Monkey Bizness T1 & 2 - Par Pozla et Eldiablo - Ankama Editions

4 juillet 2013 1 commentaire
  • Le croisement jouissif entre la Planète des Singes et les films de gangsters de Guy Ritchie, par l'auteur des "Lascars". Bestial, couillu, mais surtout irrésistible.

Le puissant Hammerfist, et son pote le teigneux Jack Mandrill sont deux loubards vivant dans un mobile home, si respectés que la pègre les laisse en paix. Comme tout bad boy qui se respecte, ils sont accros aux substances hallucinogènes, tabassent des gangs adverses, vont aux putes et font quelques haltes à la case prison.

Sauf que les deux loustics sont un gorille et un chimpanzée, que leur fief divisé par des gangs se nomme Los Animales, et que nous sommes en l’an 2425, des années après l’auto-destruction nucléaire des humains.

D’ailleurs, les derniers crétins descendants de notre race des sans-poils vivent en marge, dans la forêt. Pile poil le moment que choisit l’astronaute Ramos pour revenir de son voyage sur Mars.

Alors que rien ne les prédisposait à se rencontrer, l’affrontement entre les deux espèces "intelligentes" va provoquer des étincelles. Attention aux peaux de bananes et malheur au vaincu.

Bienvenue dans une parodie simiesque et sous acide du fameux paradoxe temporel imaginé par Pierre Boulle dans sa Planète des Singes, immortalisée à l’écran par ce plan célèbre de Charlton Heston, à genoux devant les ruines de la statue de la Liberté, comprenant que la planète hostile gouvernée par les singes n’est autre que la Terre.

Monkey Bizness T1 & 2 - Par Pozla et Eldiablo - Ankama Editions
©Pozla/Ankama Editions

Sauf qu’ici, Ramos n’a rien d’un Charlton Heston, quoi que l’héritage paternel fascisant pourrait le rapprocher de l’engagement conservateur de l’acteur en faveur du port d’armes. Ici, ne fanfaronnons pas, l’humain est stupide, s’auto-estropions à la première chute venue. Après un flashback hilarant révélant le passé de cet énergumène, c’est surtout dans le tome 2 que l’espièglerie des auteurs va conférer aux sans-poils une occasion de briller, forcément pour le pire.

De leur côté, le duo de mercenaires primates poursuivent leur bonhomme de chemin, entre une enquête visant à démasquer le mystérieux tueur qui veut les atomiser, un embrigadement dans la secte du jambon doré qui laissera quelques séquelles corporelles, et un concours de drague absolument désopilant dont l’enjeu est une guenon motarde qui pourrait être leur mère !

Passées les premières planches où le lecteur doit s’acclimater avec le graphisme chargé du dessinateur Pozla (secondé par Miaw pour la colorisation), ces deux albums sont un véritable régal visuel. Le style hachuré, presque crade, colle au plus près des basques des singes et de certains morceaux d’anatomie de pachydermes, cochons, bien loin de préoccupations convenant aux bonnes mœurs.

©Pozla/Ankama Editions

Eldiablo, l’auteur des Lascars et de l’album Pizza Roadtrip, s’amuse à contourner les clichés liés à l’univers des caïds, et propose une sacrée galerie de crétins du banditisme. Ainsi, on pourra croiser un maire éléphant fumant le cigare, des tueurs à gages crocodiles, ou encore un hommard bodybuildé s’improvisant super justicier encapé.

On en redemande. Remettez une tournée et faites péter les cahuètes !

(par Thomas Berthelon)

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