Marché de la BD 2012 : La glorieuse incertitude des chiffres (2/3)

15 février 2013 28 commentaires
  • Chaque année, c'est la foire d'empoigne : le premier à dégainer, c'est Gilles Ratier, avec son désormais célèbre rapport pour l'Association des Journalistes et des Critiques de BD (ACBD), ensuite Livres-Hebdo qui avance son interprétation des chiffres Ipsos, en même temps que le communiqué de GfK sur le marché de la BD. Aucune de ces études ne permet de dire que la BD va mal ou bien. Enquête.

On connaît le désormais célèbre Rapport de Gilles Ratier pour l’ACBD que nous commentons depuis plusieurs années maintenant et qui comptabilise la production de la bande dessinée "dans l’espace francophone européen" (on oublie régulièrement de le signaler).

Un rapport d’une honnêteté remarquable qui mesure quoi, en fait ? Simplement l’offre en nombre de titres de la BD sur notre marché français. Comme celle-ci a progressé ces dernières années, on en déduit que le marché de la BD "va bien".

Marché de la BD 2012 : La glorieuse incertitude des chiffres (2/3)
Le nombre de titres produits n’a cessé d’augmenter depuis 2000
Rapport Ratier / ACBD - Inforgraphie : L’Agence BD

La "surproduction", un concept.

Nous avons nous-même versé dans ce sirop d’optimisme et de vanité car oui, cette production est un signe de vitalité de la création et de la faculté d’entreprendre de la BD francophone et il n’y a aucune raison de ne pas s’en féliciter.

Elle est due à la convergence de plusieurs facteurs :

1/ Une réduction des coûts de l’impression avec la disparition de certains postes de fabrication, comme par exemple, la photogravure et la production des films d’impression ou encore l’informatique qui a permis de supprimer certains postes de secrétariat, le coût du papier qui a baissé ces dernières années... Tous ces facteurs ont favorisé l’émergence des petits éditeurs qui ont pu ajuster leur petit tirage à ces moindres coûts. Cette "démocratisation" est une des raisons de la multiplication du nombre d’éditeurs ces dernières années : le ticket d’entrée a baissé.

2/ L’arrivée de nouveaux acteurs éditoriaux et/ou la revitalisation de certains segments sur le marché. Les mangas sont l’exemple le plus frappant, mais pas seulement : le Roman graphique, une forme de communautarisation éditoriale ciblée (BD sur les Rugbymen, sur les Papas de 40 ans,... Mais aussi une "bande dessinée arty" ou encore le "phénomène blog"), les BD tirées des jeux vidéo, de la TV ou du cinéma, etc. ont tous élargi le champ éditorial de la BD.

Le Roman graphique en particulier a vu arriver un bon nombre d’éditeurs de littérature sur ce marché, avec un certain succès : Gallimard, Denoël, Actes Sud, Flammarion,... pour ne parler que d’eux.

3/ La bonne réputation commerciale de la BD a amené aussi de nouvelles structures de diffusion à la prendre en charge : créations de la diffusion DelSol, de La Diff, du Comptoir des Indépendants (fermé depuis) mais aussi l’ouverture de diffuseurs jusque là peu intéressés par la BD : Harmonia Mundi, Les Belles Lettres, sans compter l’Internet dont la diffusion via Amazon ou Fnac a progressé grandement ces dernières années.

Ces nouveaux acteurs de la diffusion ont été un facteur déterminant pour l’augmentation de la production car elle a rendu certaines aventures éditoriales possibles (L’Association, Cornélius, mais aussi Bamboo ou Sandawe). La création de DelSol, par exemple, une structure venue de rien et qui se retrouve avec des salaires mensuels à payer, a poussé ses actionnaires (Delcourt et Soleil) à produire davantage pour "alimenter la machine". Ce dynamisme a été payant.

Guerre asymétrique

Tout cela mène à une "surproduction", terme bien commode pour des éditeurs de BD "tout public" dont le chiffre d’affaires reposait jusque là sur quelques blockbusters pour la jeunesse et qui ont dû investir les secteurs nouveaux qui les menaçaient (mangas, romans graphiques, beaux livres...) pour mieux rester dans le coup.

Mais ils souffrent de la guerre asymétrique que leur livrent les petits labels qui n’ont pas leurs frais de structure. Or ceux-ci, grâce à une forme de journalisme "branché" et à certains événements culturels interprofessionnels friands de cette ligne éditoriale (suivez notre regard) arrivent même jusqu’au seuil de la méga-médiatisation grâce au cinéma.

Toute l’ambiguïté de la situation réside là : les gros éditeurs ne peuvent plus être tranquilles et les petits ont de plus en plus leur chance. Or, nous y reviendrons, ils ne paient pas leurs auteurs de la même façon.

La "surproduction" est une menace pour eux car tout est possible mais, sérieusement, que pèse un titre vendu à 357 exemplaires par L’Employé du moi par rapport à 37 millions de BD vendues dans l’année ? Rien. Pourtant, dans le Rapport Ratier, ils ont la même valeur numérique. Il est faux de dire que son facing menace les autres. Il est évident que le libraire, ce vénal, va mettre en piles ce qui a le plus de chances de se vendre.

Ceux qui sont menacés, ce sont les candidats aux 20.000 qui ne peuvent plus concurrencer avec leur numéro 1 des séries connues comme Thorgal, Spirou, Alix ou XIII dont les sorties en nouveauté et en spin-off vont désormais par trois ou quatre sorties par an, sinon davantage si l’on prend l’exemple de Spirou en 2013.

Tops pas top

L’objection au Rapport Ratier est facile : la production ne saurait être le reflet du marché, tirage n’est pas vente réelle. Rien n’est moins vrai : pour connaître le marché, il faut faire appel à des sondeurs qui travaillent sur des panels de points de vente qui vous donnent un reflet des ventes "sortie de caisse". Fort bien me direz-vous : nous avons là des chiffres fiables. Hé non, hélas. Démonstration.

Dans notre précédent article, nous vous livrions ce Top 20 pour 2012 produit par GfK [1] :

Le Top 20 des ventes 2012 selon GfK

Dans un article paru en janvier dans Livres Hebdo, nous avons ce Top 20 pour 2012 fourni par Ipsos et pondéré par Livres Hebdo [2] :

Le Top 20 des ventes selon Ipsos/ Livres Hebdo

Or, que constate-t-on ? Que si nos deux sondeurs s’entendent sur les 6 premiers du Top, à partir de la septième place, c’est la foire d’empoigne : One Piece chez Ipsos ou Lucky Luke chez GfK ? Le reste est à l’avenant. En fait, c’est simple, les mangas ne sont pas pris en compte chez GfK car ils sont dans un autre classement.

Autre différence : les chiffres Ipsos incluent Internet et pas ceux de GfK. L’un et l’autre ne tiennent pas compte de l’export, c’est à dire la Belgique (qui pèse de 5 à 10% du marché) ou la Suisse (qui rien que pour Titeuf pèse plus de 10% de ses ventes).

À cela s’ajoutent des problèmes de méthodologie : Ipsos touche un panel plus réduit que celui de GfK qui tient mieux en compte la situation de la librairie (où les Simpsons et les Sisters, par exemple, ne font pas leurs meilleurs scores), tandis que GfK jouit d’un panel plus large où la grande distribution est mieux représentée. Lucky Luke s’y porte donc mieux.

Autre exemple : GfK annonce une progression du chiffre d’affaires de +0,7% entre 2011 et 2012. Or nous avons gardé les chiffres de l’année dernière et nous constatons qu’en 2011, le CA était de 416 millions d’euros contre 412 en 2012... C’est une progression, ça ?

Interrogée, la société GfK nous explique, un peu embarrassée, qu’ils maintiennent leur annonce et qu’ils avaient fait l’année dernière une correction quinquennale liée au fait que l’année avait 53 semaines au lieu de 52, ce qui les oblige à un rectificatif... Cette progression est-elle à marché constant et impacte-t-elle l’augmentation du taux de TVA de 5,5 à 7% qui porte sur 9 mois entre avril et décembre 2012 ? GfK n’a pas répondu à cette question que nous lui posions.

Autre problème : Alors que GfK, prudemment, n’avance pas de chiffres, nous constatons dans Livres Hebdo une vente nette de Titeuf à 227 600 ex. Pour un album qui a la réputation de flirter avec le million d’ex vendus, c’est une sacrée déconvenue ! Quant à Lucky Luke, il fait moins que Chroniques de Jérusalem !! En réalité, on voit bien là la distorsion du panel Ipsos / Livres Hebdo meilleur en librairies, moins bon en grandes surfaces, terrain naturel de la clientèle du cow-boy solitaire.

Si les scores de l’album de Guy Delisle sont excellents (Guy Delcourt nous affirme qu’il a dépassé le cap des 160 000 ex. vendus), ceux de Titeuf sont bien supérieurs à 227 000 ex, selon Jean Pacciuli de Glénat. C’est que toute une série de points de vente, outre l’étranger comme le canada où Delisle qui est canadien a du faire un carton, ne figurent pas dans le radar des sondeurs : les kiosques, les petits points de vente en supermarché, la vente par correspondance, etc.

Bref, les chiffres des sondeurs ne sont qu’une indication, comme ceux de Ratier en somme.

Pour les chiffres de vente, à quels saints se vouer ?

Un cliché à un moment donné

Si ces chiffres sont "sorties de caisse" (c’est à dire des ventes réelles, sans retours), ils ne prennent pas en compte la saisonnalité du titre. Ainsi, Chronique de Jérusalem avait fait déjà 50 000 ex. de ventes en 2011 avant de recevoir un Prix à Angoulême qui a triplé les ventes en 2012, son exploitation est donc répartie sur deux annuités.

Comme en politique, il faut voir quel est l’intérêt du donneur de chiffres. Livres Hebdo s’adresse principalement à des libraires. Ils ont donc raison à mettre le focus sur ce secteur ; GfK qui est le principal sondeur consulté par les éditeurs s’adresse à ceux-ci au moment du Festival d’Angoulême.

Et nous, journalistes nous en faisons les choux gras, sans trop penser à mal. ActuaBD, en thuriféraire du médium, a le visage rose de ceux qui aiment annoncer les bonnes nouvelles, tandis que Xavier Guilbert de Du 9, dans des numérologies hilarantes, nous fait de plus en plus penser à un croque-mort de Lucky Luke -redingote, haut de forme, teint jaune, émacié et chauve- en train de mesurer le marché de la BD pour en connaître les mensurations du cercueil. Chacun sa came.

Les libraires mettent en avant ce qu’ils ont des chances de vendre

Faut-il faire confiance aux éditeurs ?

Sur leurs annonces de tirage, non. En réalité, au moment où ils vous parlent, ils ne le connaissent pas. Avec les techniques modernes, les retirages sont relativement rapides tandis que les coûts de stockage sont de plus en plus onéreux. Quand Dargaud imprime le premier tirage de Quai d’Orsay, il pense qu’il va en vendre 20-30 000. Les ventes se portent rapidement à plus de 100 000...

Quand il s’agit d’un tirage important, comme celui de Lucky Luke, une partie conséquente peut très bien être laissée à plat, non reliée, et rester en palettes. Mais l’éditeur a un indicateur : les commandes effectuées par les réseaux. C’est en fonction de ce portefeuille de commandes qu’il fixe son tirage, en anticipant les ventes de certains circuits de distribution. Tout le talent d’un directeur commercial réside dans ce pronostic.

On peut lire sur les forums qu’un éditeur imprimerait 800 000 ex pour en vendre au final 200 000... C’est impossible, ou alors il est fou. Il va au contraire accompagner du mieux qu’il peut les ventes réelles. En revanche qu’un titre "déçoive" parce que son score final est moindre que celui escompté, cela arrive souvent, mais dans un sens comme dans l’autre : Dargaud a été déçu par Lucky Luke en 2012 mais heureusement surpris par le score de Blake & Mortimer ; Titeuf a déçu Glénat (relativement, car il s’y attendait), mais Lou ! l’a réjoui. C’est la glorieuse incertitude des chiffres.

Les auteurs peuvent faire confiance à leur éditeur car la manipulation des chiffres de vente peut coûter cher au dissimulateur : celui qui éditait Astérix dans les années 1960 s’en souvient encore...

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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28 Messages :
  • Donc, je ne peux me fier à GFK, Ipsos, ou voire edistat, pour contrôler moi même mes ventes. Chacun bossant pour sa cible, ou chapelle. Mes chiffres éditeur me semble très différents suivant que j’ai la secrétaire de la boite, une amie, ou l’éditeur lui même sur les relevés de comptes. Sur qui puis-je compter alors ??

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    • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 15 février 2013 à  15:47 :

      Chacun détient sa vérité, mais le bon sens peut vous aider.

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    • Répondu le 15 février 2013 à  16:45 :

      Normalement tout auteur peut faire une demande d’audit pour vérifier les comptes de l’éditeur le concernant.

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  • 56 600 Kid Paddle t.12 vendus pour un tirage de 360 000 exemplaires selon les chiffres rapportés par Guilbert en 2011.
    Deuxième plus gros tirage après XIII t.20 mais "seulement" quinzième des ventes.
    Le pronostic du directeur éditorial était optimiste. On trouvera des eo de ce titre encore longtemps.

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    • Répondu le 15 février 2013 à  17:05 :

      Oui, de 360.000 tirés à 56.000 ventes, ça a largement de quoi couler une boite ça, une erreur pareille. Mon propre éditeur ayant tiré 40.000 ex de sa future nouvelle merveille de BD, d’une star télé, qui devait cartonner à mort, n’en avait vendu en fait que 6 ou 7.000, et de son propre aveu, ça avait mis grave sa société en danger.

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      • Répondu le 15 février 2013 à  22:04 :

        Comme quoi on a bien raison de faire confiance à son éditeur...ils sont tellement clairvoyants.

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  • « On peut lire sur les forums qu’un éditeur imprimerait 800 000 ex pour en vendre au final 200 000... C’est impossible, ou alors il est fou. »

    Non non c’est très possible. Soit vous êtes naïf, soit vous faites semblant de ne pas comprendre. Comme vous l’avez remarqué les couts d’impression ont baissé.
    Le but étant d’occuper l’espace, de gagner de la place en librairie, de faire de grandes piles, une belle tête de gondole. Bouffer tout l’oxygène quoi.
    Du coup on a du mal à pigner sur les grosses machines comme vous le faites.

    "Toute l’ambiguïté de la situation réside là : les gros éditeurs ne peuvent plus être tranquilles et les petits ont de plus en plus leur chance. Or, nous y reviendrons, ils ne paient pas leurs auteurs de la même façon."
    C’est vrai qu’avec les grands on est si bien payés ! On se demande de quoi on se plaint !

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    • Répondu le 16 février 2013 à  07:45 :

      C’est vrai qu’avec les grands on est si bien payés ! On se demande de quoi on se plaint !

      Ben oui, autant des petits éditeurs, prospectés t’offriront une misère par page, genre entre 120 et 150 euros, et 8%, autant un gros ( et je l’ai constaté sur ma dernière oeuvre ) te proposera le TRIPLE, soit 450 par pages et 10 puis 12%.

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      • Répondu le 17 février 2013 à  00:00 :

        Moi à la Boite à bulles j’avais directement 12% en droits d’auteur.

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  • Des chiffres mensongers.
    15 février 2013 17:13, par Général Porquétévas

    On est effectivement particulièrement injuste avec les éditeurs respectables de la place. Si leurs chiffres paraissent mauvais, c’est simplement parce qu’ils sont faux.
    Quant à la concurrence absolument déloyale des petits éditeurs, ceux-ci volent tout bonnement la chance qu’ils prétendent se donner. Les faits sont là ! Enfin, les chiffres parlent d’eux-mêmes.

    Et pourtant des solutions existent ! Mais qui veut bien les appliquer ?
    Ce qu’il faut par exemple c’est se résoudre, lorsque l’on est libraire, à mettre en avant EN PREMIER LIEU les livres de ceux des éditeurs qui ont investi TANT D’ARGENT pour assurer leurs ventes et leur distribution. Si on ne le fait pas, il faut bien se dire que ce sont des emplois qu’on détruit. Si on ne le fait pas, on va contre le dynamisme d’entrepreneurs solides pour qui le contenu des livres n’est que d’importance relative tant que les rentrées d’argent sont assurées, dans le but évident de CREER ET MAINTENIR DES EMPLOIS, car C’EST CELA QUI EST IMPORTANT DANS L’INDUSTRIE CULTURELLE. Les bobos gauchistes et élitistes qui viennent parfois râler sur ce forum ont souvent une propension à l’oublier.

    Mais allons plus loin encore. Suggérons que la concurrence néfaste des petits acteurs de ce marché soit cadrée par quelques lois régulatrices simples (et où on verrait enfin la véritable utilité de l’Etat dans ce qu’il produit d’intervention dans l’économie) : en-dessous d’un certain seuil de production, il deviendrait INTERDIT D’EDITER UN LIVRE. Nous nous rapprocherions alors d’une situation plus saine en terme de... de... disons de "monopole concurrentiel". La notion est un peu extrême mais qu’on y songe quelques instants...

    Non, c’est encore peu. Ce qu’il faut c’est encore plus d’audace de la part des entrepreneurs qu’on aime soutenir ici à ActuaBD contre d’intolérables petits producteurs et leur presse branchée.
    Aussi, au-delà de la mise au pas de la concurrence artificielle et des libraires qui ont le culot de tenir leur commerce sur la vertu du goût, il est urgent et nécessaire D’INVESTIR DANS LE LECTORAT, et MASSIVEMENT.
    Oui : IL FAUT ACHETER LE LIVRE AU LECTEUR ! C’est la garantie absolue que le lectorat sera acquis, que les livres seront écoulés, que les libraires ne renverrons plus de livres médiocres parce que prétendument invendables en quantité (s’ils faisaient leur travail !), que les journalistes branchés fermeront leur clapet une fois pour toutes, que les chiffres seront enfin bons, BREF, que L’ECONOMIE TOURNERA et que le marché sera enfin à l’image du fantasme qu’on s’en fait. Alors, on sablera le Champagne !

    Et si ? Et si ça se met à tourner un peu moins fort, on offrira au lecteur, avec le livre pour lequel on le paie, une dosette de lessive par exemple.
    Ou un pin’s Lucky Luke ! Lucky Luke c’est bien. Vous devriez le lire. Encore. Et toujours.
    "C’est une leçon de vie" comme dirait Frédéric Lefebvre.

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    • Répondu par Thierry le 15 février 2013 à  19:46 :

      Ce qu’il faut par exemple c’est se résoudre, lorsque l’on est libraire, à mettre en avant EN PREMIER LIEU les livres de ceux des éditeurs qui ont investi TANT D’ARGENT pour assurer leurs ventes et leur distribution.

      Non Géné (c’est quoi ce pseudo ???) Un libraire digne de ce nom met en avant les livres de qualité.

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    • Répondu par Vincent le 15 février 2013 à  20:13 :

      Rassurez-moi, c’est de l’ironie, n’est-ce pas ? Je ne suis pas sûr...

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    • Répondu par Michel Dartay le 15 février 2013 à  20:42 :

      Il me semble qu’il y a une certaine dose d’ironie dans votre message, mais rassurez-vous, pour votre " IL FAUT ACHETER LE LIVRE AU LECTEUR", cela va être le cas très bientôt, grâce à des éditeurs sympas qui vont offrir 100 000 (cent mille !!) exemplaires de leurs titres aux amateurs ! Pour zéro euro, à venir récupérer chez le libraire à qui on l’aura réservé. Il s’agira d’éditions spéciales, mais de qualité ! L’occasion de découvrir certains titres ou de complèter sa collection.

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  • Le fait que ces études ne prennent pas en compte la Belgique fausse à mon sens les chiffres sur certains titres : il s’y vend à mon avis beaucoup plus de Largo Winch et Kid Paddle en proportion qu’en France. Je serais curieux de connaître l’importance du marché belge pour certaines séries traditionnelles.

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  • Auteurs, vous voulez connaitre le tirage de la première édition. C’est simple, il suffit de demander la copie du dépôt légal à la bnf. La procédure à suivre est sur le site du snac (téléchargement).
    Pour ma part, je l’ai fait... surprise au rendez-vous,je vous assure.

    si l’album est imprimé en france, l’imprimeur doit également faire un dépôt légal. Il suffit de croiser les déclarations pour voir ce que cela donne.

    une question : est-ce que les journalistes n’ont pas la possibilité d’accéder à ces chiffres... ce serait plus simple :)

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    • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 16 février 2013 à  02:16 :

      Loïc. Ces documents sont déclaratifs et personne ne les vérifie. Ce n’est pas plus fiable non plus.

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      • Répondu par loïc le 16 février 2013 à  08:39 :

        Pourtant, lors de l’action en justice que nous avons mené contre un éditeur, ces documents ont été utilisés comme une preuve pour justifier la différence entre le tirage réel et le tirage annoncé sur les rééditions de vente.
        Cela a obligé l’éditeur a présenter les factures... qui malheureusement pour lui, n’étaient pas à son avantage.

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        • Répondu par lebon le 16 février 2013 à  11:34 :

          Le magazine Tchô s’arrête et pas une ligne ! Tout va très bien madame la marquise, tout va très bien, tout va très bien, tamtatam !

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          • Répondu par Sergio Salma le 16 février 2013 à  18:45 :

            Faites un article Lebon, investiguez, interviewez, faites un bilan, posez des questions, expliquez. ActuaBD est ouvert , vous pouvez y contribuer. Tchô s’arrête, c’est vrai après 15 ans, c’est un sujet, il est à placer dans le contexte, c’est intéressant. Mais ici le sujet ce sont les chiffres, on ne peut pas parler de tout juste parce que vous en avez envie . Enfant gâté , va.

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            • Répondu par lebon le 16 février 2013 à  21:01 :

              Monsieur salma, la disparition récente de Tchô est un fait d’actualité lié à la bande dessinée et je m’étonne du manque de réaction de mon média BD préféré. J’ai trouvé très touchante votre histoire dans le spirou Boule et Bill de cette semaine.Bien à vous

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        • Répondu le 16 février 2013 à  12:57 :

          S’il faut aller en justice pour être - à peu près - certain des chiffres de vente annoncés par l’éditeur, on est pas sorti !

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  • "Note Méthodologique

    Le classement des meilleures ventes de l’année est réalisé par Ipsos pour Livres Hebdo.

    Les chiffres indiqués sont des estimations obtenues à partir des ventes réelles (comptabilisées aux caisses des magasins), enregistrées du 1er janvier au 31 décembre 2012, en France métropolitaine, auprès d’un panel représentatif de plus 2400 points de vente.

    Ce classement inclut à hauteur de leurs parts de marché tous les circuits de distribution de vente au détail : librairies de premier et second niveaux, grandes surfaces culturelles, grandes surfaces alimentaires, Internet.

    Il exclut les ventes réalisées à l’export et dans les Dom, les ventes aux grossistes, les clubs et la VPC. "

    Ayant trouvé ce qui précède je me demandais pourquoi vous affirmez que "(..)Ipsos touche un panel plus réduit que celui de GfK qui tient mieux en compte la situation de la librairie(...)"

    Deuxième remarque : si ces classements sont censés reflèter les ventes de BD en france n’est il pas normal qu’il ne prennent pas en compte les ventes en Belgique et en Suisse ?
    (et inversement je ne comprend pas qu’ils ne tiennent compte que des ventes en France métropolitaine)

    merci de votre réponse

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  • Delsol parti de rien ???? tout juste avec 2 belles locomotives (Delcourt et Soleil) déjà bien lancées auparavant il me semble non ?

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  • Chez le petit éditeur, tu n’auras certes, pas l’avance de 15k comme chez les gros, mais ton album sera :

    - lu (par l’éditeur)
    - encadré
    - travaillé
    - défendu
    - représenté

    Que se soit ton premier album ou non...

    Si ton album est vendu à 3000 exemplaires, il y a fort à parier que le petit éditeur te signe un tome 2, puis un 3 etc... Chez le gros, sous les 8000, pas certain que tu resignes.

    Chez le gros éditeur, pour peu que ton album n’ait pas été un franc succès, tu n’auras plus jamais de nouvelles de ton directeur de collection. Tu auras beau lui écrire ou l’appeler pour lui présenter un nouveau projet, il ne te répondra même pas (ou ne prendra de toute façon pas de nouveau risque avec toi).

    Alors oui au final, le petit éditeur te paye moins (en fait à hauteur de ce qu’il peut faire..c’est pas juste pour faire chier l’auteur), mais il sera fière de ton livre et il saura le défendre. Le petit éditeur, en te signant et en te proposant 3000 euros d’avance et 12% sur les ventes n’espère qu’une chose : que ton livre devienne un succès. Pour lui (ne nous voilons pas la face, l’éditeur ne travaille pas uniquement par passion, mais aussi pour vivre) mais aussi pour toi, en espérant pouvoir te donner un peu plus, car l’éditeur sait très bien que ce n’est pas avec 3000 euros par an (+ les droits) que tu vas vivre.

    Le gros éditeur lui, va te faire un chèque de 15k, qui représente finalement en moyenne une avance sur 8000 ex. Tu ne toucheras certainement jamais de droits supplémentaires, car finalement, les albums qui dépassent les 8000 ex ne sont pas si fréquent proportionnellement aux sorties. Pour le gros éditeur, c’est un pari, qu’il peut se permettre compte tenu de sa trésorerie (que le petit éditeur n’a pas. Fort probable qu’il perde de l’argent sur l’album, mais pour lui, perdre 4000 euros, c’est pas grand chose. Les autres albums derrières sont là pour rattraper ce genre de risque...et puis de temps à autres, heureusement, il y a de bonnes surprises.

    Alors bon, monsieur Pasamonik, dire que les petits éditeurs gênent les gros, qui ont de lourdes structures à gérer, c’est un peu se moquer du monde. Quand les gros peuvent se permettre d’agir de la sorte, c’est qu’ils ont les moyens, et ce ne sont certainement pas les petits éditeurs qui vont les ralentir et les déranger.
    C’est d’autant plus étonnant de tenir de tels propos quand on sait que vous même, avez gouté à l’édition par le passé.

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    • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 18 février 2013 à  15:48 :

      Alors bon, monsieur Pasamonik, dire que les petits éditeurs gênent les gros, qui ont de lourdes structures à gérer, c’est un peu se moquer du monde. Quand les gros peuvent se permettre d’agir de la sorte, c’est qu’ils ont les moyens, et ce ne sont certainement pas les petits éditeurs qui vont les ralentir et les déranger. C’est d’autant plus étonnant de tenir de tels propos quand on sait que vous même, avez gouté à l’édition par le passé.

      Voyez le court extrait du documentaire figure dans le troisième article. Vous verrez le président de Dargaud demander aux libraires de mettre de l’ordre dans la surproduction.

      Je me souviens du Directeur Général du Lombard, le charmant Monsieur Lottefier, me présentant à Raymond Leblanc, le patron des éditions du Lombard au début des années 1980. Devant la moue de Leblanc laissant entendre que Magic Strip ne devait pas peser bien lourd sur le marché, Lottefier disait : "- Ah mais si, quand même !" On est toujours l’emmerdeur de quelqu’un...

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    • Répondu le 18 février 2013 à  16:49 :

      Les "gros" éditeurs ont tellement réduit les à-valoirs que la pertinence du choix d’un "petit" éditeur peut s’avérer être jouable.

      Démarrer avec 12% des droits + des droits dérivés honnêtes, plus des conditions numériques correctes, plus, plus etc.
      En cas de succès, il n’y a pas photo. En cas d’échec, où est la différence...?

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    • Répondu par Laurent Colonnier le 18 février 2013 à  16:53 :

      Vous avez une vision bien idyllique des choses. Dans la réalité ça ne se passe pas comme ça.

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