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Moréa, T. 8 : Le Temps de la fin - Par Latil & Libessart - Soleil

  • La riche, immortelle et rousse héritière de l'un des plus gros consortiums industriels en 2085 continue son combat contre les Anges, afin de libérer la Terre de leurs agissements. Les péripéties se multiplient dans une des séries SF de Soleil les plus réputées.

Si vous l’ignoriez, Moréa a été créée par Thierry Labrosse & Arleston, dans la foulée de leur précédente collaboration Big Hunters. La série a débuté en 2000 sur les chapeaux de roue, alors que cette jeune rousse dynamique se retrouve à la tête des plus gros consortiums de cette fin du XXIe siècle, en échappant de peu à un attentat qui visait les soixante membres de sa famille.

Moréa se retrouve au centre d’un combat qui oppose depuis des siècles deux races immortelles (ou presque) : les Anges et les Dragons. À travers les continents et les planètes, elle tente de tirer son épingle du jeu pour que les Dragons reprennent la main sur les Anges qui tentent d’asservir les humains [voir notre article Le grand retour de Moréa.]

Moréa, T. 8 : Le Temps de la fin - Par Latil & Libessart - Soleil
Clin d’oeil de Thierry Labrosse à sa première collaboration avec Arleston
Extrait de la première page de Moréa T5 - Par Arleston, Latil & Labrosse - Soleil

Dès le troisième tome, Arleston fait appel à son ami Dominique Latil, recréant ainsi le tandem de scénaristes de Mycroft Inquisitor. L’auteur-phare des éditions Soleil ne se sent pourtant pas toujours aussi à son aide dans ce monde futuriste, et après avoir co-lancé un second cycle dans le tome 6, il cède définitivement la place à son partenaire.

Côté dessinateur, le temps était également à la valse. Après avoir terminé le premier cycle de Moréa, Thierry Labrosse a décidé de se consacrer à sa propre série, Ab Irato dont il vient de publier le dernier tome. Il a donc cédé sa dynamique héroïne à Laurent Brissart qui lui a fait vivre des aventures endiablées depuis le tome 6.

Moréa, T8 : Le Temps de la fin - Par Latil & Libessart - Soleil

En définitive, le tandem de départ a progressivement laissé la place à de nouveaux auteurs, qui s’amusent tout autant avec Moréa. Depuis le tome 6, l’héritière a fort à faire ! Ce nouveau cycle a débuté tambour battant, avec une sérieuse menace pour sa race et les humains, les secrets de ses origines, ainsi que la perte d’un être cher !

Un peu plus lent, le tome 7 La Fureur des Anges avait introduit deux nouveaux personnages : une enquêtrice et un journaliste. Cela avait permis de complexifier le récit, cassant l’aspect dichotomique du combat Ange Vs Dragons, mais cela avait placé le lecteur face à de nouvelles questions. Le final haletant avait rassemblé les différentes sous-intrigues pour relancer le rythme..

Moréa, T8 : Le Temps de la fin - Par Latil & Libessart - Soleil

Ce nouveau tome 8 continue à brasser les différents éléments de la série, tout en maintenant le rythme et l’intrigue. Malgré quelques grosses ficelles, le lecteur profite pleinement de ce savant mélange d’aventure, d’action, de thriller et de science-fiction, grâce à de nouvelles surprises dispensées par des personnages dont on croyait pourtant avoir perçu toute la subtilité. Même si Dominique Latil ne dispose pas l’apparente simplicité d’Arleston pour introduire les séquences, les innovations perdurent, et les retournements de situation se multiplient, au prix de quelques invraisemblances cependant... La plus grosse déception reste cet exercice apparemment obligatoire qui consiste à placer son lot de pages où Moréa doit être nue. Cela frise le ridicule !

Côté dessin et mise en scène, Laurent Libessart est maintenant plus à son aise pour faire évoluer son héroïne à la "pesanteur mammaire", comme il aime l’évoquer. Son découpage demeure tonique dans les scènes d’actions, et ses évocations futuristes mêlent habilement les effets SF à notre monde contemporain. Le lecteur sera d’ailleurs particulièrement attentif aux clins d’œil glissés par le dessinateur, notamment à Frank Pé, Broussaille et son chat, ainsi qu’un autre chat, encore plus célèbre, créé par un certain Geluck...

Petit regret une fois de plus pour une couverture qui s’emploie à renforcer l’aspect sexy, au risque du vulgaire. Dommage, car Libessart rend son héroïne plus désirable quand il n’essaye pas de la rendre provocante.

Moréa, T8 : Le Temps de la fin - Par Latil & Libessart - Soleil

Moréa reste une bonne série de divertissement. Certaines séquences, comme l’implication de l’héroïne dans une salle de combat féminin, renforcent parfois l’aspect artificiel de la série, mais l’ensemble se lit sans regret aucun.

Documents
Moréa, T8 : Le Temps de la fin - Par Latil & Libessart - (...)

(par Charles-Louis Detournay)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Du second cycle de Moréa, commander :
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Lire également notre chronique du Grand retour de Moréa

 
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3 Messages :
  • Dessin "réaliste" ?
    28 juillet 2015 13:59, par Polo

    En quinze ou vingt ans, en termes de dessin dit "réaliste", une espèce de standardisation s’est généralisée, notamment avec la recours à la mise en couleurs sous photoshop. Un dessin plutôt correct d’un point de vue technique et anatomique. C’est déjà ça. Mais partout les mêmes effets, les mêmes astuces, les mêmes codes. Des dessins "efficaces", "lisibles" mais interchangeables. C’est pro...

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    • Répondu par Pat le 28 juillet 2015 à  17:20 :

      Le problème ce n’est pas la couleur sous photoshop, mais l’utilisation systématique du logiciel 3D SketchUp qui donne un cadrage particulier quand il est mal utilisé.

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      • Répondu par Polo le 31 juillet 2015 à  13:59 :

        Interchangeables, certains dessins de couverture ne le sont pas moins.

        Répondre à ce message

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