qui ont lancé l’idée de publier une bande dessinée sur Soeur Emmanuelle ne font que participer à la vie de la société ; la mort est venue , survenue pour nous rappeler que tout cela est bien futile et profondément tragique.

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