Mademoiselle J., T. 2 : Je ne me marierai jamais – Par Yves Sente et Laurent Verron – Dupuis

28 octobre 2020 0 commentaire
  • Trois ans après l'album "Il s'appelait Ptirou", le duo Yves Sente et Laurent Verron réutilise le personnage de Juliette De Sainteloi, pour en faire l'héroïne d'une nouvelle série qui traversera le XXe siècle.

Ce deuxième tome commence en 1937, huit ans après le précédent. Juliette De Sainteloi, fortement marquée par son voyage en Amérique et sa rencontre avec Ptirou, décide de devenir grand reporter, malgré les réticences de son père. Dans ce sens, elle fait de brillante étude de littérature et de langues, au point d’être reçue avec mention. Elle y fait aussi la rencontre de celle qui deviendra sa meilleure amie inséparable, Léa Vollak.

De son côté, Monsieur De Sainteloi, en désaccord avec ses actionnaires, quitte la Compagnies Générale Transatlantique et fonde avec un partenaire commercial La Compagnie des Cinq Océans (C.C.O.), spécialisée dans le transport pétrolier. Le jour où sa fille reçoit son diplôme, il apprend par son associé que des Allemands veulent entrer au capital de la société. L’offre généreuse ne peut être refusée, mais il ne peut prendre de décision sans l’aval sa fille désormais majeure et qui a hérité des parts de sa mère. Pendant ce temps, Juliette, tente d’intégrer un quotidien parisien, mais se heurte au refus des rédactions d’engager une femme pour écrire des reportages politiques.

Mademoiselle J., T. 2 : Je ne me marierai jamais – Par Yves Sente et Laurent Verron – Dupuis
Yves Sente et Laurent Verron – Je ne me marierai jamais – © Dupuis

En 2017, le duo Yves Sente et Laurent Verron réalisait le one-shot Il s’appelait Ptirou., racontant de manière romancée la mort du petit groom sur le paquebot Ile-de-France qui a inspiré Rob-Vel pour la création du personnage de Spirou. L’un des protagonistes de l’histoire, Juliette De Sainteloi, personnage totalement fictif, plut fortement aux deux auteurs, au point qu’ils décidèrent de lui consacrer une nouvelle série Mademoiselle J. avant même la sortie de Il s’appelait Ptirou (qui, de ce fait, devient après coup le tome un).

Yves Sente et Laurent Verron – Je ne me marierai jamais – © Dupuis

Chaque album de Mademoiselle J. devrait se dérouler dix ans après le précédent, permettant aux lecteurs de traverser le XXe siècle et ses événements avec le personnage. Ce deuxième tome, qui se passe entre 1937 et 1938, met en scène les manigances entre nazis et soviétiques avant la Seconde Guerre mondiale.

Yves Sente et Laurent Verron – Je ne me marierai jamais – © Dupuis

Yves Sente livre une histoire rythmée, avec des protagonistes bien caractérisés. Bien loin de l’enfant un peu naïve du premier album, Juliette est désormais intéressée par l’actualité du monde, forcément explosive à l’époque. Ce qui permet à l’apprentie journaliste de pouvoir enquêter sur les étranges individus qui tournent autour de son père et de sa compagnie, sans toutefois que l’album ne se focalise trop sur ce sujet, car plusieurs intrigues s’imbriquent dans le récit. Sans le revendiquer, elle devient aussi une héroïne de la cause féminine, en mettant en avant sa motivation et son indépendance pour réaliser son rêve dans un milieu encore exclusivement masculin.

Yves Sente et Laurent Verron – Je ne me marierai jamais – © Dupuis

Le graphisme de Laurent Verron reste dans la même veine que Il s’appelait Ptirou, dans un style assez réaliste, loin de sa production avec la série Boule et Bill qu’il avait reprise à la mort de Jean Roba. Cela donne de très belles planches servant parfaitement l’histoire, avec un gros travail de recherche pour reconstituer le Paris de l’époque, aussi bien d’un point de vue architectural, que dans la représentation des modes et de l’ambiance de la fin des années 1930. Le dessinateur ne se prive pas pour nous le faire visiter tout au long des pérégrinations de Juliette. Les magnifiques couleurs d’Isabelle Rabarot participent à la mise en valeur de la reconstitution de la Ville lumière en cette période d’avant-guerre.

Le résultat est à la hauteur et démontre que les auteurs ont eu raison de croire au potentiel de Juliette comme personnage principal !

Yves Sente et Laurent Verron – Je ne me marierai jamais – © Dupuis

(par Adrien LAURENT)

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Lire également la chronique du premier tome, Il s’appelait Ptirou dans notre article : Les étonnantes métamorphoses de Spirou.

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