Makabi T4 : Juke-Box - Olivier Neuray & Luc Brunschwig -Dupuis

5 février 2007 0 commentaire
  • Nouveau cycle et serial killer inédit pour Makabi, à l'heure de son quatrième tome. Encore une petite merveille de psychologie criminelle ciselée par Luc Brunschwig, qui mêle avec toujours autant d'aisance passé et présent, vie personnelle du héros et travail de terrain sous tension. Une inspiration profondément originale qui renouvelle le genre.

Cette fille défigurée qui chante d’un air las , presque absente, c’est le nouveau défi de Lloyd Singer, alias Makabi, au départ comptable d’une agence locale du F.B.I., mais de plus en plus proche du travail d’enquêteur vers lequel certains de ses collègues le poussent.
D’autant plus proche qu’il a même accepté de suivre une formation dans l’académie officielle de l’agence pour gagner enfin ses galons. Pour Makabi, le pari est loin d’être gagné, entre les troubles de son frére, ses traumatismes d’ado - cruelle photo de bal de fin d’année...- et son dialogue en dents de scie avec la jeune victime.... Une reine de beauté défigurée par ce tueur en série qui ne jure que par la dégradation physique de ses proies, le tout avec de la musique douce en fond sonore.
Et la demoiselle qui se déhanche seule face au juke-box cabossé ne veut ou ne peut rien dire, seulement accro à cette mélodie apaisante qui a scellé son malheur.
Makabi, fidèle à son instinct, prend le risque de l’isoler dans une pièce, derrière un miroir sans tain, afin de provoquer un phénomène de rupture qui pourrait l’amener à se confier. Pour atteindre son but, il n’hésite pas, comme à son habitude, à se livrer sans retenue.

Forcément clos sur le suspense autour du témoignage de la victime, Juke-box nous offre plusieurs fils passionnants à tirer : entre le chemin de Singer vers la grande porte du F.B.I., ses souvenirs d’ado et l’épais dossier du tueur "à la chanson douce", chaque page apporte son lot de découvertes. Une sorte de puzzle dans lequel Brunschwig a souvent recours à des flash-backs plus ou moins lointains.
Finesse et précision caractérisent le dessin de Neuray, très à l’aise dans les expressions du visage en gros plan.

Makabi s’impose avec ce brillant début de second cycle, comme une série à lire et à conseiller, réconcilliant avec maestria rigueur narrative, exigence psychologique et intensité dramatique.

Makabi T4 : Juke-Box - Olivier Neuray & Luc Brunschwig -Dupuis

(par David TAUGIS)

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