« Mister Miracle - La liberté ou la mort » de Jack Kirby (Vertige-Graphic)

25 juin 2003 7 commentaires
  • Publié pour la première fois en intégrale en France, ce « Mister Miracle » a tout d'une œuvre indispensable. D'abord parce qu'elle est signée Jack Kirby (et encrée par Vince Colletta), l'inventeur de la « grammaire du Comic-Book ». Pour ceux qui ne connaissent pas ce genre, on peut situer cet auteur dans le Panthéon de la BD entre Hergé, le pape de la Ligne Claire, et Osamu Tezuka, le « Dieu des Mangas ». C'est dire !

Ensuite parce que le thème - les aventures d’un évasionniste, Scott Free, sans cesse en train d’échapper à la mort- est une référence mythique pour de nombreux lecteurs puisque le dessinateur de BD Paul Pope (dans « Escapo »), comme le Prix Pultizer Michael Chabon ( dans son roman paru en France chez Laffont : « Les extraordinaires aventures de Kavalier et Clay ») y font expressément référence. Un autre romancier, français celui-là, Martin Winckler, auteur de la préface de l’album, ne dit pas autre chose quand, comparant Scott Free à un Houdini futuriste, il ajoute : « Jack Kirby n’a pas échappé à la mort, mais son néo-univers est entré en expansion au point de faire partie intégrante aujourd’hui -et, probablement pour toujours- de la galaxie D.C. Quant à Mister Miracle, il continue à nous servir d’exemple en déjouant les pièges qu’on lui tend, et comme tout être humain, à lutter inlassablement pour se libérer de ses chaînes ». L’humanisme partout présent dans les histoires de Kirby rappelle opportunément, en ces temps simplificateurs, que c’est cela aussi la culture américaine.

Petite anecdote amusante : cet album faisant partie de la période de maturité de Kirby (ce sont ses dernières œuvres), ces histoires avaient été publiées chez D.C. le grand rival de l’éditeur Marvel pour lequel Kirby a créé ses plus célèbres personnages (X-Men, Fantastic Four, Hulk...). Viré comme un malpropre, obligé de faire un procès pour récupérer ses originaux, Kirby se venge dans cet album en représentant Roy Thomas et Stan Lee. Il montre notamment le chairman de la « Maison des idées » en train d’ajuster sa moumoute (il en a une assurément), moquant en filigrane un « scénariste » attaché aux apparences et expert en mystifications en tout genre.

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(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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7 Messages :
  • Desole, mais Mister Miracle est loin d’etre la derniere oeuvre de Kirby puisqu’il a travaille encore dix ans apres ca (The Demon, Kamandi, 2001, Captain America, Silver Star, Captain Victory et j’en passe).

    Ce volume est tres bien sauf que la traduction en francais est consternante (desole Patrick, rien de personnel). "Cravachina" ???????

    Achetez-le en V.O. surtout que la suite, Jimmy Olsen, sort aux U.S. en ce moment.

    JC

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    • Répondu par Didier Pasamonik le 8 juillet 2003 à  15:10 :

      J’avais mis le propos au pluriel et je maintiens : ce sont les dernières oeuvres de Kirby.

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      • Répondu par Batmandk001 le 27 juillet 2003 à  00:56 :

        Je ne sais pas si l’on peut vraiment parler de maturité de Kirby. Il vaudrait mieux parler ici de libre expression pour créer - seul - ce que bon lui semblait (New Gods, Forever People). Ce qui est somme toute fort différent.

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        • Répondu par Didier Pasamonik le 27 juillet 2003 à  15:21 :

          Faudrait pas l’infantiliser le brave Kirby. Stan Lee a beau mettre sa griffe, il ne fait pas tout, loin de là ! C’est bien au génie de Kirby que l’on doit le caractère unique des Fantastic Four et des X-Men, par exemple. Du point de vue du dessin, c’est bien un artiste accompli qui arrive chez DC, avec une réputation et un savoir-faire reconnus, et c’est pourquoi on lui donne sa liberté, enfin tant que ça marche... Maturité, cela veut dire débarrassé des naïvetés des débuts et en pleine possession de ses moyens. C’est le cas. Il l’avait déjà acquise à l’époque de Marvel. Disputez-moi si vous voulez mais ce point ne me semble pas contestable.

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      • Répondu par Emmanuel Pehau le 2 octobre 2003 à  16:40 :

        C’est là tout le problème : avez-vous le droit de mettre ce terme au pluriel ? Une chose est certaine : ce n’est pas la dernière période de la carrière de Jack (ensuite, il est retourné à Marvel, puis dans l’animation), ni même la dernière de son travail (entre les "New Gods" et "2001", il y a un monde, de même, mais à des titres différents, qu’entre "The Demon" et "Spirit World"). D’ailleurs, tout essai de périodisation me paraît, à partir de 1970, bien périlleux:il sort "in the days of the Mob" en même temps que "New Gods", ne cesse pas de réécrire "The Horde", etc. Non, décidément, "les dernières oeuvres", c’est vraiment trop flou.

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    • Répondu par Emmanuel Pehau le 2 octobre 2003 à  16:23 :

      "Cravashina", c’est pas si mal pour un personnage qui est peut-être une allégorie du désir sexuel. Tu as peut-être une meilleure idée ?... Par contre, "Mamie Gâteau", ça, j’en suis sûr, c’est insurpassable.

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      • Répondu le 29 novembre 2003 à  10:27 :

        Passé tous ces blabla, j’adore Mister Miracle - A quand une autre compile de ses aventures ?

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