Mortelle Riviera - T1 : La Candidate - par Bartoll, Legrain & Charrance - Glénat

29 avril 2006 0 commentaire
  • {Mortelle Riviera} plonge dans les méandres de la politique d'une ville de la Côte d'Azur. Corruption et mafia organisée y font bon ménage. Un récit où, sans cesse, la fiction semble malheureusement rejoindre la réalité.

Suite au décès de sa mère, Alix des Maures reprend contact avec son père, le député-maire de Saint-Mont-les-Flots. Ses études d’avocate terminées, elle se laisse convaincre de venir s’installer dans cette ville balnéaire de la côte d’Azur. Très vite, elle s’aperçoit du "pouvoir" de son paternel qui "règne" en monarque sur la région depuis 40 ans. La jeune femme prend la mesure de la corruption locale et décide alors de s’y opposer et se présente aux élections législatives.

La couverture intrigue... Agnès et Jean-Claude Bartoll frappent fort d’entrée de jeu : leur héroïne est tuée dès la deuxième planche ! S’en suit alors un flash-back qui décortique les raisons d’un tel évènement. Difficile à la lecture de ce thriller politico-mafieux de ne pas faire l’analogie avec le triste, mais réel, assassinat de la députée Yann Piat en février 1994. Rappelons que le verdict en juin 1998 à condamné Gérard Finale, commanditaire de l’assassinat et Lucien Ferri, l’auteur des coups de feu mortels, à la réclusion à perpétuité. Mais Lucien Ferri a toujours prétendu que les véritables commanditaires (dont il ne veut pas donner les noms) étaient toujours en liberté. Il semblerait que la volonté de Yann Piat de faire le ménage dans le milieu mafieux dont faisaient partie certains politiciens varois soit à l’origine de son assassinat.
Même s’ils s’en défendent, c’est à partir de ce fait que les deux scénaristes bâtissent leur fiction. L’issue étant connue, c’est bien le développement de la lutte auquel s’intéressent les auteurs. Ils analysent, avec précision et didactisme, les liens entre tourisme, mafia et corruption politique. Leurs personnages tournent, parfois, à la caricature, mais le savoir-faire des Bartoll rend le scénario relativement percutant.

Le dessin réaliste de Thomas Legrain est détaillé et très correct pour un premier album (il faut bien en tenir compte...). Quelques défauts de "jeunesse" parsèment ses planches : une difficulté évidente à rendre le mouvement et des expressions de visage trop souvent insipides. On le sent nettement plus à l’aise dans les décors et le descriptif de situations statiques.

Mortelle Riviera est annoncé en trois volumes. La progression de l’intrigue devra donc être judicieusement orchestrée, ce qui est le cas pour ce premier opus. Si le graphisme de Thomas Legrain progresse, ce dont nous ne doutons pas, cette série se classera parmi les polars réalistes efficaces et bien menés de la collection Bulle Noire.

(par Laurent Boileau)

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