Metal Gear Solid - Tome 2 - Kris Oprisko & Ashley Wood - Soleil

25 mars 2006 0 commentaire
  • L'adaptation camouflée du jeu vidéo d'infiltration de Konami. Une mission semi-réussie. Le légendaire Solid Snake est envoyé en mission en Alaska pour neutraliser un groupe de terroristes s'étant emparé du tank nucléaire Metal Gear.

Le jeu de Konami était une mission d’infiltration. Snake devait méthodiquement éliminer un par un les membres du groupe terroriste ; il y avait Revolver Ocelot le pistolero russe, Psycho Mantis le télépathe, le chaman
géant Vulcan Raven, la tireuse d’élite sexy Sniper Wolf, et enfin, Liquid Snake, le super vilain partageant étrangement le patronyme du héros (hommage au passage au personnage emblématique campé par Kurt Russell dans « Escape from New York » de John Carpenter).

Reprenant le graphisme officiel des packagings accompagnant le jeu (pochettes de CD, illustrations, guides stratégiques), la bande dessinée tire sa force de son visuel singulier. Malgré l’absence de l’illustrateur
officiel du jeu Yoji Shinkawa sur ce projet, le dessin d’Ashley Wood est, en effet, loin de démériter. Son style fait penser à ces croquis préparatoires rapidement exécutés, et s’il n’a pas la finesse quasi féminine de celui de Shinkawa, son dessin n’en est pas moins impressionnant. Des traces épaisses formées par des brosses, des traits extrêmement expressifs, et des couches de beige, gris et bruns formant des strates ne laissant pas
de place au vide, donnent des scènes très stylisées, à la limite parfois de la compréhension. De la BD camouflée en quelque sorte.

Cependant, le lecteur n’ayant pas goûté au jeu sera perdu, au mieux ignorera-t-il les rebondissements et astuces scénaristiques communs à l’univers vidéo-ludique, mais totalement incongrus dans une BD. En effet, il est communément accepté que le personnage incarné par le joueur puisse tomber sur une salle remplie de munitions, mines, ou fusils d’assaut à ramasser, seulement visibles pour le joueur, et servant uniquement à l’aider dans sa partie. Dans la BD, cela ne passe pas, et tombe comme un cheveu sur la soupe.

De plus, le jeu fut pensé par un auteur, Hideo Kojima, qui n’a cessé de remettre en question les notions d’immersion, d’implication, et d’avatar. Le déroulement de son jeu faisait alterner de longues périodes de cinématiques
(passages contemplatifs où le joueur est passif) et des séquences en interactivité totale (les personnages contrôlés par la console ne s’adressent pas à l’avatar, mais au joueur tenant sa manette). Une narration très intéressante vis-à-vis de laquelle les auteurs de la BD sont passés complètement à côté. L’interactivité est par définition réduite, mais un lecteur n’est pas passif non plus !

Au final, une série d’ouvrages qui brillent par leur graphisme étonnant mais s’adressent avant tout aux joueurs voulant retrouver Snake dans des situations dont ils l’ont déjà dépatouillé auparavant sur Playstation.

(par Thomas Berthelon)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

D’après le jeu « Metal Gear Solid » de Konami (sorti sur Playstation).

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