Malefosse T. 1 : L’Escorte - Par Dermaut & Gelot – Glénat

23 juillet 2007 0
  • Trois années après avoir voulu explorer de nouveau horizons, voici enfin le grand retour de François Dermaut, aux origines de {Malefosse}. Ce premier tome tient ses promesses scénaristiques, servi par de superbes couleurs directes. Pari gagné !

Malefosse T. 1 : L'Escorte - Par Dermaut & Gelot – GlénatGunther est le héros récurrent des Chemins de Malefosse depuis la création de la série en 1982 par Daniel Bardet et François Dermaut. Mercenaire du futur Henri IV, il parcourt les routes de France en compagnie son ami Pritz. Après avoir mis en images les douze premiers volumes de cette saga, François Dermaut a cédé le crayon à Brice Goepfert. « En 22 ans, des divergences se sont installées entre Daniel et moi. Avant que cela ne vienne pourrir une ambiance de travail, mieux valait mettre un terme à notre collaboration. Daniel continuera Les Chemins de Malefosse, et de mon côté je vais entreprendre la série Malefosse en reprenant les deux personnages principaux dans une période précédant 1589. Les histoires seront bouclées en cycles de deux ou trois albums maximum » [1]. Cette nouvelle série va me permettre d’aborder l’évènement-clé des Guerres de Religion : la Saint-Barthélémy, et par là, l’extrémisme religieux. »

Avec la complicité de Xavier Gelot au scénario, il se lance donc dans Malefosse, qui va nous permettre de retrouver nos deux compères vingt ans plus tôt, dans leur Allemagne natale. Traducteur contraint, le jeune Gunther s’exerce à l’épée, et ne rêve que d’aventure. Fuyant l’assassinat de son père, marchand d’armes, il s’enfuit de Nuremberg [2]. Décidé à retrouver le meurtrier de son père, il se fait engager comme escorte d’un inquiétant leader calviniste. De Genève à la Rochelle, il suit la piste de l’arme du crime, une étrange dague ornée d’un joyau. Au gré de son enquête, il rencontre un certain Pritz qui revient des lointaines Amériques.

Pourvue d’une intrigue riche en rebondissements et en affrontements, cette première partie du diptyque introductif de Malefosse contentera le public de la première heure, tout en accueillant les mordus de graphisme. Dermaut met en valeur ses superbes prises de vues avec cette initiation à la couleur directe : « Avec Malefosse, j’ai atteint un palier, dont les premières marches ont été gravies dans mes carnets de voyages sur les chemins de Compostelle et sur la route de la soie. » Si certaines scènes diurnes laissent apercevoir quelques traits mal rehaussés de couleur, les scènes nocturnes sont un enchantement, prouvant une étonnante maîtrise dans les palettes de gris et de bleu. Les puristes regretteront néanmoins les éclairages tranchés, peu conformes à la géométrie des lieux, et aux lumières diffuses de l’époque.

En faisant la liaison avec les Chemins de Malefosse, on notera l’apparition fugace de moine Louvel, et une volonté de tenir la dragée haute au langage fleuri de Bardet, sans pour autant faire complètement illusion. Qu’importe ! On se laisse entraîner avec plaisir dans ce complot religieux et humain, aux personnages haut en couleurs à plus d’un titre.

(par Charles-Louis Detournay)

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[1Les cahiers de la Bande Dessinée présentent … les Chemins de Malefosse, Entretien avec François Dermaut, pp24-25, 2004, Glénat

[2Ce début d’intrigue fait référence à la série originelle, T8, p33, où Gunther explique qu’il a dû fuir sa ville natale à cause d’un testament falsifié et pour venger son père.

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