Lune d’argent sous Providence, T2 : « Dieu par la racine » - Par Hérenguel – Vents d’Ouest

2 mai 2008 0 commentaire
  • Après 9 années de travail, Herenguel livre la dernière touche à ce superbe western fantastique. Tout y est : un dessin de qualité, de sublimes couleurs, et même un scénario qui nous surprend jusqu'à la dernière page : à ne pas manquer !

Providence, New Hampshire, 1880. Au coeur d’une petite ville tranquille, de mystérieux et violents décès se succèdent. Le shérif perd les pédales, et ce ne s’arrange pas avec l’arrivée en ville de la troublante Cathy, accompagnée de son revolver à balles d’argent. Le maire, qui souhaite trouver le coupable avant les élections, fait appel à un tueur à gages de la pire espèce. Son arrivée déchaîne en ville les passions les plus noires et lorsqu’il faut trouver un bouc émissaire, les esprits échauffés ne tardent pas à se défouler sur un Indien. Pourtant, les apparitions responsables de ces atrocités pourraient bien trouver leur origine dans les sombres messes privées récitées dans la nouvelle église. Comment ces accès entre les mondes ont-il bien pu s’ouvrir ?

Lune d'argent sous Providence, T2 : « Dieu par la racine » - Par Hérenguel – Vents d'Ouest

Après un superbe premier tome, on attendait beaucoup de la conclusion de ce diptyque, qui terminera définitivement les aventures de Providence. Heureusement, les points forts qui nous avaient ravis dans le premier opus sont toujours de la partie, tout en étant rehaussé d’une intrigue qui s’étoffe étonnamment. C’est tout d’abord le dessin à la fois réaliste, et de plus en plus fantastique, qui saisit le lecteur. Auréolé de superbes couleurs et d’effets informatiques, il se dégage des scènes nocturnes une lumière et une ambiance qui ne sont pas sans rappeler les films hollywoodiens. Portés par des personnages complexes, mais fort bien cernés, on suit avec beaucoup de plaisir et de passion les divers rebondissements de cette aventure pas comme les autres.

À la fin du premier tome, les différents protagonistes étaient laissés dans des situations peu enviables, et le premier tiers de l’album est nécessaire pour que se finisse cette nuit interminable. C’est pourtant au cœur de ces scènes d’action que se cache la réelle source des problèmes de Providence. Mais à cette première lecture, on se focalise alors sur les explications de la venue de l’héroïne. Mêlant ésotérisme et société secrète, un nouveau pan du récit vient s’ajouter au western et au fantastique déjà présents. On se sent parfois un peu noyé dans ce flot de détails métaphysiques, et heureusement la dernière partie tient toutes ses promesses avec une scène haute en couleur et un ultime rebondissement qui contrebalance l’entièreté de l’histoire. On regrette alors de n’avoir pas pu digérer à son aise la masse d’informations, trop ébloui par la magnifique mise en scène d’Hérenguel, et on relit le tout, avec cet angle nouveau, pour profiter une fois de plus de ce récit hors normes.

(par Charles-Louis Detournay)

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