Monster Club, T1 : Que le meilleur gagne et Dieu sauve la reine ! - Par Masbou & Leprévost - Delcourt

10 septembre 2013 4 commentaires
  • Deux groupes de chasseurs d'animaux "rares" se lancent un défi où tous les coups sont permis. Dense, très bien mené, fin et très drôle, cette nouveauté est un gros coup de cœur de la rentrée...

17 octobre 1878. Deux prestigieux clubs de cryptozoologie, l’un basé à Londres, l’autre à Baltimore, se disputent le titre extrêmement convoité de "Monster Club". Pour les départager, ils se proposent un duel aussi fou que risqué, un pari entre gentlemen : ramener une créature inconnue de la civilisation.

C’est ainsi que les deux clubs apprennent qu’un explorateur est revenu plus mort que vif d’une vallée qui cacherait des animaux des temps anciens. Il n’en faut pas plus pour que les deux groupes démarrent dans leurs drôles d’engins. Mais pris dans la passion de la course, tous les compétiteurs garderont-ils leur sang-froid et leur fair-play ? Se pourrait-il que d’autres partis tentent de sortir leur épingle du jeu ? La chasse est ouverte... Que le meilleur gagne !

Monster Club, T1 : Que le meilleur gagne et Dieu sauve la reine ! - Par Masbou & Leprévost - Delcourt
Un récit très rythmé, plein d’action et d’humour !

Concédons-le, ce n’est certes pas la première fois que le terrain de la cryptozoologie est abordée en bande dessinée. On pense entre autres à Russel Chase, Carthago et bien entendu Crypto. Il faut dire que cette "science des animaux dont l’existence ne peut être prouvée de manière irréfutable" a de quoi attiser l’imagination.

À sa manière, Monster Club enterre pourtant ces autres séries. En effet, plutôt que se concentrer uniquement sur la quête et les spécificités de ces animaux mystérieux et anciens, Monster Club joue sur la rivalité de ces hommes (et femmes) de la fin du XIXe siècle, et distille de l’humour à tout va !

Masbou, dessinateur des célèbres De Cape et de crocs réalise donc un superbe scénario, prenant le temps d’installer sa thématique et ses personnages dans les premières pages, avant de laisser la place à l’action et l’humour. Il faut dire que l’auteur n’en est pas à son galop d’essai, ayant déjà scénarisé les séries L’Ombre de l’échafaud et Empire céleste.

Mais il atteint sans doute son meilleur niveau avec Monster Club. Même avec ses 54 pages qui permettrait un découpage aéré, l’album est très dense, doté de nombreuses cases et dialogues, sans que le lecteur ne ressente à un quelconque moment un sentiment de saturation. Au contraire, passées les premières pages, on pénètre dans cet esprit d’action et d’humour léger mais omniprésent.

Cette dérision du monde de la fin du XIXe n’est d’ailleurs pas sans rappeler Baker Street, mais sans atteindre cet aspect cocasse où la narration cédait le pas aux gags. De plus, les passages des carnets de bords font respirer le récit, tout en introduisant de nouveaux éléments (voyages, nouveaux personnages, etc.)

Les extraits de carnet permettent au récit de respirer, tout en introduisant de nouveaux éléments.
Et l’humour, toujours !

Pour dessiner ce récit, Masbou s’est tourné vers son coloriste sur Empire Céleste. Dans l’esprit de la série, ce choix aventureux est concluant à tous points de vue, car le duo fonctionne remarquablement bien, et le dessin est d’une exceptionnelle qualité pour un premier album !

En résumé, Monster Club est à conseiller aux lecteurs désirant passer un excellent moment de lecture. L’album ne se lit effectivement pas rapidement, mais pas moyen d’en perdre une miette, car il se révèle aussi surprenant que drôle à chaque page.

Une merveille d’humour, de fantaisie et d’aventure !

(par Charles-Louis Detournay)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Commander ce livre chez Amazon ou à la FNAC

 
Participez à la discussion
4 Messages :