Megatokyo en Version Française

25 novembre 2003 2 commentaires
  • Dès les premières pages, on sentait ce qu'allait devenir cette bd en ligne : un truc addictif qui circulerait par e-mail pour faire évoluer radicalement (et négativement) votre productivité, tout en ayant l'air de travailler devant votre écran. Bonne nouvelle : les Francophones peuvent désormais accéder à ce manga d'origine américaine d'un genre totalement nouveau.

Commençons par présenter les deux principaux protagonistes de cette BD : Piro et Largo sont deux post-ados américains shootés aux jeux vidéo et aux mangas. Allez savoir pourquoi, ils décident de prendre un aller-simple pour le Japon. Sur place, il faut évidemment s’adapter aux mœurs indigènes. Passe encore pour Piro, qui a appris quelques rudiments dans les mangas de jeune fille (d’où son vocabulaire de collégienne !), mais Largo est incapable de s’ouvrir aux autres. Ce n’est plus un nerd, mais un otaku parlant l33t et qui perçoit le monde comme un terrain hostile de Quake.

Deux garçons et leur ange gardien

Piro, le plus mature des deux, est entouré de charmantes jeunes filles (dont Ping, accessoire de console de jeu !), dont le charme ne le laisse pas insensible malgré leur look de collégiennes prépubères. Largo, quant à lui, se croit attaqué par les minions imaginaires d’une fragile gothique.

Pour remettre sur le droit chemin ces deux garçons dont la tête a complètement tourné, une ange-gardien (femelle, si si, ça existe) leur est envoyé par l’Administration Céleste. Hélas, la pauvre fille aura fort à faire : elle ne dispose que d’un budget réduit, alors que son diabolique adversaire a des moyens plus confortables. Va-t-elle réussir à sortir ses ouailles de la plus électronique des mégapoles ?

Toutes les influences de la geek-attitude affectent cet OVNI de la BD : jeux vidéo, manga, customisation d’ordinateurs, attitude, gadgetophilie... Et surtout le l33t-5p34k, cette nov-langue technique qui fait fondre les neurones de l’homo vulgus vulgus que nous sommes.

Geek attitude

Pourtant, ce sont ces caractéristiques qui font le succès de cette BD ! Elle est actuellement l’une des plus fréquentées du net, malgré son univers et son public particuliers. Son URL fuse sur les forums. Ce n’est pourtant qu’un site perso, mais sa fréquentation est devenue énorme. À tel point que pour en financer l’hébergement, les auteurs se sont tournés vers Thinkgeek, un magasin on-line d’articles branchés, pour tirer de leur BD des produits dérivés très fashion.

Ce partenariat a aussi permis de publier leur histoire sous la forme d’albums en papier. Le deuxième tome est en cours de préparation. Les auteurs vont très vite (à peine crayonnées, les planches sont scannées, puis encrées sur Photoshop). Pour tenir le rythme qu’ils se sont imposés, ils allient l’efficacité technique avec un dessin qui privilégie la nervosité et la spontanéité

Déjà traduits en plusieurs langues

Autre prouesse de cette BD, sa traduction en plusieurs langues. On n’imagine pas le défi rien que pour l’adaptation des jargons techniques dans plusieurs idiomes. En outre, les auteurs ont dévellopé un outil qui permet de changer à la volée les textes des onomatopées. Pas besoin de modifier leur forme, la géométrie des cases est respectée interactivement. En outre, si une meilleure traduction est possible, la correction est immédiatement publiée. Du coup, cela permet d’accélérer les différentes versions en parallèle : allemande, Italienne, et depuis fin octobre, française.

L’humour de la bd est, on s’en doute, très référentiel. Les premiers épisodes sont même inbitables pour un profane. Mais une fois entré dans l’univers, on devient comme les personnages de la BD : geek accro !

Pas mal pour une œuvre d’amateurs !

(par Xavier Mouton-Dubosc)

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