Lune d’Argent Sur Providence - T1 : Les Enfants de l’Abîme - Par Eric Herenguel - Vents d’Ouest

29 octobre 2005 0 commentaire
  • Cela va faire six ans qu'{{Eric Herenguel}} n'a pas publié d'album réaliste, suite au succès de sa série humoristique {Krän Le Barbare}. Le dessinateur du deuxième cycle de {Balade Au Bout du Monde} et de {Edward John Trelawnay} revient finalement à un dessin plus réaliste au travers d'un western non dénué d'éléments fantastiques. L'auteur travaille sur ce projet depuis des années, et force est de constater que cette histoire haletante est des plus réussies.

Providence, à la fin des années 1880. Une jeune femme, Cathy Gatling, arrive en ville pour le compte d’un notaire. Elle doit évaluer les biens d’un homme décédé depuis peu. Joseph Spencer habitait les abords de Providence et a connu une mort difficile à expliquer, surtout dans un endroit si paisible. Le shérif, James Redwall, reste sans réponse devant cette mort étrange, accompagnée d’événements tout aussi surprenants : les trois vaches de Spencer ont été massacrées le même soir. L’une d’elles est même retrouvée dans un arbre ! Son chien, quant à lui, est devenu aphone après avoir hurlé à la mort trop longtemps...

Le lecteur découvrira rapidement qu’un être étrange vivant dans la forêt est à l’origine de ce décès. D’autres morts, toutes aussi inexpliquées, surviendront à Providence, plongeant la ville dans l’angoisse.

En 2003, l’auteur nous parlait de ce projet avec les mots suivants : « C’est une histoire sur les croyances, la peur des hommes, le racisme et les illusions. J’ai choisi une période et un lieu intéressant à traiter : cette région est très proche de la campagne anglaise, et donc à mille lieues des ambiances western déjà traité en BD ! Et puis, le siècle arrive à sa fin, les grandes découvertes du territoire Nord américain sont presque un lointain souvenir, et l’ère industrielle s’annonce timidement. Le contexte du récit sera donc à mi-chemin entre l’historique et le fantastique... ».

Eric Herenguel signe une intrigue forte, tout en prenant le temps de poser ses marques et d’approfondir la psychologie de ses personnages, non sans humour parfois. Il nous brosse une galerie de personnes attachants que l’on espère revoir au-delà du second album qui clôturera le cycle. L’auteur n’hésite pas à bousculer le lecteur de temps à autre. Comme par exemple, lorsqu’il supprime, d’une manière que l’on devine atroce, une petite fille qui apportait une bonne dose de légèreté au récit.

Le style graphique, plus maîtrisé et classique que dans ses précédents albums réalistes, rehausse avec agilité et splendeur les ambiances du scénario. Soulignons les couleurs chatoyantes d’Herenguel qui donnent beaucoup de vie à ses dessins. Les cases où apparaissent les monstres sont retravaillées avec l’outil informatique donnant un aspect lumineux à ces atmosphères plus sombres.

(par Nicolas Anspach)

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