Momo le coursier - Margerin - Albin Michel

16 janvier 2003 0
  • La bande dessinée d'humour aime les petits métiers: garagiste, génie, fossoyeur, prof... Ca balise la voie pour l'inspiration. Margerin, lui, s'était plutôt attelé à dessiner la faune des motards, dont il faisait lui-même partie. Il ne quitte pas son terrain de prédilection, mais s'attache cette fois à décrire la vie d'un des véritables héros des villes modernes: le coursier.

"Au quotidien, je suis moi-même coursier", explique Margerin, " et j’ai tout de suite vu les situations dans lesquelles je pouvais plonger Momo. A l’époque où les portables n’existaient pas, les coursiers entraient dans mon atelier pour me demander de passer un coup de fil à leur boîte. lls tombaient sur mes Triumph, mes motos de collection, et ça nous donnait l’occasion de discuter un peu le coup. Ce snt des mecs vraiment très attachants. Comme le Poney-Express au temps des cow-boys, ils sont tout le temps sur la route, par tous les temps.
Momo le coursier - Margerin - Albin Michel
"Je suis pour le changement dans la continuité ! Je ne serai jamais capable de dessiner de beaux paysages, des filles sublimes et des héros musclés. Ca n’est pas moi. J’annonce la couleur : avec Momo le coursier, les lecteurs vont retrouver ce qu’ils aimaient déjà dans Lucien. Ils vont retrouver du Margerin. Avec Momo, j’ai renoué avec la pré-publication dans un mensuel, l’Echo des Savanes. Il y avait des délais à tenir, une certaine forme de discipline et de régularité. Cette mini-pression m’a fait énormément de bien. Le fait de publier dans la presse m’a aussi incité à coller un peu plus à l’actualité, qu’elle soit drôle ou pas.

"J’ai beaucoup de respect et d’affection pour ces mecs qui font un métier dangereux. Dans la vraie vie, les histoires de coursiers se finissent souvent à l’hôpital. C’est pour ça que Momo est un type prudent, qui ne joue pas avec sa vie ni celle des autres. Je rigole avec ça, mais j’essaie aussi de montrer que c’est un boulot à risques."

(Propos recueillis par Fabrice Argelas)


Les Editions Albin Michel rééditent par la même occasion l’hilarant "Y’a plus de jeunesse", regroupant une série de récits complets, qui était paru en 1989. Foncez sur ces deux titres !

(par Patrick Albray)

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L’édition conjointe de ce nouvel album avec "Y’a plus de jeunesse" permet de noter la constance dans le graphisme et l’inspiration de Margerin. Comme le père de Lucien le dit lui-même, "les lecteurs vont retrouver du Margerin". Du Margerin pareil à lui-même, pas forcément le plus fin dessinateur de sa génération, mais certainement l’un des plus drôles, à la fois par son sens de l’observation, qui parvient à trouver des sources de gags dans tous les événements de la vie courante, par les gueules impayables de ses personnages, tellement vrais (particulièrement les Français moyens d’âge tout aussi moyen), et par son sens du burlesque. Chacune de ses cases est une petite merveille de composition, truffée de petits détails hilarants un peu partout. Une fois les livres terminés et vos muscles zygomatiques reposés, relisez-les et ne regardez que les arrières-plans : vos ils repartiront pour une nouvelle phase de musculation.

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