Marsupilami T. 30 : Palombie secrète – Par Batem et Colman d’après Franquin – Marsu Productions

28 avril 2017 0 commentaire
  • Trente albums plus tard, la série du Marsupilami lancée par Franquin, Batem et Greg n’a perdu ni de son mystère, ni de son charme, ni de son éclat. Il faut dire qu’elle a aux manettes deux des meilleurs auteurs belges d’une génération qui perpétue avec talent le classicisme de l’Ecole belge.

Quand on se rendait dans l’atelier de Franquin dans les années 1980, il avait affiché face à lui, sur le mur, un dessin de Stephen Colman, un jeune dessinateur liégeois qui promettait. Franquin y voyait à la fois la fougue du dessinateur et le respect pour le travail de sa génération, davantage que dans les dessins énamourés de Chaland dont il ne voyait pas l’intérêt qu’il s’accrochât à son « vieux style ». Entretemps, Colman est devenu scénariste et même LE scénariste du Marsupilami.

Le Marsupilami, que Franquin avait créé en 1954 comme personnage secondaire des aventures de Spirou, il avait décidé d’en garder l’exclusivité quand il quitta la série en 1968. Il le prêta de temps à autre, mais il avait suffisamment d’expérience maintenant pour savoir à quel point une telle création était précieuse. Au fil des ans, il produisit quelques pages qui firent la matière d’un premier album. Dans les années 1980, il décida d’en faire une série autonome en même temps qu’il prenait complètement son indépendance par rapport à Dupuis.

Mais comment faire, alors qu’il animait Gaston en parallèle et que sa productivité était de plus en plus faible ? On lui présenta Batem, un animateur de la Sepp, alors filiale audiovisuelle de Dupuis. Les résultats furent concluants et c’est Greg qui assura le script des deux albums suivants. Succès avéré. Le jeune scénariste Yann prit le relais, puis Fauche & Adam et d’autres, jusqu’à puis Batem lui-même. Colman en prit la direction au 19e tome en 2006 et nous voici onze ans plus tard avec le 11e volume sous sa plume.

Ce qui frappe, c’est que le filon, pourtant ingrat : imaginez ce que c’est que de raconter la xème aventure dans la jungle palombienne, n’a pas l’air de s’épuiser. Mieux : dans cet épisode, Colman fait du « planting », c’est-à-dire qu’il crée différents types de Marsupilami dont on imagine bien qu’ils pourront avoir un jour un destin.

Marsupilami T. 30 : Palombie secrète – Par Batem et Colman d'après Franquin – Marsu Productions
© Marsu-Productions

Car on en apprend davantage encore sur le biotope du Marsu dont on découvre qu’il arrive intact du fond des âges, bondissant et facétieux. Les différentes sortes de Marsupilami ont un ancêtre commun qui les rassemble à certaines périodes pour célébrer « Pachamama », la mère nourricière, comme le dit Colman, « sans désir de conquête, sans détruire la terre qui les abrite » et ceci depuis la naissance du premier arbre.

Un album plein de bons sentiments, naïf et utopique certes, où l’action laisse la place à l’émerveillement, mais qui fait du bien.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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