Mirador, tête de mort - Par David Cenou - La Boîte à Bulles

25 mai 2013 6 commentaires
  • Témoignage rare d'une jeunesse néo-nazie en BD, ce premier album a valeur de document. Parfaitement renseigné et fourmillant de références précises, il permet de cerner la réalité de la droite à l'extrême de l'extrême.

Militant politique, Samuel ? Même pas. Trainant son malaise, sa solitude et ses complexes dans des groupes violents, il passe le temps en tentant d’effrayer les braves gens, et si possible les Arabes et les Noirs. D’autant que sa petite bande de néo-nazis s’agite dans de minuscules périmètres ou l’adversaire est rarement supérieur en nombre. Musicien confidentiel, Sam joue évidemment du "rock identitaire", et boit sans modération.

À force de chercher le coup d’éclat, cette provocation qui lui rapporte un misérable galon dans la hiérarchie fasciste, il se trouve mêlé à une affaire de meurtre. Prison, rejet de la famille. La descente aux enfer commence...

C’est bien sa propre jeunesse que décrit David Cenou, qui, de retour de l’armée, a rejoint le mouvement skinhead bordelais. Les partis mentionnés, les noms de groupes, l’organisation, les infiltrations au FN et dans les manifs, tout cela sonne juste.

Un petit bémol tout de même : le dessin, qui se cantonne à une esthétique fanzine, et les voix-off présentées en narratifs un peu trop élégants au regard du personnage qui s’exprime, un oisif peu lettré et sans finesse.

Si la France n’est pas le pays le plus inquiétant en matière de racisme militant [1], un tel travail aiguille la vigilance citoyenne, et tout en dressant un portrait pathétique de ces groupuscules, prouve à quel point ils sont manipulables et au bout du compte, désespérés. Mirador, tête de mort - Par David Cenou - La Boîte à Bulles

(par David TAUGIS)

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[1voir les situations autrement plus alarmantes en Allemagne, dans les pays de l’est en général, sans parler des États-Unis

 
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6 Messages :
  • Mirador, tête de mort - Par David Cenou - La Boîte à Bulles
    25 mai 2013 13:51, par Jean-Paul Jennequin

    Je n’ai pas bien compris un point de cette chronique : "le dessin, qui se cantonne à une esthétique fanzine". Qu’est-ce que cela signifie, une "esthétique fanzine" ?

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    • Répondu le 25 mai 2013 à  21:30 :

      Une esthétique fanzine c’est un dessin semi-amateur qui ressemble à ce qu’on a déja vu ailleurs.

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      • Répondu le 26 mai 2013 à  00:07 :

        Parfois il y a des dessins d’amateurs que l’on a jamais vu ailleurs ou certains de pro mille fois vus et ce n’est pas forcément bon signe non plus (bien que j’ai une petite affection pour les premiers).

        Mais si ces dessins sont là pour un sujet...

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    • Répondu par Simon le 25 mai 2013 à  23:31 :

      Les dessinateurs de fanzines sont en général jeunes, passionnés et peu doués (même si la crême (2 à 5% ?) parviendra à s’extraire de la masse). Influences notables, maladresse semi-générale, on dessine avec ce que l’on peut (les pieds ou la bouche ?). Il y eut de bons fanzines dans les années 70 ou 80, mais le genre semble avoir disparu. En fait, ils ont effectué une migration groupée vers le web (cela coute moins cher que d’ imprimer des journaux en photocopies, de plus cela permet d’avoir de nombreux lecteurs gratuits. Sans compter que les éditeurs pros les ont à l’oeil et y dénichent les auteurs les plus prometteurs ou "bankable". Cette définition vous sied ?

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      • Répondu par Jean-Paul Jennequin le 26 mai 2013 à  14:24 :

        Cette définition me siérait si elle émanait de David Taugis, l’auteur de l’article. La vôtre (qui n’engage que vous) met en avant l’amateurisme et la maladresse. Est-ce ce que David Taugis avait voulu dire par "esthétique fanzine" ou bien ce que vous, vous y lisez ?

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        • Répondu par Simon le 26 mai 2013 à  19:25 :

          Il me semble que les fanzines étaient surtout réalisés par des amateurs... mais il ne faut pas confondre avec les graphezines qui eux sont parfois superbes (mais aussi hélas, parfois dénués d’histoire. Et oui, il est difficile d’etre bon dans les deux domaines.). Maintenant, je ne suis pas David Taugis, j’ai juste voulu vous indiquer ce que cette expression pouvait signifier.

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