Maudit Mardi ! T1 - Par Nicolas Vadot - Sandawe

8 septembre 2011 11 commentaires
  • Parmi les deux nouveaux albums financés par des internautes sur [Sandawe.com->http://www.sandawe.com], {Maudit Mardi !} impose sa patte surprenante autant qu'attachante. Un univers singulier fidèle à son auteur et à son travail.

Sur une île reculée, Achille est enraciné, passant son temps, seul, à scruter l’océan. C’est dans ces circonstances devenues routine qu’une prédiction lui vient du ciel : il sait qu’il mourra un mardi. Les autres jours n’ont donc plus aucune raison de l’inquiéter. Mais peut-il vraiment se fier à cette certitude ?

Alors qu’il évite la noyade par une chance inouïe, Achille décide de s’arracher à son petit bout de terre. Direction la mégalopole Hawkmoon où il espère retrouver Rebecca, son amour de jeunesse. Suivant sa piste, les heures défilent jusqu’à ce qu’arrive le tant redouté douzième coup de minuit. Celui-là même qui annonce le mardi. Ce jour qui pourrait être le dernier.

Nicolas Vadot est un de ces auteurs difficilement classables. La donne ne change pas avec l’arrivée de Maudit Mardi ! (financé par 170 "édinautes"). À sa manière, il y parle de la vie, de son côté éphémère, et de la mort, évidemment. Mais ce sont surtout les rapports qu’ont les gens avec ces choses, avec l’amour, la solitude ou la peur qui captent l’attention. Des éléments qui se jouent d’ailleurs beaucoup sous forme imagée voire métaphorique. Bien entendu, cette information à la fois vague et précise concernant le futur décès d’Achille fait beaucoup dans l’intérêt du scénario. Sans cela, sans cette vision de l’auteur, il ne s’agirait sans doute que d’une banale histoire de cœur.

Le style crayonné de Vadot apporte lui aussi sa pierre à l’ensemble. Ce côté "imparfait" dû à cette technique, sans en être mauvais, s’accorde bien avec la thématique abordée. On peut toutefois regretter certains effets et lettrages numériques tranchant un peu trop avec le parti-pris graphique. Il n’empêche que ce premier tome est à découvrir avec une curiosité certaine.

Maudit Mardi ! T1 - Par Nicolas Vadot - Sandawe
Extrait de "Maudit Mardi !"
par Nicolas Vadot, © Editions Sandawe, 2011

(par Baptiste Gilleron)

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11 Messages :
  • Maudit Mardi ! T1 - Par Nicolas Vadot - Sandawe
    8 septembre 2011 10:17, par Guerlain

    Un des effets pervers de Sandawe risque vite de venir du fait que des séries ne sont plus éditées sur contrat pour plusieurs albums, mais au coup par coup. Ne court-on pas le risque de voir de plus en plus de séries abandonnées par manque d’investisseurs ?
    On pourrait penser que si on, a gagné sur le premier volume, on gagnera aussi sur le second et qu’investir devient sans risque. Mais j’ai peur que la réalité soit tout autre.

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    • Répondu le 8 septembre 2011 à  10:51 :

      Rassure-toi, c’est en train de devenir la norme chez tous les éditeurs. Exemple : même s’il est convenu, dès le départ, que la série fera trois tomes, on ne signe un contrat que livre par livre, ce qui laisse tout le loisir d’arrêter après un volume si les ventes sont jugées décevantes.

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      • Répondu par Guerlain le 8 septembre 2011 à  11:28 :

        Je sais, sauf que la responsabilité est celle de l’éditeur seul. Et l’auteur sait généralement en entamant son nouvel album si il sera édité ou non. Les ventes se réalisent essentiellement dans les quelques premiers mois de la sortie, la tendance est en général suffisamment lisible pour que l’éditeur prenne la décision de continuer ou non. Y-a-t-il beaucoup d’auteurs qui ont réalisé des albums complets qui ont été annulé au dernier moment ? Je connaît le cas de Roels qui a réalisé seul le dernier tome d’une série (Woly Wan ?) mais l’éditeur ne voulait pas le sortir. Mais cela reste un cas assez exceptionnel. Je ne pense pas que Andreas eétait très loin dans la réalisation de Capricorne 16 lorsque le lombard a décidé de l’annuler (ils sont depuis revenus sur leur décision, semble-t-il)
        Avec Sandawé, l’auteur va-t-il réaliser un album sans avoir le financement des investisseurs, au risque de travailler en pure perte ? Ou va-t-il avoir plusieurs projets en attente, et ne travailler que lorsqu’il a réuni les fonds nécessaires pour le projet X quitte à retarder la réalisation de la suite de’une série qui n’est pas encore financée ?
        C’est juste une question pratique

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        • Répondu le 8 septembre 2011 à  13:40 :

          J’en connais à qui on a annoncé que le troisième volet d’un triptyque ne se ferait pas. Alors que les deux premiers étaient terminés et parus. Si c’est pas du gros foutage de gueule des lecteurs et des auteurs...
          En fait, Sandawé ne ferait que déplacer le problème alors ? C’est une question que je m’éais posée également au lancement du projet mais je me disais que les sommes injectées n’étaient pas assez importantes pour qu’on en arrive à ce genre de spécualtaion. Me serais-je trompé ?...

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          • Répondu par Guerlain le 8 septembre 2011 à  14:58 :

            je n’en sais rien, mais selon l’interview de Vadot, la suite de Maudit Mardi est dors et déjà financée

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            • Répondu par Oncle Francois le 8 septembre 2011 à  15:25 :

              Ce ne serait que justice, j’ai feuilleté ce livre en librairie, et c’est évident qu’il y a du travail, du talent, du style et de l’inspiration. Maintenant il est vrai que le grand public préfère parfois acheter en masse les livres pré-formatés, entrant dans des catégories commerciales à la mode du jour.

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              • Répondu par marcel le 8 septembre 2011 à  20:06 :

                Ca vaut ce que ca vaut mais mon libraire a deja fait un reassort, c’est parti super vite.

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                • Répondu le 10 septembre 2011 à  09:27 :

                  Ca dépend combien d’exemplaires il avait reçu à la base, 2 ? 3 ?

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    • Répondu par topchef le 8 septembre 2011 à  21:15 :

      un des effets positifs de Sandawe, c’est qu’on a parlé de cette BD bien avant qu’elle ne sorte ! faudrait avoir habité au pole nord pour pas en avoir entendu parler ! De tous mes amis bédéphiles, ils connaissaient l’album depuis longtemps. j’espère pour l’auteur et l’éditeur que les ventes suivront.

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  • La planche que vous présentez, graphisme et couleurs, ça joue sur un style Loustal, pourquoi pas.

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  • Maudit Mardi ! T1 - Par Nicolas Vadot - Sandawe
    10 septembre 2011 18:42, par Norbert

    Cet album est génial.

    J’adore le parti-pris graphique : cet instantané du crayon gras jeté sur le papier donne une vie et une intensité au dessin et le choix de la palette de couleurs est très pertinent et s’accorde parfaitement avec l’ambiance du récit.
    Sandawe attaque fort dans le milieu de l’édition et je suis convaincu que ce nouveau concept a de l’avenir. Je pense qu’il y a certainement des améliorations à apporter au système, mais, en étant pionniers, c’est normal qu’il y ait des tâtonnements.

    A suivre avec intérêt !

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