Michel Faure : « J’ai vécu les ambiances que je dessine dans Samsara »

10 février 2009 0
  • {{Michel Faure}} vient de publier le dernier tome d’un diptyque, {Samsara}, mettant en scène une jeune Anglaise militante. Elizabeth Griffith quitte son pays pour la jungle indienne, à la recherche du trésor d’un Sultan. Michel Faure a passé le cap de la couleur directe pour dessiner ce récit d’aventure, scénarisé par {{Frank Giroud}}, et représenter la forêt vierge, un univers qu’il maîtrise à la perfection.

Vous avez dessiné le neuvième album du Décalogue. Pourquoi avez-vous souhaité continuer votre collaboration avec Frank Giroud sur Secrets – Samsara ?

Frank Giroud m’offrait la possibilité de m’exprimer en couleur. Je l’avais déjà fait auparavant, mais avec beaucoup plus de difficulté. Et puis, les caractères des personnages inventés par Frank me plaisaient : Ils ont souvent une personnalité bien trempée, même s’ils restent british dans cette histoire. Cela ne les empêche pas de déraper car ils sont confrontés à une épreuve trop éprouvante. L’hostilité de la jungle indienne est grande. Les moustiques sont harcelants. Les personnages souffrent de ces difficultés. Je sais ce qu’ils vivent. J’ai vécu de pareilles ambiances lorsque je sillonnais Madagascar de long en large, à cheval, à pied ou en moto. Je me régale donc en dessinant les cavalcades, inventées par Frank, entre les fougères géantes et les troncs de bananier.
Les nœuds sentimentaux de la comédie dramatique que nous conte Frank sont également intéressants, presque à la croisée de Jim la Jungle et des récits de Molière.

Michel Faure : « J'ai vécu les ambiances que je dessine dans Samsara »Vous êtes également peintre. Vous avez dessiné des histoires où le genre pictural constitue l’élément clef de l’histoire (Elsa, le Maître de Peinture) et vous avez réalisé de nombreuses couvertures en couleur directe. Samsara est l’aboutissement de ces essais ?

J’avais déjà réalisé L’île au trésor avec François Corteggiani et notre ami Stevenson. L’encrage ne me suffisait plus. Je voulais retrouver un plaisir à mettre en image une histoire. La couleur directe est une technique plus complète, presque plus facile, et offre une plus grande diversité narrative…

Les couvertures du troisième cycle de Balade Au Bout du Monde ont été réalisées avec quelle technique ?

De l’acrylique ! Sinon, je travaille avec l’écoline, l’aquarelle et la gouache pour donner un peu de matière à la planche. Les éditions Dupuis m’ont offert un beau cadeau sur Samsara : j’ai enfin eu la possibilité de retoucher les tonalités de mes pages grâce à l’outil informatique. Je me suis rendu à Marcinelle pour retravailler les couleurs avec un graphiste. C’était la première fois qu’on me le proposait. L’outil informatique permet de mettre un rose clair délicat sur un vert émeraude dégueulasse. Même avec un gros acrylique plâtreux, on ne réussirait pas à rogner ce vert avec la technique traditionnelle. On touchait à la magie pure !

Vous avez travaillé avec Makyo et François Corteggiani. Qu’est-ce qui caractérise le travail de Frank Giroud par rapport à ces derniers ?

Une exigence par rapport à lui-même qu’il arrive à transmettre à ses dessinateurs. C’est un homme rigoureux, dont l’imaginaire déborde. Frank est un conteur qui a un grand plaisir à raconter ses histoires.

Extrait du T2 de Samsara
(c) Faure, Giroud et Dupuis

Vous multipliez les collaborations et les séries développées en cycle court. Vous n’êtes pas l’homme d’une série apparemment …

Impossible ! Je dois me distraire en travaillant, sinon cela deviendrait un labeur et une contrainte. Je serais incapable de travailler en étant coincé, à devoir dessiner un scénario bancal pour respecter un contrat.

Vous avez soif de liberté ?

Non. C’est une volonté d’avoir la meilleure inspiration possible.

Vous avez terminé le dernier album de Poupée d’Ivoire de Franz. Pourquoi avoir accepté un tel défi ?

Par amitié pour lui. Nous avions beaucoup de goûts en commun. Je l’ai connu sur le tard, car nous avons tous les deux bourlingués loin de la France pendant des années.

Quels sont vos projets ?

J’aimerai dessiner un manga, un truc en vingt-sept volumes qui paraissent tous les mois. Et aussi, un jour, illustrer un récit mythologique !

Extrait du T2 de Samsara
(c) Faure, Giroud et Dupuis

(par Nicolas Anspach)

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Lire les chroniques de :
- Secrets, Samsara T1
- Le Maître de peinture T3 et T2

Lire 10 pages de Samsara T2 et une interview de Frank Giroud

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Photo (c) Nicolas Anspach

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