Made in Abyss T5 - Par Akihito Tsukushi - Ototo

24 avril 2019 0 commentaire
  • Ponctué d’un long combat contre Bondold, monstre personnifiant parfaitement la folie de l’Abysse, ce dernier acte du niveau cinq constitue un sommet de la série, saisissant graphiquement et déchirant par les émotions qu’il suscite.

Tentant de fuir, puis de tuer Bondold, Rico et ses amis manquent leur coup et se retrouvent à leur point de départ, à l’extérieur de la Ligne de Front, la base relais de l’étage. N’ayant pas d’autre choix pour descendre au niveau suivant, ils mettent au point un nouveau plan et repartent pour l’antre du Sifflet Blanc afin de le vaincre définitivement.

Ils y retournent au moins avec un avantage : ils connaissent désormais la nature de son pouvoir principal. Reposant sur l’utilisation d’une Relique d’Exception, Bondold peut transférer sa conscience de corps en corps ! Tous les membres de son équipe constituent donc des corps de rechange et il apparaît virtuellement immortel.

Comme souvent, le plan de notre trio ne se déroule pas exactement comme prévu mais triomphe tant bien que mal du terrible adversaire grâce à Legu qui semble un court instant habité par une autre personnalité. Sans doute s’agit-il de celui qu’il était avant sa perte de mémoire, tant il a utilisé son corps d’une façon inédite et particulièrement efficace.

Made in Abyss T5 - Par Akihito Tsukushi - Ototo
MADE IN ABYSS © Akihito Tsukushi / TAKE SHOBO 2013

Akihito Tsukushi se déchaîne graphiquement lors de cet affrontement en mettant l’accent sur la folie et la sauvagerie des personnages. Il les dessine sous forme d’ombres au noir intense dont on devine à peine les yeux et les gestes. Aucun temps mort et une intensité qui surprend et impressionne d’autant plus qu’il s’agit du premier combat « sérieux » du manga.

Loin de s’arrêter là, le mangaka ajoute à ce déferlement la vérité sur le destin des enfants de Bondold, dont Prushka, sa précieuse fille adoptive. Mais plus que le principe, cruel, c’est l’idée graphique et la mise en scène qui choquent le lecteur. Elles contribuent au sentiment que l’Abysse est un lieu de démence où les pires horreurs peuvent être perpétuées de la façon la plus simple et naturelle du monde.

Quant au prix à payer pour passer cet étage et avoir accès au sixième, il apparaît extrêmement lourd et doublement injuste, qu’il s’agisse de Bondold ou de Prushka. Comme si la folie et la cruauté étaient bel et bien récompensées en ce lieu mystique, nous entraînant dans une absurdité toujours plus grande au fur et à mesure que les caverniers s’enfoncent dans ses entrailles.

MADE IN ABYSS © Akihito Tsukushi / TAKE SHOBO 2013

(par Guillaume Boutet)

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Made in Abyss T5. Par Akihito Tsukushi. Traduction Vincent Zouzoulkovsky. Ototo, collection "Seinen". Sortie le 12 avril 2019. 160 pages. 8,99 euros.

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