Matilda Clarck - par Artur Laperla - Paquet

26 avril 2006 0 commentaire
  • Avec son scénario frais et spontané, {Matilda Clarck} est un vrai régal. L'espagnol Artur Laperla donne dans le décalé aussi bien au niveau scénaristique que graphique.

Un jour, Orlando Neri et sa femme meurent écrasés dans leur voiture par un piano à queue. Les bénéficiaires de la police d’assurance sont au nombre de quatre : Richard et Walter, les deux fils du défunt, Antonio, le majordome et Matilda Clarck, une hôtesse de l’air qui découvre, pour l’occasion, l’identité de son père et l’existence de ses demi-frères jumeaux qui ne se ressemblent aucunement. La famille Neri s’avère en fait bien étrange...

Sur un postulat de départ complètement loufoque (une voiture écrasée par un piano à queue sur une route !), Artur Laperla met en scène une sombre histoire d’héritage, prétexte à la description de personnages aussi désagréables les uns que les autres. L’auteur espagnol caricature ses protagonistes de fort belle manière. Cynisme et égoïsme sont au cœur de cette famille déjantée et l’appât du gain exacerbe les sentiments et révèle, comme bien souvent, les véritables personnalités. Plusieurs flash-backs quasi monochromes éclairent le lecteur sur les évènements passés. Le dessin sobre et efficace de Laperla soutient admirablement l’histoire. Le trait, par sa finesse, se rapproche d’un crayonné. Le découpage utilise le principe du "gaufrier" (9 cases par planches), mais derrière ce classicisme de façade la fantaisie est bien là. Seulement, elle est à l’intérieur des cases, dans le caractère même des personnages. La morale de l’histoire nous ramène à la réalité et à la simplicité : les faits étaient bien moins compliqués que ce que le récit voulait nous faire croire.

Matilda Clarck n’est pas sans rappeler l’excellent Voleur de chiens du même auteur. Dans ces deux one-shots, Artur Laperla utilise un ton original et direct, plein d’humour et de fraîcheur. L’auteur et ses albums gagnent vraiment à être connus.

(par Laurent Boileau)

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