Mon père, ce poivrot - Par Stéphane Louis - Editions Bamboo

16 février 2019 2
  • « Nous ne sommes pas que nos faiblesses. Nous sommes ce que nous essayons d'en faire » C’est avec cette maxime que les éditions Bamboo résument cette histoire qualifiée par son auteur de « fictiographie ».

Le profil de Lucien Basset correspond parfaitement aux clichés attachés aux alcooliques : il est solitaire, victime d’enfance fracassée, abandonné de sa femme, séparé de son unique fils, pilier de bistrot... Le vieil homme se traîne lamentablement de petits bars en troquets minables. Derrière une convivialité de façade se cache bien souvent une grande misère sociale.

Et puis, un soir, sans trop savoir pourquoi, le voilà qui décide d’arrêter de boire et de prendre la route. « - Il a rendez-vous avec quelqu’un pour lui sauver la vie ! » Voilà donc le sexagénaire usé par l’alcool et l’âge parti à la rencontre d’une femme et d’un fils qui ont suivi leur propre voie. Les retrouvailles ne se feront ni dans la joie, ni dans la bienveillance, du moins au début ! La réconciliation interviendra en conclusion d’une chronique aux allures d’un road trip branché sur éthylotest.

 Mon père, ce poivrot - Par Stéphane Louis - Editions Bamboo

Aborder ce sujet n’est certes pas une entreprise facile et exige de son auteur, dont c’est la première publication chez Grand Angle, beaucoup de tact et de bienveillance pour éviter le pathos et les clichés.

À l’image de la société, la BD a longtemps usé de préjugés liés à l’alcoolisme, pas toujours avec délicatesse ou subtilité. Dans une courte préface, l’auteur affiche très nettement sa volonté de réhabiliter, sinon revisiter, l’itinéraire de ce père perdu, sans oublier de dénoncer les ravages de l’alcoolisme et ses conséquences familiales et sociales.

En dépit de quelques facilités dans la narration, la démarche de Stéphane Louis témoigne d’un engagement sincère et presque militant. Avec son balacement perceptible entre bonne intention et pathos, cet album ne peut que susciter la sympathie etl’ adhésion. Par son graphisme d’inspiration manga et le traitement des personnages, il a des arguments pouri séduire un large public. C’est le but que s’est fixé son auteur.

(par Patrice Gentilhomme)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Commander cet album:

BDFugue FNAC Amazon

 
Participez à la discussion
2 Messages :
  • son auteur, dont c’est la première publication chez Grand Angle

    Stéphane Louis y à déjà publié L’amour est une haine comme les autres, un excellent ouvrage.

    Vous oubliez de parler de la dessinatrice Véra Daviet.

    Répondre à ce message

    • Répondu par Patrice Gentilhomme le 21 février 2019 à  16:43 :

      Vous avez raison, Stéphane Louis a en effet déjà publié chez Bamboo et notamment Martin bonheur (scénario de J. Felix) et plus récemment Road Thérapy (dessins de Marty). Don’t acte !
      Concernant Vera Daviet, elle n’est créditée sur l’album que pour la mise en couleurs, non ?

      Répondre à ce message