Mara T1 - Par Brian Wood et Ming Doyle (Trad. Makma / Ben KG) - Panini Comics

24 mars 2015 0 commentaire
  • Toujours aussi enclin à dénoncer les déviances de la société moderne, Brian Wood est de retour chez Panini avec un nouveau titre très personnel qui s'attaque cette fois-ci au problème de l'image et de la surmédiatisation, de même que du système économique et des stratégies de communication scandaleuses qui en découlent.

Dans un monde futuriste qui a su repousser les notions de guerre et de criminalité en plaçant le sport au centre de ses sociétés, qui définit les relations géopolitiques et les systèmes économiques en galvanisant de manière extrême l’esprit des gens vers un souci de performance et de compétitivité dès leur plus âge, Mara Prince est la représentante parfaite d’un conditionnement quasi militaire qui répond à toutes ces attentes. Sportive de haut niveau dès son adolescence, elle est l’égérie de toute une planète qui fantasme devant l’image qu’elle véhicule.

Le scénariste Brian Wood est peu avare lorsqu’il s’agit de dépeindre une dystopie et une vision pessimiste de l’avenir qui guette l’Humanité comme ce fut par exemple le cas dans DMZ où il était question, entre autre chose, de désinformation et des dérives de la presse, ou encore dans les pages de The Massive où il s’attarde sur la complexité et l’absurdité de la géopolitique ainsi que sur les problémes écologiques.

Mara T1 - Par Brian Wood et Ming Doyle (Trad. Makma / Ben KG) - Panini Comics
© Panini Comics

Cette nouvelle série originale ne pouvait bien sûr se passer du regard très critique de cet auteur qui se sert ici d’un certain élément perturbateur pour éveiller l’héroïne de son récit à la situation délirante qui a depuis toujours gouverné le cours de son existence. En effet, c’est lors d’un match des plus banals qu’un incident extraordinaire survient et bouleverse le statu-quo : la découverte par Mara de ses super-pouvoirs.

Acquérant des pouvoirs qui la rendent omnipotente et omnisciente à mesure qu’elle ouvre les yeux sur l’état du monde et prend conscience de ses excès, Mara pose un regard inquisiteur et froid sur la nature humaine.

L’auteur use de ce prétexte extraordinaire pour développer un propos acerbe ne laissant que peu de place à une quelconque notion d’espoir, piétinant avec mépris tant de concepts qu’il parvient à rendre détestables aux yeux du lecteur et qui trouvent un écho certain à la façon dont notre société évolue malgré le fait qu’il place résolument son intrigue dans un univers de science-fiction.

Qu’il s’attaque à l’importance que l’on accorde à l’image, aux excès délirant du système économique du sport, aux médias de plus en plus intrusifs ou encore aux clauses perverses qui polluent les contrats , Brian Wood et son héroïne se placent au dessus des masses et juge sévèrement un monde qui ne tourne plus vraiment rond.

© Panini Comics

(par Marco ZANINI)

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