Mamma Mia - T1 : Vincenzo Lasagna - Par Herbeau & Civiello - Delcourt

31 mars 2005 0 commentaire
  • Les séries {la Graine de Folie} et {Korrigans} avaient révélé {{Emmanuel Civiello}} comme étant un dessinateur particulièrement méticuleux, soignant chacune de ses cases comme de véritables illustrations séparées. Son sens du « fantastique », imprégné par la représentation du Moyen-Âge, des légendes, et des créatures proches de celles de Tolkien, l'avait déjà presque transformé en « maître » du genre, à l'instar d'un René Hausman (Le Prince des Ecureuils). Le dessinateur nous revient dans un genre diamétralement différent : celui du polar, non dénué de second degré, ancré dans les années 20 et en plein cœur de la mafia italienne de Los Angeles.

Vincenzo Lasagna fait donc partie du célèbre mouvement criminel, et mène la belle vie. Mais hélas, sa mère passe son temps à lui faire la morale et essaie de le remettre sur le droit chemin.

Lors du mariage de la sœur de Vincenzo (avec un flic), la « Mamma » tire les oreilles du chef de la mafia et lui fait la leçon. Tout cela sous les yeux de Vincenzo ! Ce dernier ne sait pas quoi faire, tiraillé par l’autorité du « capo » et de sa mère (une sainte, évidement). Un jour, hélas, cette dernière décède. Vincenzo n’est pas libéré du joug maternel pour autant. Il entend la voix de la Mamma, le sermonnant, chaque fois qu’il réalise une mauvaise action. Du coup, le mafieux en perd tout son latin et rate ses méfaits, au grand désespoir du Capo...

L’idée de la série est amusante et mène à des situations fort cocasses. Hélène Herbeau, la scénariste, a pris le parti de traiter ce récit sous la forme de scénettes, divisées en chapitres, sans véritable trame générale. Si bien que l’histoire peut paraître un peu décousue. Fort heureusement, les textes narratifs sont de petits régals, non dénués d’humour, rendant ainsi la lecture du livre agréable.

Emmanuel Civiello a illustré cet album avec beaucoup de panache. Il n’hésite pas à bouger régulièrement l’axe de la caméra, et alterne plongée, contre-plongée et autres plans audacieux. Rien à redire également quant à sa représentation du Los Angeles des années 30. L’auteur a abandonné les teintes foncées utilisées pour ses précédentes séries pour une teinte sépia, ce qui accentue l’atmosphère du récit.

Espérons que l’histoire du deuxième album sera bâtie sur une intrigue plus forte que celle de ce premier volume. Le thème de la série, les textes narratifs et autres dialogues sont de qualité. Il manque juste ce petit « plus » (mais néanmoins important), qui pourrait transformer Mamma Mia en une série remarquable... et remarquée !

(par Nicolas Anspach)

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