Ma voisine en maillot par Jimmy Beaulieu - Ed. Les 400 coups

3 juillet 2006 0
  • Les Québécois ont aussi leur courant intimiste. Jimmy Beaulieu en est un fer de lance. Dans cet album, il raconte avec légèreté les émois amoureux de quelques personnages habitant Montréal.

D’abord, il y a cette langue colorée, pleine de surprises, utilisant les anglicismes bien différemment des français. Beaulieu n’a pas cherché à policer son écriture (semble-t-il) pour séduire plus le public hexagonal. Vous devrez donc vous habituer à des expressions comme "road rage", typiquement américaine, pour désigner un abruti qui devient enragé au volant. Quant au "parler" du Québec, il comporte des mots comme "ailloille" qui indique une surprise énorme dans une conversation ! (du genre "ça alors" !)

Mais le coeur de cet album, ce sont les maladresses de Simon, le personnage principal, probablement le double de l’auteur.
Il a craqué sur sa voisine, la délicieuse Bernadette, mais s’y prend affreusement mal pour lui conter fleurette. Pourtant, le charme opérera, de façon surprenante, pour lui comme pour nous. En parallèle avec l’intrigue principale, Beaulieu met également en scène un couple lesbien, dont l’une des filles est maman. Une description très réaliste.

L’auteur ne s’intéresse pas énormément aux rebondissements dans ma voisine en maillot. On sent que l’atmosphère, le charme de Montréal font partie de ses priorités. Le bon côté de ce parti-pris détaché et léger, c’est une lecture agréable. Le revers de la médaille : un aspect décousu, quelques facilités et un scénario un peu léger.
Mais ne serait-ce pour la découverte d’un climat (l’été au Québec) et de la mentalité montréalaise, cet album vaut le détour.

Son dessin s’inscrit dans la lignée des indépendants intimistes comme Menu ou Davodeau. Pas de fioritures, on va à l’essentiel. Quand il s’agit de croquer un paysage, là en revanche, le graphisme devient beaucoup plus soigné.

Une balade agréable chez nos cousins d’Outre-atlantique...

(par David TAUGIS)

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