Meto T1 - Par Lylian et Nesmo - Glénat

25 juin 2018 0 commentaire
  • 64 garçons, enfermés dans une maison aux règles strictes, sans souvenirs du passé et sans guère de perspectives d'avenir. Et dont les plus âgés disparaissent, remplacés par de plus jeunes, à qui il faut transmettre le fonctionnement du lieu en attendant d'être retiré du groupe à son tour. À mi-chemin entre milieu carcéral et univers kafkaïen, une adaptation réussie d'une saga jeunesse des années 2000.

Compter 50 secondes entre chaque bouchée lors des repas. Border serré son lit, fragile caisson de bois, au risque de le faire craquer et de disparaitre le lendemain. Ne pas se battre, ne pas poser de question, ne pas formuler de demande, sous peine de brimades collectives ou de sanctions potentiellement mortelles. Voilà le quotidien de Méto et de ses camarades aux noms romains - Crassus, Marcus ou encore Claudius - au sein de la Maison.

Meto T1 - Par Lylian et Nesmo - Glénat
Méto © Glénat

Une vie où tous les jours se ressemblent, où l’éducation s’apparente à un endoctrinement paradoxal, car dépourvu de contenu idéologique, machine fonctionnant pour elle-même et dont le but demeure impensable et impensé. Sauf pour notre héros, que ses questionnements poussent à vouloir comprendre la logique du lieu et à chercher une issue avant que ne vienne son tour d’être soustrait au groupe. Pour aller où, et devenir quoi ?

Adaptation d’une saga jeunesse de Yves Grevet, dont les trois volumes parurent à la fin des années 2000, la version en bande dessinée de Méto - trois volumes annoncés également - installe parfaitement l’atmosphère oppressante du lieu imaginé. Dans une parenté avec d’autres dystopies à succès de ces dernières années - Le Labyrinthe, Hunger Games, Divergente - Méto met en scène une société fascisante dont les enfants et adolescents sont les premières victimes, si ce n’est l’objet d’expérimentations.

S’y ajoute une dimension de huis-clos particulièrement bien ménagée, un espace glaçant, aussi clinique que mécanique, et un imaginaire scolaire empruntant aux grandes public schools anglaises où divertissement et distraction n’ont aucune place. Comme l’explique Méto au jeune Crassus dont il a la charge : ici, nul ne verra jamais des enfants gentiment chahuter ou se courir après.

Une impression renforcée par le dessin de Nesmo : certaines perspectives adoptées entrainent une déformation arrondies des scènes décrites à la manière d’un grand angle écrasé par l’exiguïté des espaces. Étouffante, la Maison l’est à bien des égards. Et c’est logiquement à un grand bol d’air frais qu’aspirent nos héros qui devront, par eux-même, conquérir leur liberté et leur avenir dans la suite d’une bande dessinée d’ores et déjà réussie et séduisante.

Méto © Glénat

(par Aurélien Pigeat)

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Meto T1 : "La Maison". Par Lylian (scénario) et Nesmo (dessin). Couleur Christian Lerolle. D’après l’oeuvre de Yves Grevet. Glénat, collection Log-In. Sortie le 6 juin 2018. 80 pages. 16,90 euros.

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