Mesrine l’évasion impossible - Par Chabane & Knobelspiess - Casterman

17 octobre 2008 4 commentaires
  • Un témoignage à décharge scénarisé par Roger Knobelspiess, grand dénonciateur des quartiers de haute sécurité dans les prisons. Une valeur plus documentaire qu'artistique.

Attention au déferlement médiatique autour de l’ex-ennemi public N°1 : pas moins de huit livres doivent sortir dans les prochaines semaines, sans oublier les deux volets du film de Jean-François Richet avec Vincent Cassel en Mesrine criant d’authenticité.

Pas en reste, le 9ème art livre avec l’évasion impossible, un récit signé Knobelspiess, grand ami de Mesrine, narrant l’évasion du gangster de la prison de Fresnes.

Pour le scénariste, seule compte la condition carcérale et les circonstances rocambolesques de l’évasion. Rien sur le passé, sur les méfaits de Mesrine. D’où un certain embarras pour le lecteur, réduit à admirer les exploits de ce condamné qui a fait trembler la France pendant des années. Charmeur, bon vivant, pas avare de panache et toujours provocateur, ce bandit-là a tout d’un héros.
Certaines scènes, extrêmement bien documentées, apportent un éclairage saisissant sur les conditions de l’escapade de Mesrine, mais l’ensemble dresse un portrait trop partial pour ne pas faire tiquer le lecteur.

Mis en image par un Chabane très à l’aise avec ces décors de 1977, l’album possède un dynamisme notable.
Un bilan mitigé mais un témoignage sans aucun doute sincère et inédit. Mesrine l'évasion impossible - Par Chabane & Knobelspiess - Casterman

(par David TAUGIS)

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4 Messages :
  • Pourquoi vouloir faire de ce type qui était une ordure sans foi ni loi, un héros ? De films, de BD, pourquoi pas un modèle pour la jeunesse aussi !

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    • Répondu par Icecool le 17 octobre 2008 à  08:04 :

      Sans idéaliser le personnage, il me semble que non seulement il avait justement un code de l’honneur, a dénoncé l’inhumanité des QHS, et a "déjà" été "sacralisé" par quantité d’artistes. Sa fin aura contribué à en faire un "mythe", à l’instar d’un Cartouche, d’un Mandrin ou d’un Spaggiari, toutes mesures gardées... Et on peut comprendre l’indignation, à l’écart du battement médiatique actuel !

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      • Répondu le 18 octobre 2008 à  11:32 :

        dans le film qui va sortir Mesrine n’est pas montré comme un héros mais comme un gangster près à tout. Dans la BD non plus il n’est pas véritablement montré en héros. On a le droit d’en parler au moins ?

        et sinon, non Mesrine n’avait pas de véritable code d’honneur. Et c’était un mythomane (son livre "L’instinct de Mort" comporte un nombre invraissemblable d’inventions - sa soit-disante "guerre" en Italie, son poste dans la guerre d’Algérie, sa mission en Espagne, sa "vingtaine" de cadavres à son retour en France...). Bref, un type charismatique et très courageux mais, parait-il, narcissique, imbu de lui-même, égoïste, ne supportant pas qu’on lui désobéisse (comme lors du braquage d’un cercle de jeux où Mesrine met un coup de couteau à un client qui refusait de s’agenouiller alors qu’il ne mettait pas une seule seconde le braquage en péril)

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        • Répondu par benoit le 21 octobre 2008 à  09:21 :

          j’ai pas encore vu le film, mais cette BD est vraiment bien. J’avais trouvé "voleur de poules" intéressant, mais là c’est encore mieux.

          Voir en ligne : http://www.hop-blog.fr/

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