Man : "Il faut avoir du recul pour parler d’un âge donné"

22 mai 2008 0 commentaire
  • Man, un jeune auteur espagnol, vient de signer deux albums aux éditions Dargaud : {Mia} et {En sautant dans le vide}. Ces récits explorent des thèmes qui concernent les adolescents, avec une mise en pages et en images proche des mangas.

Mia met en scène une adolescente anorexique. Cette jeune fille est secrètement amoureuse d’un garçon, et s’apprête à lui confier son désarroi lorsqu’ils sont tous les deux enlevés. Ils profitent de leur séquestration pour partager leurs secrets, pendant qu’à l’extérieur on s’active pour les retrouver.

Man : "Il faut avoir du recul pour parler d'un âge donné"Comme le nom de cette série, prévue en cinq albums, le laisse présager, En sautant sans le vide raconte le parcours d’un groupe d’adolescents passionnés par un sport extrême. Ils sautent de toit en toit, d’immeuble en immeuble. Défier le vide fait monter leur taux d’adrénaline et leur procure du plaisir. Les garçons sont tous amoureux de Luna, qui change de mec comme de tatouage… Ils apprennent à se découvrir, à vivre, jusqu’à ce que l’un d’eux croise le parcours d’une bande de voyous…

Man, l’auteur de ses deux séries, évoque brièvement son univers avec nous…


Vos deux séries, Mia et En Sautant dans le Vide, mettent en scène des adolescents. Pourquoi ?

Il me semble opportun d’avoir un certain recul pour parler d’un âge donné. Quand j’aurai cinquante ans, je parlerai sans doute des trentenaires ! (Rires). Cet âge marque le passage vers l’âge adulte. Cela m’intéressait. Luna, l’un des personnages d’En Sautant dans le Vide a son propre appartement. Elle connaît donc déjà les préoccupations et les problèmes des adultes…

Avez-vous le sentiment de nous offrir une vision juste de l’adolescence ? Vous avez quitté cet âge depuis plus d’une décennie …

Ma vision est évidement subjective. Les années passent, mais les sentiments restent les mêmes. Un jeune de quinze ans qui a découvert ce qu’était l’amour dans les années ’80, a ressenti les mêmes choses qu’un adolescent d’aujourd’hui…
Bien sûr, certains éléments évoluent : je songe aux décors, aux drogues, à la musique, etc.

Extrait de "Mia"

Vous parlez également du phénomène des bandes rivales.

J’ai besoin de me baser sur des éléments que je connais. Une personne de mon entourage a été anorexique. Je me suis laissé influencer par son parcours pour écrire Mia. J’ai travaillé dans un atelier de tatouage et de piercing pendant quelques mois. J’ai approché le monde de la nuit et ai connu des bandes rivales qui s’affrontaient. Je m’en suis servi dans En Sautant dans le Vide. Par contre, je me suis documenté sur les bandes latinos, que je ne connaissais pas !

Vous semblez être influencé par le manga pour vos cadrages…

Oui. L’influence du manga est très importante. Mais il y a en d’autres : le cinéma et le dessin animé. Il fallait que je trouve les angles les plus justes pour dessiner ces gamins qui sautent de toit en toit. C’est un sport qui existe réellement. Même si certaines situations dans En sautant dans le vide sont exagérées…

Il y a-t-il un personnage espagnol que vous aimeriez faire découvrir aux Français ?

Oui. Super Lopez de Jan. C’est un super-héros à l’espagnole !

Extrait de "En Sautant dans le Vide"

(par Nicolas Anspach)

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Illustrations (c) Man & Dargaud

Photo (c) Nicolas Anspach - Reproduction Interdite sans autorisation préalable.

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