Mike Carey présente Hellblazer T.3 - Par Mike Carey - Leonardo Manco & Collectif - Urban Comics

14 mai 2019 0 commentaire
  • Mike Carey exploite son héros tourmenté jusqu'aux confins de l’enfer. Une troisième brique qui clôt de manière spectaculaire le périple de Constantine face à ses ennemis, ses amis, mais surtout face à lui-même ! Un véritable bijou indispensable à tous les aficionados du genre.

Afin de sauver l’âme de sa sœur, John Constantine devra pénétrer au tréfonds des Enfers et affronter des hordes d’ennemis, mais également se confronter à d’anciens amis plutôt rancuniers. Un voyage des plus risqués pour lequel il sera accompagné par un de ses anciens adversaires : le démon Nergal.

Commence dès lors un véritable voyage au cœur même des ténèbres, où chaque recoin peut être synonyme de danger imminent. Après avoir affronté des esprits sataniques, les véritables ennuis débutent pour Constantine lorsqu’il se retrouve à affronter son double.

L’unique option pour Constantine : s’associer en fusionnant avec le démon Nergal, une union de dernier recours... Ses pouvoirs destructeurs se voient considérablement amplifiés, mais ce pacte entraîne également notre héros dans une lente descente vers la violence.

Mike Carey reprend les ingrédients du style tout en y posant sa patte personnelle, et cela, chapitre après chapitre. C’était déjà le cas pour les deux tomes précédents avec un déluge de rebondissements et de dialogues dignes des meilleurs polars sur l’occultisme. Ce troisième opus ne déroge pas à la règle et parvient même à surclasser l’ambiance noirâtre de ses prédécesseurs. Une véritable démonstration de style.

L’enfer y est décrit comme on se l’imagine, avec son lot de démons ténébreux et autres créatures fantasmagoriques. Mais le monde des mortels y contribue également. C’est d’ailleurs la symbiose de ces deux éléments qui permet de savourer pleinement chaque détail. Certes, John Constantine joue un rôle prédominant dans le cheminement de ce récit, mais les éléments secondaires, qu’ils soient vivants, démoniaques ou spirituels impressionnent également.

Une trame d’ailleurs sublimée par une qualité graphique alléchante. Leonardo Manco occupe une place prépondérante en dessinant les deux tiers de ce recueil. Il clôt en cavalier seul les chapitres : « La descente aux Enfers », ainsi que le récit en fin de volume « Toutes ses machines », dont un film d’animation a été tiré en 2018 : Constantine - City of Demons. L’artiste dépeint tout du long, avec style, la décrépitude et le chaos qui règnent aux Enfers. Le résultat est juste bluffant, le lecteur se laissant totalement immerger dans ce tourbillon apocalyptique.

Malheureusement, on ne peut pas en dire autant des deux artistes que sont John Paul Leon & Frazer Irving, à mille lieux du talent de Leonardo Manco. C’est bien simple : on se questionne quant à l’intérêt de leur intervention sur cette œuvre. Fort heureusement, ils ne travaillent que sur deux chapitres et cela suffit ! Ils proposent un traitement déstructuré, à la limite de l’indigeste.

Tout le long de ces trois intégrales, comprenant au total plus de 1200 pages, Mike Carey nous a tenu en haleine, notamment par ses protagonistes atypiques et leurs répliques efficaces. Indéniablement, une œuvre culte.

Mike Carey présente Hellblazer T.3 - Par Mike Carey - Leonardo Manco & Collectif - Urban Comics
©Leonardo Manco / Urban Comics
Sur un pont jonché d’âmes en mouvements, Constantine commence son long périple aux enfers.

(par Marc Vandermeer)

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