Memories of Sand - Par Max Frezzato - Editions Mosquito

14 février 2012 1 commentaire
  • Il est une constante dans l’histoire des exigeantes éditions Mosquito : celle de peu éditer, mais de bien éditer. L’ouvrage « Memories of Sand » de l’italien Massimiliano (Max) Frezzato n’échappe pas à ce signe distinctif du moustique isérois.

Essentiellement connu pour son ambitieuse série Les gardiens du Maser, Massimiliano « Max » Frezzato poursuit son bonhomme de chemin aux antipodes de la science-fiction et de la Fantasy qui firent pourtant sa renommée.

Et quel bonhomme de chemin !, ponctué de participations (aussi diverses que les genres auxquels s’attache l’artiste transalpin) aux sommaires de revues internationales telles que les espagnoles El Vibora, Humor a Tope et Selen, les américaines Nightcrawler et Wolverine chez Marvel, Heavy Metal magazine ou encore l’italienne Ganesh. Bien que Max Frezzato bénéficie d’une jolie reconnaissance de la part de ses compatriotes depuis le festival de Lucca Comics & Games en 2010 (il en réalisa d’ailleurs l’affiche), il illustre néanmoins –et à son corps défendant- l’adage populaire selon lequel « nul n’est prophète en son pays » ; c’est en effet sur le marché français qu’il connait le plus grand succès et qu’il fait le bonheur des festivaliers.

Memories of Sand est un recueil constitué de quatre récits au long desquels ondule un fil rouge thématique : l’amour. Quatre scénettes comme autant de portraits de l’artiste en « désirs ». Quatre petits contes décalés, mus par la folie douce et le désarroi afférents à la violence sous-jacente de la fête des sens ; le désarroi et la violence de la petite mort et de l’amour, quand ce dernier exprime ses solitudes, ses silences, ses séparations, ses réconciliations, son érotisme, son éternel recommencement… et par là même, son ironie. La même ironie sourde qui traverse toute les créations de Frezzato.

Si la dernière de ces histoires, Le Petit Cochon, a précédemment paru en juin 1998 dans la revue Ganesh, les autres, inédites, furent réalisées entre les mois d’août et septembre 2011 et connaissent, ici, leur première publication.

Memories of Sand - Par Max Frezzato - Editions Mosquito

Selon le récit (La Rose, La Clef, ou Le Parapluie), le dessin de Frezzato oscille entre les références, allant de l’estampe japonaise (l’image page 25 est familière de l’estampe Pin sous la pluie sur la colline de Kinokuni-zaka de l’artiste japonais Shiro Kasamatsu -on peut aussi y déceler une de ces « rimes d’images » chères à Huibrecht Van Opstal) à l’utilisation d’une matière proche de mouvements artistiques classiques comme l’impressionnisme ou l’expressionnisme, jusqu’au psychédélisme ; tous, acquis et références culturelles pleinement compris et assimilés, procurant à la manière de Frezzato une touche personnelle fondamentale, et désormais inimitable.

En s’offrant au lecteur comme une parenthèse acidulée, sans prétention narrative ni effet de style pétaradant, mais au picotement léger et doucement proustien, Memories of Sand inscrit –l’air de rien- les créations de Max Frezzato au menu des nécessités épicuriennes.

(par AVELINE, Franck)

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1 Message :
  • Un des plus grands dessinateurs/auteur de sa génération !
    Et Mosquito une des maisons d’édition les plus prestigieuses !
    Au passage on ne parle pas beaucoup des auteurs croates, serbes et autres dans actua bd alors qu’ils font des choses très actuelles et ancrées dans la réalité , l’actualité , même si les pays de l’Est ne sont pas ma tasse de thé , leur auteurs sont talentueux ! TBC , Zezelj ,etc...

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