Lucien Rollin : "Malgré ses 30 ans, ’Quai des Bulles’ reste en mouvement "

9 octobre 2010 0 commentaire
  • Le Festival « Quai des Bulles » qui se tient ce week-end à Saint-Malo fête ses 30 ans ! Nous avons rencontré Lucien Rollin, auteur de {Back World, Ombres, Voyageur}, qui assume la vice-présidence de l’événement. Il nous parle de l’âme de ce festival.

« Quai des Bulles » fête ses trente ans ! Quelles sont les raisons de cette longévité ?

Dès ses premières années, les auteurs se sont investis dans le Festival pour aider les organisateurs. Certains font même partie aujourd’hui de l’organisation. Beaucoup viennent nous aider pendant la semaine de montage ou les quelques jours de démontage. Il y a une grande affinité des auteurs pour « Quai des Bulles ». C’est notre plus belle récompense.

Quelles ont été les grandes étapes de ce festival ?

Il y en a eu quelques-unes. La migration vers le Palais du Grand Large. L’événement avait démarré dans le Théâtre de Saint-Sevran. Le Festival a alors fonctionné pendant une dizaine d’années, puis s’est enfermé dans un ronronnement. Et il y a eu une cassure. Il s’est donc associé avec l’autre événement culturel Malouin, « Étonnant Voyageur », un festival consacré à la littérature. Mais malheureusement, ces deux évènements étaient incompatibles. Le véritable envol de « Quai des Bulles » date de 1992 quand il est redevenu une entité complète. Depuis lors, nous nous remettons régulièrement en question, en changeant les équipes, en invitant de nouveaux auteurs pour nous aider. « Quai des Bulles » reste toujours en mouvement, et je crois que c’est aussi une des raisons de sa longévité.

Lucien Rollin : "Malgré ses 30 ans, 'Quai des Bulles' reste en mouvement "
L’hommage de Rob-Vel au Festival de BD de Saint Malo
(c) DR.

La jeune génération d’auteurs bretons (Joub, Nicoby, Kris, par exemple), ont biberonné à « Quai des Bulles » …
Oui. Ce sont des gens qui participaient à « Quai des Bulles » quand ils étaient enfants. Joub, par exemple, avait même créé BédéMax un journal satirique de BD sur le festival (Rires). Ils ont toujours été là et, l’occasion se présentant, ils ont été « Quai des Bulles ». Maintenant, ils y apportent tous leurs pierres.

C’est également un festival qui ne se prend pas au sérieux. Pendant longtemps, vous avez remis des « bonnets d’âne » en guise de grand prix !

Depuis 2009, nous avons abandonné le bonnet d’âne ! Nous essayons de nous remettre en question régulièrement pour évoluer… Mais les fondements restent les mêmes. Nous aimons nous marrer ! Nous sommes passés une étape différente et je ne pense pas que vous regretterez votre voyage et les moments que vous passerez à la remise des prix. Vous verrez ce que de nouveaux auteurs, comme Kris, peuvent apporter à une cérémonie. Il est en charge de l’animer. Nous essayons de conserver un aspect convivial où les auteurs ont envie de venir et s’amuser. Mais croyez-moi, c’est un travail très sérieux que d’organiser « Quai des Bulles ». Nous travaillons toute l’année pour ces trois jours.

Cela vous a apporté de bons moments ?

Je me souviendrai toujours de la petite croisière en bateau qu’avait organisée pour les auteurs Jean-Claude Fournier entre Saint Quay Portrieux et Saint-Malo. Ils sont arrivés à Saint-Malo dans un état déplorable. Jean-Claude avait oublié que l’on était fin octobre et que le climat était plutôt frais, venteux et humide (Rires). On a arrêté depuis les croisières (Rires).

Dans l’exposition consacrée aux 30 ans du festival, vous rendez hommage à des auteurs qui sont un peu oubliés aujourd’hui …

Bien sûr. Dethorey, Crespin, Clavé, Charly Boibien ! On a passé des moments extraordinaires à leurs côtés. Ils faisaient partie des auteurs qui aimaient revenir. Le festival tient aussi sa force d’un noyau dur d’auteurs qui personnalisent ce qu’est « Quai des Bulles ». Aujourd’hui, d’autres auteurs comme Coyotte ou Maester, aiment s’investir dans l’événement sans en tirer un profit personnel.

L’accueil du public est également important. Chaque année, nous essayons de proposer des expositions de grande qualité ! Le chasseur de dédicaces n’est pas oublié. Pour les 30 ans, plus de 450 auteurs sont présents à Saint-Malo. C’est énorme …

L’exposition des 30 ans
Différentes vitrines présentes des photographies, des témoignages, des objets qui on fait date. Ici, le bonnet d’âne reçu par Cosey.

Vous attendez combien de visiteurs ?

Quai des Bulles draine 25.000 à 30.000 personnes chaque année. La date de cette édition a été avancée à cause de la Route du Rhum qui se tient à Saint-Malo à la fin du mois d’octobre. Cette année est donc un peu délicate car le public a perdu ses repères. La date habituelle de « Quai des Bulles » tombe durant les vacances. Les gens s’habituent à des dates pour les festivals. Pour eux, « Quai des Bulles » se déroule durant le dernier week-end d’octobre, mais pas cette année-ci.

Lucien Rollin ... à l’exposition des 30 ans de "Quai des Bulles"
(c) Nicolas Anspach

(par Nicolas Anspach)

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